POLITIQUE
10/09/2018 12:44 EDT | Actualisé 10/09/2018 14:23 EDT

Immigration: Philippe Couillard planifie une hausse éventuelle

Mais elle se fera en fonction des ressources disponibles pour l'intégration et la francisation des immigrants.

PC/Jacques Boissinot

QUÉBEC — Si certains de ses adversaires ont mis cartes sur table en proposant d'abaisser les seuils d'immigration, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, dont le gouvernement avait évoqué 60 000 nouveaux arrivants en 2016, se contente maintenant d'évoquer une augmentation "éventuelle".

Il a néanmoins estimé, lundi, que c'est principalement sur ce thème que les électeurs devront faire un choix le 1er octobre prochain.

"La principale question, "the ballot question", c'est: est-ce qu'avec le problème important de pénurie de main-d'oeuvre que l'on connaît, est-ce qu'il est approprié de proposer de réduire le nombre de travailleurs qui viennent de l'étranger?", a demandé M. Couillard, en point de presse dans une entreprise de Québec.

En dévoilant une nouvelle mesure concernant la rareté de la main-d'oeuvre, le chef du PLQ a estimé que les difficultés de recrutement constituaient un enjeu de "survie économique pour le Québec" qui peut notamment être réglé grâce à l'immigration.

Ce thème est au coeur d'échanges corsés entre les partis, alors que M. Couillard s'en prend à la Coalition avenir Québec (CAQ) et au Parti québécois (PQ), qui veulent respectivement limiter à 40 000 et à entre 35 000 et 40 000 le nombre de nouveaux arrivants au Québec.

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Le nombre de personnes admises au Québec a été d'un peu moins de 52 400 en 2017.

Alors que les intentions de la CAQ et du PQ sont précises sur ce point, M. Couillard a estimé qu'il s'agissait du "mauvais débat" de parler du plan de son parti en la matière.

"Éventuellement, j'ai dit bien sûr qu'il sera probablement nécessaire d'augmenter le nombre (d'immigrants), mais de façon planifiée et soumise au débat démocratique, a-t-il dit. Et chaque fois, cela devra l'être en relation avec les moyens déployés pour l'intégration et la francisation".

En 2016, après avoir proposé le scénario de 60 000 nouveaux arrivants, Québec avait changé son fusil d'épaule pour abaisser la cible.

Pressé de questions sur ses intentions, le chef libéral a répondu que la priorité était de dire non aux partis qui souhaitent accueillir moins de personnes au Québec.

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Selon lui, les propositions de ses adversaires pourraient mettre un "cercle noir" autour du Québec.

"(Les gens diront) voilà un endroit où l'on n'est pas accueillant, où l'on ferme des portes alors que partout les gens sont en concurrence pour les talents dans le monde", a lancé M. Couillard.

Sur plusieurs tribunes, le chef du PLQ affirme que de nombreux entrepreneurs et propriétaires d'entreprises lui répètent qu'ils ont de la difficulté à recruter de la main-d'oeuvre.

Pourtant, une étude de la Banque de développement du Canada publiée la semaine dernière, menée auprès de 1028 entreprises au pays, soulignait que les employeurs demeuraient très réfractaires à embaucher des immigrants.

Si deux employeurs sur cinq ont dit avoir de la difficulté à embaucher dans la dernière année, ceux-ci ont toutefois indiqué qu'ils préféraient engager du personnel moins qualifié ou plus jeune et de le former en entreprises plutôt que de se tourner vers des immigrants.

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"Il est normal et compréhensif de se poser des questions, a rétorqué M. Couillard. Ou bien l'on agit pour répondre à ces craintes (...) ou bien l'on agit à l'opposé. Je me situe dans la première catégorie."

M. Couillard a réitéré deux promesses dévoilées en juin pour faciliter l'intégration et la francisation des nouveaux arrivants.

Il a également promis 2 millions $ de plus par année pour brosser un portrait des besoins de main-d'oeuvre afin de faciliter la sélection des immigrants économiques.

En juin, lors d'un conseil général à Montréal, la formation politique avait annoncé 10 millions $ par année pour améliorer les services de francisation et 15 millions $ aux MRC dans le but de favoriser la rétention des travailleurs étrangers dans les régions.