POLITIQUE
11/09/2018 13:05 EDT | Actualisé 11/09/2018 16:38 EDT

Le PQ limiterait les salaires «faramineux» des cadres des sociétés d'État

Le but est d'en venir à une société plus équitable.

MONTRÉAL — Le Parti québécois (PQ), s'il est élu, s'en prendra aux "gloutons" du système: les salaires des hauts dirigeants des sociétés d'État seront limités - pas un sou de plus que le premier ministre - et même ceux des patrons d'entreprises privées seront touchés par un mécanisme de taxation accrue.

Le PQ a dévoilé mardi matin à Montréal une série de mesures qui visent, selon lui, à rendre la société québécoise plus équitable.

Bref, un maximum de 250 000 $ en salaire et autres avantages pour les patrons des sociétés d'État, exception faite de celui de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). Les dirigeants actuels garderont leur salaire, mais ceux qui suivront seront assujettis à ce plafond salarial.

Ce maximum d'un quart de million $ vaudra aussi pour les recteurs d'universités, a déclaré le chef du PQ, Jean-François Lisée, alors qu'il faisait cette annonce dans le hall d'entrée de l'Université de Montréal.

son avis, il est temps que les gens cessent de dire qu'il faut payer les hauts dirigeants des sociétés d'État plus chers pour qu'ils ne passent pas au privé.

"Cette spirale scandaleuse vers les hyper hauts salaires est justifiée par des arguments factices. Que si l'on n'offre pas un million, les gens vont être recrutés ailleurs. (...) Ce n'est jamais arrivé qu'un pdg d'Hydro-Québec quitte ensuite pour un salaire supérieur."

La Presse canadienne/Graham Hughes
Jean-François Lisée était de passage sur le campus de l'Université de Montréal, mardi.

Et puis, 250 000 $, c'est très suffisant, juge le chef péquiste. "Quelqu'un devrait être en politique et dans le service public pour servir le public. Pas pour se servir soi-même."

Quant à ceux qui veulent être multimillionnaires, ils n'ont qu'à aller dans le privé, tranche-t-il.

Salaires des PDG des entreprises inscrites en bourse

Pour les entreprises inscrites en bourse, un calcul sera fait. Il comparera le salaire moyen au sein d'une entreprise à la moyenne de ses cinq dirigeants les mieux payés. Si le résultat de ces cinq plus hauts salaires est plus de 30 fois supérieur au salaire moyen pour l'ensemble de l'entreprise, celle-ci devra payer une taxe supplémentaire, "la taxe glouton".

Les dirigeants d'entreprises seront-ils d'accord avec cette mesure? "Je vais vous donner un scoop: le Conseil du patronat va être contre", a lancé le chef en réponse à une question.

"Je le sais parce qu'ils m'ont écrit lorsqu'on (...) était scandalisés de la hausse de 40 pour cent des dirigeants de Bombardier. Ils m'ont dit d'utiliser la modération, et j'ai dit: mais la modération, ça veut dire ne pas convoiter toujours le maximum", a affirmé M. Lisée.

Les dirigeants d'entreprises vont s'adapter, croit-il.

Avec une telle mesure, "on s'inscrit dans un mouvement de retour au bon sens, et au fond, ils le savent que ça n'a pas de bon sens".

D'ailleurs, il estime que "les Québécois sont unis dans leur indignation", notamment quant aux salaires des hauts dirigeants de Bombardier, qui avaient bondi alors que leurs employés étaient licenciés.

Les Québécois qui achètent en ligne devront aussi payer de la TVQ sur leurs achats, car la formation politique a fait part de son intention d'appliquer cette taxe de vente à tous les biens étrangers. La mesure rapporterait 158 millions $, dit le PQ.

"C'est de l'équité fiscale", a répété le chef, notamment pour les petites entreprises québécoises qui doivent parfois fermer boutique parce qu'elles sont étouffées par les géants du web.

Le PQ veut aussi retirer le Québec de 12 conventions fiscales conclues avec différents pays, afin de mettre un terme à la "légalisation de l'évasion fiscale".

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"Dorénavant, ce sera illégal", si le PQ se fait élire, a dit le chef, entouré de palmiers de plastique portant des pancartes de paradis fiscaux comme "Bahamas", "le Jersey" et "Suisse". Les revenus devront être imposés au niveau de l'impôt québécois, a-t-il expliqué.

Ottawa pourra toujours "légaliser" l'évasion fiscale à son niveau, rétorque le chef qui ne croit pas que pareille décision ferait naître un conflit avec le fédéral.

Après cette annonce, le chef Lisée a ensuite accepté de prendre part à une séance de questions des étudiants de l'Université de Montréal sur divers sujets.

En soirée, il doit prendre part à un débat local, opposant les divers candidats dans sa propre circonscription de Rosemont, à Montréal. Il croisera notamment le fer avec l'ex-chroniqueur Vincent Marissal, qui se présente pour Québec solidaire (QS).

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