POLITIQUE
09/09/2018 13:53 EDT | Actualisé 09/09/2018 18:12 EDT

Le B'nai Brith critique Michelle Blanc sur des écrits passés

La candidate fait encore parler d'elle pour de mauvaises raisons.

Facebook/Page officielle de Michelle Blanc

QUÉBEC — "Tentative d'intimidation", "manoeuvre politique", "menaces": le chef du Parti québécois (PQ) Jean-François Lisée a rabroué B'nai Brith Canada, qui l'a exhorté dans une lettre de se débarrasser de sa candidate Michelle Blanc en raison de certains écrits publics controversés.

Le directeur régional de l'organisation juive pour le Québec, Harvey Levine, a écrit au dirigeant péquiste afin de lui demander d'éjecter immédiatement la porte-couleurs du parti dans Mercier, car celle-ci "a exprimé publiquement et avec malveillance des sentiments antisémites, racistes et préjudiciables depuis plus de dix ans, y compris pendant la campagne électorale actuelle".

Il cite en exemple une entrée de blogue remontant à 2007 dans laquelle la candidate du PQ formule des critiques à l'endroit de la communauté juive hassidique d'Outremont. "Si les hassidiques veulent tellement se couper du reste du monde, pourquoi ne font-ils pas comme d'autres sectes extrémistes qui se réfugient dans le milieu des bois (...)", peut-on y lire.

Le représentant du B'nai Brith déplore aussi que Michelle Blanc ait "tweeté outrageusement: "Merde, j'ai oublié de fêter l'anniversaire de Hitler la semaine dernière!"", en 2011. Il conclut en réclamant le retrait "immédiat" de la candidate et en demandant au chef de "faire savoir" comment il comptait "répondre

à (sa) demande" d'ici "le mercredi 12 septembre 2018".

C'est l'équipe des communications du PQ qui a pris l'initiative d'informer les médias de cette situation, distribuant aux journalistes de la caravane péquiste une copie de la réplique de Jean-François Lisée peu avant le début d'une conférence de presse, et ensuite une copie de la lettre de Harvey Levine.

"J'ai reçu cette lettre (...) comme une tentative d'intimidation, d'étouffer le débat, a réagi Jean-François Lisée au micro. Et franchement, si ça nous permet aujourd'hui de dire que le PQ ne reculera pas d'un pouce, d'un seizième de pouce, sur la liberté d'expression et de critique, comme sur la liberté de religion, je pense que c'est une bonne journée".

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"Ils ont menacé de nous traiter de noms le matin du débat", a-t-il lâché sans donner plus de précisions.

"Quand on essaie de m'intimider, j'agis rapidement, de façon résolue, et je riposte. C'est clairement une manoeuvre politique. Je suis en politique et je sais jouer à ce jeu", a tranché le dirigeant du PQ.

Il a refusé de dire s'il endossait les propos exprimés par Michelle Blanc sur la communauté hassidique, reprochant au B'nai Brith de chercher à envoyer le message "que c'est raciste" de critiquer une religion. "Moi je leur dis: "Écoutez, vous êtes au Québec. Ça fait 50 ans qu'on critique la religion catholique, alors il y a quand même quelque chose de très bizarre avec votre proposition"".

En entrevue téléphonique, dimanche après-midi, Harvey Levine s'est défendu d'avoir voulu intimider ou menacer le chef du Parti québécois. Il a également nié avoir voulu déployer une manoeuvre politique, "parce que le B'nai Brith est apolitique". Et si la date butoir du 12 septembre, la veille du débat des chefs, a été établie, c'est en raison du calendrier des festivités juives, a-t-il argué.

Selon lui, garder Michelle Blanc comme candidate "donne une image négative au Parti québécois, un parti bâti sur des valeurs de justice et d'humanité".

Au Parti québécois, l'attaché de presse Mathieu Lavigne a fait savoir que Michelle Blanc "n'a pas de commentaires à faire à ce sujet". Il a mentionné au passage que celle qui se retrouve encore une fois dans l'eau chaude avait écrit un message sur Twitter en début de journée, dimanche.

"L'occasion de #rochhachana et du prochain #YomKippour, mes meilleurs voeux à tous mes ami.e.s de la communauté juive", est-il écrit sur son fil de messages.

La porte-bannière péquiste de la circonscription de Mercier s'est retrouvée au coeur d'une controverse en début de campagne après avoir accusé un internaute qui l'avait critiquée de pédophilie. Mise en demeure, elle avait fini par offrir des excuses publiques sur Twitter, le même réseau social où elle avait formulé cette allégation.