POLITIQUE
10/09/2018 11:18 EDT | Actualisé 02/10/2018 13:17 EDT

La Coalition avenir Québec promet de réformer le mode scrutin dès l'an un

Ce pourrait donc être les dernières élections sous le mode de scrutin actuel.

CHÂTEAUGUAY, Qc — François Legault a l'intention de réformer rapidement le mode de scrutin, dès l'an un d'un éventuel gouvernement caquiste, et il est optimiste à l'idée d'y arriver avec l'appui d'une majorité de députés québécois.

"On va déposer un projet de loi dès la première année, pas dans les quatre ans, dans la première année", a-t-il soutenu lundi lors d'une conférence de presse dans une résidence pour aînés de Châteauguay, au sud-ouest de Montréal.

"Je comprends que les libéraux sont pas d'accord, mais je pense qu'il y a de grandes, grandes chances qu'il y ait 50 pour cent plus 1 des députés qui soient des députés de la CAQ, du Parti québécois, pis de Québec solidaire le 1er octobre au soir. C'est de ça qu'on a besoin."

Les partis d'opposition à l'Assemblée nationale ont récemment signé une entente pour modifier la façon dont votent les Québécois, advenant l'élection de l'une des trois formations politiques: la CAQ, le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS).

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a toutefois émis des doutes sur la possibilité que M. Legault passe à l'action sur cet enjeu.

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Ce pourrait donc être les dernières élections sous le mode de scrutin actuel, sauf si les libéraux sont réélus - le Parti libéral du Québec (PLQ) s'oppose fermement à cette réforme.

Réforme sans l'appui des libéraux

Mais M. Legault est déterminé à procéder à ce changement, malgré tout.

"Il y a trois partis sur quatre. Je ne pense pas que les libéraux doivent avoir un droit de veto sur la réforme du mode de scrutin au Québec", a indiqué M. Legault.

Il ne prévoit pas non plus organiser un référendum populaire sur la question.

Le chef libéral Philippe Couillard a toutefois déclaré qu'un tel projet de loi "sur un sujet fondamental" devrait nécessiter l'appui unanime des députés, sans quoi "il ne serait pas légitime".

"Ce que propose M. Legault et ceux qui ont signé ce malheureux document, c'est de faire en sorte qu'il y ait moins de députés élus par le monde en région", a-t-il déploré.

"Nous dans les régions, on veut garder une voix forte au gouvernement, pas une voix de gens de listes, une voix de gens élus sur le terrain."

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François Legault a balayé du revers de la main ces critiques.

"On ne donnera pas un droit de veto aux libéraux. Ils ne contrôlent pas le Québec à ce que je sache", a-t-il soutenu en mêlée de presse à Delson, une banlieue au sud de Montréal.

Pas comme Justin Trudeau

En ce moment, les Québécois votent pour le candidat d'un parti dans une circonscription, et le parti qui réussit à faire élire le plus de députés est appelé à former le gouvernement.

Avec un mode de scrutin mixte - le projet envisagé par les trois partis - les électeurs voteraient toujours pour un député dans leur circonscription, mais il y aurait également des candidats proposés par les partis sur des listes régionales, élus en fonction du pourcentage des votes obtenu par chacune des formations.

Un autre chef de parti avait promis que les élections fédérales de 2015 seraient les dernières sous ce mode de scrutin: Justin Trudeau.

Le gouvernement Trudeau a toutefois renoncé à l'idée, évoquant un manque de consensus auprès des partis, ce qui a suscité la colère de plusieurs électeurs.

"On ne fera pas comme Justin Trudeau", a tranché M. Legault.

Avec les informations de Julien Arsenault.

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