POLITIQUE
09/09/2018 16:01 EDT | Actualisé 09/09/2018 16:36 EDT

QS veut lutter contre les changements climatiques avec l'argent du Fonds des générations

QS précise qu'il maintiendrait le Fonds et ne toucherait pas à l'argent déjà versé.

THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson

Un gouvernement solidaire utiliserait les versements de 12,5 milliards $ prévus par l'actuel gouvernement libéral au Fonds des générations pour financer la lutte contre les changements climatiques grâce à la construction d'infrastructures vertes.

Cette mesure a été annoncée dimanche par voie de communiqué à l'occasion de la publication du cadre financier complet de Québec solidaire (QS), qui avait déjà révélé les grandes lignes de son cadre au début de la campagne électorale.

Selon la co-porte-parole du parti, Manon Massé, la somme économisée en cessant de contribuer au Fonds permettrait de couvrir presque entièrement les coûts des infrastructures comprises dans le plan de transition économique de QS, soit 12,6 milliards $ sur quatre ans.

"On a beaucoup de détracteurs qui disent que nos investissements ne tiennent pas la route. Mais les 12,6 milliards $ que l'on a annoncés en matière d'infrastructures vont être financés en arrêtant de mettre de l'argent dans le Fonds des générations", a expliqué Mme Massé en entrevue avec La Presse canadienne.

"Selon les vieux partis, (le Fonds) est une façon de freiner la dette du Québec. Mais nous, on leur dit: "Attendez un peu, la dette environnementale que vous êtes en train de laisser est beaucoup plus importante." Ce qui est important, c'est de prendre l'argent prévu pour le Fonds des générations et de l'investir pour stopper la dette environnementale."

QS précise qu'il maintiendrait le Fonds et ne toucherait pas à l'argent déjà versé, qui pourrait ainsi continuer à fructifier.

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Agriculture bio et alimentation locale

Toujours dimanche, QS a dévoilé des politiques visant à soutenir le développement de l'agriculture biologique et l'alimentation locale.

"On est très conscients que les méthodes d'agriculture conventionnelles posent plusieurs défis environnementaux et QS veut, tout en maintenant l'agriculture qui est répandue largement sur notre territoire, offrir un soutien particulier au développement de l'agriculture biologique", a affirmé Manon Massé.

La co-porte-parole solidaire a précisé que son parti consacrerait 60 millions $ à soutenir directement ce type d'agriculture et 50 millions $ pour prêter main-forte aux fermes souhaitant faire la transition vers l'agriculture biologique.

La formation politique compte aussi réviser les normes environnementales encadrant l'utilisation des pesticides et des engrais.

"Notre gros morceau là-dedans, c'est tranquillement arriver à interdire les pesticides néonicotinoïdes, les fameux pesticides systémiques qui causent des problèmes et sont responsables du déclin de nos pollinisateurs", a indiqué Mme Massé, ajoutant que le parti financerait aussi la recherche et le développement pour une agriculture plus écoresponsable.

Elle a toutefois assuré que cela se ferait progressivement afin de ne pas nuire aux agriculteurs, qui sont "quasiment obligés d'utiliser ces pesticides systémiques pour être capables de répondre aux exigences de l'agriculture industrielle", mais avec l'objectif de parvenir à cette interdiction avant la fin d'un éventuel premier mandat solidaire.

QS entend aussi investir 20 millions $ pour limiter le nombre d'intermédiaires entre les producteurs d'aliments biologiques et 10 millions $ dans une politique obligeant les organismes publics et parapublics, comme les écoles, les hôpitaux et les centres d'hébergement de soins de longue durée, à s'approvisionner auprès de producteurs locaux.

"On se dit qu'en bout de ligne, si on cultive mieux, on va mieux manger", a résumé Manon Massé.