POLITIQUE
06/09/2018 12:29 EDT | Actualisé 06/09/2018 18:34 EDT

Jean-François Lisée promet de relancer le projet de souveraineté... alimentaire

Il a dévoilé le plan de son parti en matière d'agriculture.

Photo d'archives de Jean-François Lisée.
La Presse canadienne/Ryan Remiorz
Photo d'archives de Jean-François Lisée.

SAINT-CHARLES-SUR-RICHELIEU, Qc — Un gouvernement du Parti québécois (PQ) obligerait les cafétérias des hôpitaux, des établissements d'enseignement publics et des centres de la petite enfance à servir des assiettes composées de 50 pour cent de produits du Québec.

Un gouvernement du Parti québécois (PQ) obligerait les cafétérias des hôpitaux, des établissements d'enseignement publics et des centres de la petite enfance à servir des assiettes composées de 50 pour cent de produits du Québec.

La mesure, qui vise à contrer le déclin de la proportion des aliments québécois dans les plats servis dans les institutions publiques du Québec, est contenue dans le plan agricole qu'a dévoilé jeudi le chef péquiste Jean-François Lisée.

"On s'est rendu compte que la part d'aliments québécois dans les assiettes (...) se réduit d'année en année. Pourquoi? Parce que des distributeurs américains gagnent les soumissions. Pourquoi? Parce que dans leur assiette, il y a des aliments américains qui coûtent moins cher? Pourquoi? Parce que les normes de qualité sont plus faibles", a-t-il exposé.

Et ce qui est présenté dans le plan distribué aux journalistes comme un "objectif" est réellement "une obligation", que les institutions "vont atteindre obligatoirement assez rapidement", a indiqué M. Lisée lors d'une conférence de presse à Saint-Charles-sur-Richelieu, en Montérégie.

"Nous on dit simplement: faites ce que vous voulez, mais 50 pour cent des aliments dans votre assiette (...) doivent être québécois. Alors les distributeurs américains devront s'approvisionner dans les fermes québécoises pour pouvoir avoir accès au marché québécois", a-t-il avancé.

Le chef n'a pas été en mesure de préciser de combien avait chuté la proportion d'aliments québécois dans les assiettes des institutions publiques. Plus largement, au Québec, elle serait passée d'environ 60 à 70 pour cent il y a "à peu près 30, 40 ans"

à "32, 33 pour cent" actuellement, a néanmoins précisé André Villeneuve, qui était porte-parole de son parti en matière d'agriculture.

Le coût de la mesure n'est pas chiffré dans le plan péquiste. Mais Jean-François Lisée a signalé qu'il ne fallait pas négliger que cela aurait des retombées positives dans le secteur de l'agriculture, et il a mentionné que le gouvernement pourrait offrir une aide financière pour faire de son projet un succès.

"Une des raisons pour lesquelles les Américains nous vendent des trucs moins chers, c'est que la qualité est moins bonne. Et nous, on fait le choix de la qualité. Alors est-ce que ça va être quelques sous de plus? C'est possible. On va voir. Mais est-ce qu'il va y avoir plus d'emplois, de produits, de profits, d'impôts prélevés sur notre production agricole? Oui", a-t-il plaidé.

"Et je vous dis que dans le budget de 100 milliards de dollars du gouvernement québécois, il n'y aura aucune difficulté à absorber cette excellente décision", a prédit le leader péquiste.

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Spéculation terrienne

Un autre aspect du plan agricole péquiste concerne l'accaparement des terres. Selon Jean-François Lisée, il faut absolument faire en sorte que la "spéculation effrénée ne continue pas dans une spirale ascendante qui éjecte la relève de la possession de la terre", ce que le PQ ferait en déposant un projet de loi pour contrer le phénomène.

Il s'est fait couper l'herbe sous le pied par le chef libéral Philippe Couillard, qui venait de se poser un peu plus tôt en défenseur de la relève agricole en promettant de prendre des mesures pour que cesse l'accaparement des terres. Il en a pris l'engagement lors de son passage au quartier général de l'Union des producteurs agricoles (UPA), à Longueuil.

Le chef Lisée a mal digéré cette annonce, qu'il estime calquée sur une mesure législative péquiste déposée en 2016 qui n'a pourtant jamais été discutée sous la gouverne des libéraux. "Si M. Couillard voulait agir là-dessus, il avait juste à appeler (...) notre projet de loi et le voter _ le modifier s'il le voulait, on était ouvert à la conversation", a-t-il dénoncé.

Aliments locaux

Au total, le plan agricole concocté par le PQ compte 24 mesures et coûterait en tout quelque 89 millions $ à implanter.

Parmi les velléités péquistes figure celle d'étendre le modèle existant "Aliments du Québec" dans toutes les régions, via la création d'une certification locale. L'idée est inspirée de l'initiative "Saveurs du Bas-Saint-Laurent", mise sur pied il y a une dizaine d'années dans le but de promouvoir les produits agroalimentaires de la région. Avec la campagne de promotion associée à ce projet, la facture serait de 12 millions $ sur quatre ans.

Le Parti québécois suggère par ailleurs de mettre sur pied un "institut des alcools du Québec" pour aider brasseurs, vignerons et distillateurs du Québec à innover, une mesure dont le coût est évalué à 4 millions $. La formation propose aussi dans son plan d'élargir les critères du Fonds d'investissement pour la relève agricole (FIRA) afin que celui-ci soit davantage accessible.

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