POLITIQUE
07/09/2018 06:30 EDT | Actualisé 07/09/2018 10:01 EDT

Laïcité: une candidate de la CAQ ne veut pas s’ingérer dans le privé

Nadine Girault exclut les éducatrices de services de garde de la laïcité de l’État.

La candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ), Nadine Girault, est d'accord avec la laïcité de l'État pour les enseignants de l'école primaire et secondaire, mais pas pour les services de garde parce que ce sont «très souvent des services qui sont privés».

Des représentantes des quatre principaux partis ont discuté de divers enjeux reliés aux femmes dans le cadre d'un débat organisé par Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) - un groupe féministe qui revendique ouvertement la laïcité de l'État. (Vous pouvez revoir le débat en haut de l'article.)

En réponse à une question sur l'absence de signes religieux dans les écoles – un «devoir à l'égard des enfants» selon PDF Québec – Mme Girault a répondu que la proposition de son parti exclut les services de garde. «On ne veut pas s'incorporer dans le réseau du privé», a-t-elle dit (vers 30 minutes, environ).

«Mais encore une fois, c'est quelque chose qui peut toujours être adaptable», s'est empressée d'ajouter la candidate caquiste dans la circonscription de Bertrand, dans les Laurentides.

Un peu plus tard dans le débat, elle a minimisé les exigences demandées par la CAQ aux nouveaux arrivants, en disant qu'ils devront passer un «petit examen sur les valeurs québécoises».

La candidate du Parti québécois (PQ) dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Jen Drouin, a fait valoir que son parti veut favoriser la laïcité de l'État qui fait «consensus».

Dans les faits, le PQ est lui aussi favorable à l'interdiction des signes religieux pour les personnes en position d'autorité – comme les juges et les policiers – mais aussi pour étendre cette interdiction aux nouvelles embauches d'enseignants et d'éducateurs en service de garde.

La candidate de Québec solidaire, Viviane Martinova-Croteau, a indiqué qu'elle considérait que le consensus Bouchard-Taylor était un «compromis acceptable» et qu'elle était «tannée» de «l'instrumentalisation» faite à l'endroit de certaines minorités religieuses.

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La candidate dans Acadie s'est par la suite portée à la défense de sa collègue dans Mont-Royal-Outremont, Eve Torres, qui porte le hijab. La laïcité de l'État ne s'appliquerait pas à Mme Torres, puisqu'elle n'a pas de pouvoir coercitif, dit-elle.

«J'ai énormément de respect pour Mme Torres, a indiqué Martinova-Croteau, ébranlée par les questions à ce sujet. J'espère que vous allez entendre ce qu'elle a à dire.»

L'ex-ministre libérale Christine St-Pierre, qui se représente dans Acadie, a pour sa part été questionnée sur le refus de son parti de reconnaître la laïcité de l'État.

«Je pense que le débat sur la laïcité a été fait lors de la dernière élection en 2014. Les Québécois ont rejeté la proposition du Parti québécois», a-t-elle répliqué.

Le gouvernement Couillard a fait adopter une loi sur la «neutralité religieuse», dont les dispositions principales – qui obligent à donner et à recevoir des services publics «à visage découvert» – ont été invalidées devant les tribunaux.

Québec a une fois de plus renoncé à aller en appel de la décision de la Cour supérieure.

«Nous ne voulons pas, nous, exclure des gens», s'est défendue Mme St-Pierre. «Alors quelle est la proposition des partis qui veulent interdire les signes religieux? C'est de dire à ces femmes-là : restez à la maison, vous n'avez pas à venir enseigner à nos enfants.»

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