POLITIQUE
10/09/2018 16:00 EDT | Actualisé 10/09/2018 16:00 EDT

Le Parti libéral absent d’un débat sur l’environnement à HEC Montréal

Le parti a eu droit à une chaise vide.

Courtoisie HEC Montreal

L'environnement, parent pauvre de la campagne électorale? Chose certaine, le Parti libéral du Québec (PLQ) n'était pas présent pour en parler lors d'un débat sur la gouvernance environnementale qui s'est tenu à HEC Montréal la semaine dernière.

Après des invitations répétées depuis mai dernier, le PLQ a confirmé la journée du débat qu'il n'y avait personne disponible pour représenter le gouvernement sortant. Les organisateurs soutiennent avoir invité la ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, en personne.

Sylvain Gaudreault, porte-parole du Parti québécois en matière d'environnement, a déploré «grandement et hautement» l'absence d'un représentant libéral au débat. Une chaise vide était placée à la table de débats devant l'insigne du PLQ.

«Je ne dis pas ça pour me faire prendre en pitié – mais je suis parti de Jonquière ce matin, a fait valoir M. Gaudreault. J'ai fait un bout en auto électrique, ensuite, j'ai pris le train de Québec à Montréal et j'ai pris le métro ensuite pour venir ici.»

«Je ne peux pas croire qu'au nombre de candidats qu'ont le Parti libéral – notamment la ministre et députée de Verdun – [aucun d'entre eux n'a] pu être ici ce soir», a critiqué le député sortant de Jonquière.

La responsable des communications de la campagne libérale, Catherine Maurice, dit que le parti a «tenté jusqu'à la dernière minute d'y avoir un représentant, sans succès».

Elle souligne que le PLQ a eu plus de 220 demandes de débats jusqu'à présent, et que le parti a répondu positivement à 90% d'entre elles. «Malheureusement, il y a parfois des enjeux de disponibilité», conclut-elle.

La CAQ, cible des attaques

Le débat avait été organisé dans la foulée de l'initiative «Le climat, l'État et nous» de l'Institut de l'énergie Trottier de Polytechnique Montréal, la Chaire de gestion du secteur de l'énergie et la Direction du développement durable de HEC Montréal.

Les échanges ont porté tant sur le rôle du ministère de l'Environnement que la pérennité des actions du gouvernement.

Le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Bourget, Richard Campeau, a déclaré qu'un gouvernement caquiste va «peut-être augmenter légèrement» les ressources, mais surtout améliorer les compétences des gens en place.

Courtoisie HEC Montreal
Richard Campeau, candidat de la CAQ dans la circonscription montréalaise de Bourget.

M. Gaudreault a ironisé que la CAQ s'était aperçue «tout à coup» que les changements climatiques existaient et a critiqué l'improvisation du premier parti dans les sondages.

«Moi, je trouve que c'est profondément risqué et il y a quelque chose d'insouciant là-dedans, quand on pense que dans trois semaines, on aura un nouveau gouvernement au Québec», a ajouté le péquiste.

«Je suis content de vous entendre parler là-dessus, parce que ça démontre que vous avez l'impression que la CAQ a vraiment des chances de former le nouveau gouvernement», a rigolé M. Campeau.

Des mesures contraignantes ou non?

Ruba Ghazal, candidate solidaire dans Mercier et diplômée de HEC Montréal, a pour sa part dit qu'elle n'avait reçu la visite d'un inspecteur du ministère de l'Environnement qu'une seule fois en 15 ans dans l'usine montréalaise de production de bouteilles où elle travaille.

Elle a déploré le manque de fonctionnaires et se désole que la CAQ veuille couper davantage de postes de fonctionnaires. «Est-ce que ça va être coupé au ministère de l'Environnement?» se demande-t-elle.

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Ruba Ghazal, candidate de Québec solidaire dans Mercier.

«Actuellement, le ministère de l'Environnement sert plus de poste de police. Il dit ce qu'il ne faut pas faire», a répliqué M. Campeau, ingénieur chimique de formation, qui siège comme directeur du comité environnemental de son parti.

M. Gaudreault a réitéré le besoin d'adopter une loi-cadre sur les gaz à effets de serre, tout comme la Loi sur l'équilibre budgétaire adoptée il y a près de vingt ans.

«Si cet enjeu du déficit zéro était prioritaire dans la société à la fin des années 90 et au début des années 2000, l'enjeu de la crise climatique est certainement aussi important aujourd'hui», a-t-il rappelé.

À la fin du débat, les trois partis ont répondu à des questions du public sur la modernisation des consignes de recyclage ou encore la décroissance économique.

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