POLITIQUE
11/09/2018 10:03 EDT | Actualisé 11/09/2018 16:25 EDT

Le PLQ promet des transports collectifs gratuits pour les étudiants et les aînés

Sans âge limite pour les étudiants!

aetb via Getty Images

LAVAL, Qc - Le Parti libéral du Québec (PLQ) continue à délier les cordons de la bourse en promettant du transport en commun gratuit pour les étudiants à temps plein, peu importe leur âge, ainsi que pour les aînés de plus de 65 ans.

Dévoilé mardi au Collège Montmorency devant des étudiants, cet engagement s'accompagnera d'une facture annuelle de 200 millions $ afin de compenser les différentes sociétés de transport.

"La raison pourquoi on ne le faisait pas auparavant, c'est que les moyens n'étaient pas là, a expliqué le chef libéral, Philippe Couillard, en conférence de presse. C'est certain que tous les milieux vont l'accueillir (la promesse) favorablement."

Selon le PLQ, environ 80 000 aînés et quelque 200 000 étudiants à temps plein sont visés par cette promesse. Certains usagers bénéficient d'un tarif réduit. Laval, par exemple, la gratuité existe déjà pour les aînés.

Par ailleurs, la formation politique, si elle est réélue, compte interpeller la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) afin qu'elle étudie un éventuel prolongement du Réseau express métropolitain (REM) vers Mirabel, dans les Laurentides. Actuellement, le tracé vers le nord s'arrête à Deux-Montagnes.

Réseau de transport de Longueuil
La mesure promise par le Parti libéral du Québec coûterait environ 5 millions $.

M. Couillard s'est défendu de dévoiler une telle mesure alors qu'un sondage Léger publié mardi note une diminution de sept points de pourcentage de l'appui des jeunes au PLQ depuis le déclenchement de la campagne.

"S'il avait fallu que je me guide sur les sondages pour planifier les politiques publiques, ça n'irait pas très bien au Québec", a-t-il dit.

En donnant l'exemple d'une famille de Laval avec un enfant qui doit payer un titre de transport pour se rendre à Montréal et un autre qui a besoin d'un titre de transport pour l'île Jésus, le chef libéral a estimé que sa promesse se traduirait par des économies pouvant atteindre 2000 $.

Sa promesse entourant la gratuité du transport collectif s'inspire de Québec solidaire, puisque le parti de gauche a proposé des tarifs de transport public à moitié prix.

M. Couillard a choisi de cibler les étudiants et les aînés, alors qu'en début d'année, la Communauté métropolitaine de Montréal avait fait part de son intention d'étudier la possibilité d'implanter un tarif social, afin d'épauler les personnes avec un plus faible revenu.

Interrogé, le chef du PLQ n'a pas fermé la porte à cette idée, soulignant toutefois qu'elle serait difficile à appliquer.

"Comment est-ce qu'on vérifie le revenu de la personne qui monte dans l'autobus? Ce n'est pas évident comment on met ça en pratique concrètement", a-t-il dit.

En réaction, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, s'est demandé comment le PLQ allait financer cette promesse, disant avoir hâte de voir le cadre financier de la formation politique.

"Je mettrais les sommes proposées à la disposition des sociétés de transport afin qu'elles élaborent elles-mêmes le type de tarification sociale qu'elles veulent bien appliquer", a-t-il expliqué.

Évaluation indépendante

Quant à sa proposition visant la CDPQ, M. Couillard s'est défendu de vouloir influencer les décisions du bas de laine des Québécois, rappelant que depuis le début du projet du REM, des phases subséquentes ont déjà été évoquées.

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Le chef du PLQ a affirmé que la Caisse pourrait se pencher sur cette possibilité en toute indépendance.

"On verra les résultats de leur évaluation, mais je peux vous prédire que l'achalandage va être énorme, a dit M. Couillard. En termes de rentabilité, de valeur commerciale, d'une extension semblable, je n'ai pas tellement de doute."

La Caisse n'a pas voulu réagir à cette proposition.

Finalement, le PLQ a aussi promis l'instauration du "passeport mobilité", une carte d'accès universelle permettant à un usager d'utiliser différents services de transport comme l'autobus, le train ainsi que les vélos en libre-service, notamment.

Cette promesse s'accompagne d'une facture annuelle de 5 millions $.