POLITIQUE
08/09/2018 13:45 EDT | Actualisé 08/09/2018 13:47 EDT

Le milliard des médecins spécialistes absent du cadre financier de la CAQ

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François Legault accompagné de son candidat dans Groulx, Éric Girard.
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François Legault accompagné de son candidat dans Groulx, Éric Girard.

QUÉBEC – La Coalition avenir Québec (CAQ) a dévoilé son cadre financier d'un premier mandat. Le grand absent de ce document? Le milliard de dollars qui devait payer pour certaines de ses promesses sur le plan social.

La CAQ attend la production d'une étude qui compare les salaires des médecins ontariens avec ceux du Québec avant de renégocier l'entente, idéalement au début de l'année 2019.

Mais le chef caquiste François Legault a déjà dit qu'il comptait sur la baisse de rémunération des médecins spécialistes pour financer le tarif unique de 8,05$ par jour dans les centres de la petite enfance, notamment.

«On a pris une attitude conservatrice» dans le dossier des médecins, admet M. Legault, qui prévoit uniquement des augmentations de budgets dans les ministères de la Santé et des Services sociaux et de l'Éducation et la Culture.

Puis s'il récupère ce milliard en trop, après avoir déchiré l'entente, il y aura une plus grande «marge de manœuvre» pour payer d'autres dépenses, dit-il.

Voici d'autres mesures à retenir du cadre financier de la CAQ

La (petite) part du lion en santé et en éducation

Le ministère de la Santé verrait son budget augmenter de 4,2% en moyenne, alors que le ministère de l'Éducation augmenterait de 3,5%. Ça permettrait, à terme, d'ajouter 500 millions $ en santé et 400 millions $ en éducation.

Ces budgets serviront à offrir plus de services, notamment la prématernelle pour tous les enfants de quatre ans, mais aussi plus de services de maintien à domicile. Elles serviront aussi à baisser les taxes scolaires au taux le plus bas dans toutes les régions du Québec.

Le couteau sur la gorge de la fonction publique

C'est à l'administration publique que reviendra la responsabilité de dégager des marges de manœuvres budgétaires. M. Legault estime économiser à terme 10% avec de meilleurs approvisionnements et une réévaluation des programmes, entre autres.

Il a déjà annoncé qu'il compte couper 5000 postes dans la fonction publique, en ne remplaçant pas des départs à la retraite, par exemple.

Les sociétés d'État mises au pas

Les sociétés d'État, de leur côté, devront améliorer leurs dividendes de 7% à l'intérieur de quatre ans. Cela n'inclut pas les compressions dans la fonction publique, qui sont déjà prévues dans le cadre économique.

Les sociétés d'État devront-elles augmenter les tarifs pour atteindre leurs buts? Pas question, répond M. Legault. À son avis, ses exigences sont «très, très, très raisonnables». «On ne peut pas demander aux différents réseaux publics de faire des efforts et ne pas demander aux sociétés d'État d'en faire».

La CAQ ne craint pas une récession économique

La CAQ prévoit une «croissance économique accélérée» dans les quatre prochaines et ce, même si le contexte économique n'a jamais été aussi incertain avec la renégociation de l'ALÉNA et une possible récession mondiale à cause des États-Unis.

M. Legault se dit confiant de pouvoir stimuler l'économie au Québec, mais qu'il y a toujours une réserve de stabilisation de 8,4 milliards de dollars pour une «situation exceptionnelle».

Pas de hausse des frais de scolarité

La hausse en éducation s'applique presqu'uniquement aux élèves de l'école primaire et secondaire, mais rien n'est prévu spécifiquement pour l'éducation postsecondaire.

M. Legault a malgré tout affirmé qu'il n'est pas question de hausser les frais de scolarité. «Ça fait partie de notre promesse de ne pas augmenter aucun tarif, taxe ou impôt plus que le taux de l'inflation.»

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