POLITIQUE
07/09/2018 19:06 EDT | Actualisé 08/09/2018 13:11 EDT

Signes religieux: une candidate reçoit un «briefing» de Lisée en point de presse

La nouvelle candidate du PQ a eu droit à un baptême de feu.

The Canadian Press Images

La nouvelle candidate du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Laporte, Annie Lessard, a eu droit à un baptême de feu, vendredi.

Elle a dû suivre un cours en accéléré, devant les caméras, sur la position de son parti en matière de port de signes religieux pour les éducatrices en service de garde.

C'est la question d'une journaliste, qui lui demandait de préciser si elle était à l'aise avec la vision péquiste à ce sujet, qui l'a forcée à se transformer en élève pendant un point de presse dans un parc de l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil.

La candidate a commencé par plaider qu'elle n'était «pas très au courant», son «vécu» étant en service de garde en milieu familial, puis elle a affirmé que sur un plan «vraiment très personnel», elle était d'avis qu'il valait «peut-être» mieux ne pas travailler «avec une burqa».

Une personne qui porterait le hidjab pourrait-elle être responsable d'un service de garde en milieu familial?

La question de relance de la journaliste a incité son chef Jean-François Lisée, qui se tenait aux côtés de Mme Lessard, à lui offrir son aide. «Est-ce que tu veux que je résume notre position?», s'est-il enquis.

L'aspirante députée, qui a été vice-présidente et présidente intérimaire au Bloc québécois, a acquiescé. Mais elle a tout de même offert quelques commentaires avant de céder la parole au dirigeant du PQ.

«En milieu familial, c'est vraiment... comment je vous dirais... ma tenue vestimentaire, si je décidais d'être méga décolletée ou méga habillée (...) c'est le parent qui va venir chez moi qui va juger si ça convient», a-t-elle expliqué.

«On s'entend qu'il y a quand même une marge; on ne tombe pas dans le nudisme, là, on n'est pas rendu là», a enchaîné Mme Lessard.

Alors, à l'aise ou pas avec la position du PQ?

Pour lui permettre de répondre en connaissance de cause, le chef Lisée lui a expliqué quelle était la posture péquiste, lâchant au passage qu'elle n'avait «pas eu son briefing de la candidate encore».

«Ceux qui sont déjà à l'emploi et qui portent un signe religieux ont un droit acquis. Pour les futures embauches, on dit: "Écoutez, le code vestimentaire a changé. Vous ne pouvez plus, pour les nouvelles embauches, avoir de signes religieux ou de convictions si vous êtes à l'emploi d'une garderie installée"», a-t-il résumé.

La candidate a demandé des précisions.

«Mais mettons... la petite croix ou la grosse? C'est parce que c'est relatif ça, encore. Si j'ai un petit tatou(age) moi, caché...»

«Apparent», a spécifié son chef.

La candidate a repris son souffle, et un moment pour y réfléchir.

«J'appuie le parti. Je suis à l'aise avec la position du parti», a-t-elle tranché.

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