POLITIQUE
12/09/2018 05:53 EDT | Actualisé 12/09/2018 09:05 EDT

Débat économique: la CAQ et Youri Chassin ciblés

Les trois autres participants se sont notamment ligués contre Chassin sur la question des investissements en infrastructures scolaires.

CP

Un des poids lourds économiques de la Coalition avenir Québec a été la cible de tirs groupés, mardi soir, lors du débat économique tenu dans les studios de LCN, où le bilan libéral a également été attaqué de toutes parts.

Dès les premières minutes du débat animé par Mario Dumont, Carlos Leitão a dû défendre son mandat à titre de ministre des Finances.

Youri Chassin, qui porte les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Saint-Jérôme, a déploré que l'administration publique a été «davantage épargnée» par les compressions libérales que les services aux citoyens.

«On a fait ce qu'on a fait en 2014 parce qu'il fallait le faire», a martelé M. Leitão, qui a répété à maintes reprises qu'il n'avait d'autre choix que de «remettre la maison en ordre».

«Notre bonne gestion des finances publiques nous redonne maintenant la liberté de nos choix», a-t-il réitéré en clôture.

M. Chassin, qui a occupé les postes d'économiste et de directeur de recherche de l'Institut économique de Montréal, un groupe de réflexion de droite, s'est dit en accord avec l'objectif de M. Leitão de financer les services publics sans s'endetter, mais pas sur les moyens de le faire.

La CAQ substituerait aux coupes une «lutte contre le gaspillage et la bureaucratie», a-t-il fait valoir, s'attirant la critique de Nicolas Marceau.

Le candidat péquiste dans la circonscription de Rousseau et ex-ministre des Finances sous le gouvernement de Pauline Marois a accusé la CAQ de prétendre à tort «qu'on pourrait baisser les impôts et les taxes et simultanément accroître les services».

Souvent la cible de telles flèches, en tant que représentant du parti en tête dans les intentions de vote, M. Chassin a tenu à vanter les mérites de l'équipe caquiste en matière d'économie — une équipe «comme on n'en a pas vu depuis très longtemps», a-t-il avancé.

Les trois autres participants se sont notamment ligués contre lui sur la question des investissements en infrastructures scolaires — sujet de prédilection de Nicolas Marceau tout au long des discussions.

«C'est la première des priorités de s'assurer que nos enfants ont de belles écoles», a-t-il souvent rappelé.

En mêlée de presse à l'issue de l'événement organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Marceau a toutefois dû expliquer pourquoi il n'a pas pipé mot sur l'indépendance du Québec.

Il a fait valoir qu'il n'était «pas opportun» de la faire, alors que «la question n'a pas été abordée par M. Dumont».

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L'immigration échauffe encore les esprits

La question des seuils d'immigration, omniprésente dans les derniers jours de campagne, s'est invitée dans les discussions mardi soir, sous la perspective des besoins en main-d'oeuvre.

Alors que la CAQ et le PQ estiment que la capacité d'accueil du Québec est présentement excédée, M. Leitão a fait valoir que, compte tenu du vieillissement de la population, la croissance économique de la province dépend dorénavant des nouveaux arrivants.

«L'immigration, c'est l'économie», a-t-il soutenu, provoquant l'ire de Simon Tremblay-Pepin, qui se présente sous la bannière de Québec solidaire dans la circonscription de Nelligan.

Professeur à l'Université Saint-Paul, à Ottawa, M. Tremblay-Pepin a déploré un manque de «solidarité» envers les immigrants, que les libéraux ne considèrent selon lui que comme «des votes acquis».

«On les reçoit ici pour qu'ils deviennent des citoyens, pas juste des rouages dans une machine économique», s'est-il indigné.

Quant à Youri Chassin, auparavant analyste au Conseil du patronat du Québec, il a résumé de manière laconique la position de son parti par rapport à l'intégration des immigrants: «On en prend moins, on en prend soin.»

Nicolas Marceau est pour sa part resté fidèle aux lignes de son parti, dénonçant «un échec en francisation».

Automobiles vs. transport en commun?

M. Tremblay-Pepin a réussi à réorienter le débat vers le thème de l'environnement — un cheval de bataille de Québec solidaire — grâce à la question des infrastructures en transport collectif.

«Votre logique de la lutte contre les changements climatiques, c'est une piasse pour les chars, cinquante cennes pour l'autobus», a-t-il reproché à M. Leitão, dont le cadre financier doit être dévoilé mercredi.

M. Marceau a dit partager l'avis de son adversaire solidaire, mais en restant «sur la planète Terre». Il propose de réduire le nombre de voitures sur les routes en privilégiant par exemple le covoiturage.

M. Chassin s'est pour sa part désolé de cette opposition entre l'autobus et l'automobile.

«On cherche à punir les automobilistes pour favoriser le transport collectif, alors que ça doit être complémentaire», a-t-il soulevé, citant en exemple une famille nombreuse qui doit réconcilier divers modes de transport.

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