POLITIQUE
11/09/2018 16:06 EDT | Actualisé 11/09/2018 18:47 EDT

ALÉNA: Des taxes américaines supplémentaires sur l'automobile seraient «dévastatrices», affirme Justin Trudeau

Mais pas seulement au Canada.

Bloomberg Creative Photos via Getty Images

Imposer de nouvelles taxes sur l'industrie automobile canadienne, comme menace de le faire le président américain Donald Trump, aurait des conséquences "dévastatrices" au Canada mais aussi aux États-Unis où cela entraînerait "beaucoup de licenciements", a estimé mardi le Premier ministre Justin Trudeau.

Après un an de négociations infructueuses, Ottawa et Washington essaient depuis deux semaines de s'entendre sur une version modernisée de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) qui lie étroitement leurs économies avec celle du Mexique depuis 1994.

"Nous avons été vraiment, vraiment fermes sur la nécessité de maintenir des choses comme (...) un mécanisme indépendant de règlement des différends qui protège notre exception culturelle et plusieurs autres choses telles que nos producteurs laitiers et la gestion de l'offre" agricole, a déclaré M. Trudeau sur une radio locale de Winnipeg.

"Mais il y a aussi des choses sur lesquelles nous faisons preuve de flexibilité car il est temps d'actualiser cet accord après 25 ans", a noté le dirigeant libéral, sans préciser quels étaient les domaines pour lesquels il était ouvert aux concessions.

Donald Trump a maintes fois averti que si aucun terrain d'entente n'était trouvé entre Ottawa et Washington, il n'hésiterait pas à déclencher une nouvelle salve de taxes douanières, à commencer par le secteur automobile canadien, bien que ce dernier soit étroitement intégré avec la production américaine.

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"Si le président devait imposer ses tarifs punitifs sur l'automobile comme il a menacé (de le faire, NDLR), cela serait dévastateur pour l'industrie automobile canadienne mais aussi pour l'industrie automobile américaine", a fait valoir M. Trudeau.

"Cela causerait des perturbations à grande échelle et entraînerait, je pense, beaucoup de licenciements aux États-Unis", a mis en garde le Premier ministre. "Nous devons être attentifs à ce que le président envisage", a-t-il souligné.

Les États-Unis imposent depuis le mois de juin des taxes de 25% sur l'acier et l'aluminium canadiens, officiellement pour des raisons de "sécurité nationale", ce que M. Trudeau a déjà jugé "insultant".

Le Canada a répliqué en imposant depuis début juillet des taxes de 10 à 25% sur des dizaines de produits américains allant du whisky au jus d'orange en passant par les tondeuses à gazon.

Avec quelque deux milliards de dollars canadiens d'échanges quotidiens, "la relation commerciale entre le Canada et les États-Unis est sans doute la plus aboutie dans le monde", a observé Justin Trudeau quelques heures plus tard, lors d'une conférence de presse dans une usine de Winnipeg.

Toutefois, a-t-il remarqué, "les Canadiens attendent de leur gouvernement que celui-ci les défende, défende les travailleurs canadiens et les intérêts canadiens" et, dans ce contexte, "nous préférons ne pas avoir d'accord sur l'ALÉNA qu'un mauvais accord".