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06/09/2018 08:54 EDT | Actualisé 06/09/2018 09:12 EDT

Le garçon autiste de 12 ans pourrait déménager à Saguenay pour éviter le CHSLD, mais rien n'est réglé

Une solution a été trouvée, mais deux CIUSSS se renvoient maintenant la balle.

Courtoisie

Le cri du coeur d'Isabelle Poitras-Morneau, la mère du garçon autiste de 12 ans qui était «condamné» à vivre dans un CHSLD, a été entendu, mais les autorités refusent de payer les frais.

Véronique Truchon héberge des enfants handicapés. Elle est propriétaire d'une résidence de type familial à La Baie, un arrondissement de la Ville de Saguenay. Et elle a été touchée par la triste histoire de Gabriel Morneau racontée en exclusivité mercredi dans le HuffPost Québec.

«Gabriel est comme un petit bébé sans défense. Et nous voyons que sa mère l'adore. On ne laisse pas des gens dans la misère», a livré Mme Truchon.

Une nouvelle qui a fait sauter de joie Isabelle Poitras-Morneau, elle qui est complétement épuisée, car elle vivait avec son fils lourdement handicapé depuis sa naissance.

Un sourire qui s'est malheureusement vite transformé en larmes.

«La direction du CIUSSS de la Côte-Nord refuse de payer les frais d'hébergement parce qu'elle dit que Gabriel déménage sur le territoire du Saguenay, explique-t-elle. Et la direction du CIUSSS du Saguenay refuse de payer aussi parce qu'elle dit que Gabriel vient de la Côte-Nord. C'était trop beau pour y croire.»

«Pourquoi rendre la situation encore plus difficile? Il me semble que c'est déjà assez compliqué. Je veux juste un endroit pour mon fils ailleurs que dans un CHSLD tel que proposé par le CIUSSS de la Côte-Nord», ajoute la mère de 31 ans.

Véronique Truchon mentionne avoir eu la main sur le coeur lorsqu'elle a appris qu'il y avait «cette possibilité-là de voir ce garçon autiste de 12 ans se retrouver avec des personnes âgées, matin et soir. Un seul mot: ÉPOUVANTABLE».

Mme Truchon mentionne que le transfert de Gabriel de Les Escoumins sur la Haute-Côte-Nord pour sa résidence familiale à La Baie coûterait quelque 2300$ par mois.

«Le prix pour héberger un jeune chez moi varie selon le nombre de besoins, indique Mme Truchon. Un jeune que l'on doit changer de couche ou le faire manger ou être constamment à ses côtés, c'est plus dispendieux. Pour Gabriel, on parle d'environ 2300$ mensuellement.»

Pour environ 25 000$ par année, le gouvernement empêche mon fils d'avoir une qualité de vie et être heureux. Je n'en reviens pas.Isabelle Poitras-Morneau

Gabriel, qui est autiste, épileptique, semi-paralysé du côté gauche, quasi aveugle, aurait alors des amis au Saguenay. Mme Truchon héberge depuis plus de 14 ans des déficients intellectuels, des autistes et des jeunes avec des troubles de comportements physiques.

«C'est une sainte cette dame-là», lance Isabelle. «Et pour environ 25 000$ par année, le gouvernement empêche mon fils d'avoir une qualité de vie et être heureux. Je n'en reviens pas», dénonce celle qui est également mère monoparentale d'une petite fille de 4 ans en pleine santé.

Courtoisie
Isabelle Poitras-Morneau et son fils, Gabriel

Un cas devenu trop lourd... et qui va se détériorer

«Le père de Gabriel a quitté la maison alors que Gabriel n'avait que 6 mois. Il a cessé de voir son fils à l'âge de 3 ans. Heureusement que j'ai eu ma famille et mes amis pour m'aider», remercie celle qui est infirmière de profession.

C'est depuis deux mois qu'Isabelle constate que Gabriel est un cas trop lourd pour demeurer à la maison. Déchirée, elle admet ne plus avoir le choix de le «placer».

«Ses deux dernières crises d'épilepsie en l'espace de deux mois cet été ont été terribles. Il a perdu conscience pendant 45 minutes chaque fois. À son réveil, il était ailleurs sur la planète et encore moins autonome.»

Son cerveau est déjà comme celui d'une personne âgée et chaque fois qu'il fera une nouvelle crise, il va aggraver sa situation.Isabelle Poitras-Morneau

Rien d'encourageant, les médecins soulignent que son état risque de se détériorer encore davantage. «Le neurologue m'a dit comment mon fils Gabriel finira ses jours, raconte Mme Poitras-Morneau. Son cerveau est déjà comme celui d'une personne âgée et chaque fois qu'il fera une nouvelle crise, il va aggraver sa situation. Il se retrouvera dans un fauteuil à ne plus bouger. Si la médication ne fonctionne plus, il aura une chirurgie au cerveau pour enlever les zones mortes, ce qui affectera encore plus son état. C'est la triste réalité».

Notons que le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, a demandé le jour de la publication de l'article de rencontrer la mère de Gabriel. La rencontre aura lieu jeudi après-midi.

«J'ai bien hâte de voir s'il me proposera de m'aider, car malgré les refus des autorités, mon fils est rendu au Saguenay et je paye moi-même les frais et ce, même si j'en ai pas les moyens. Véronique m'a dit "donne-moi ce que tu peux". On se prive pour Gabriel car il n'y a rien de plus important pour moi que mes enfants», conclut Mme Poitras-Morneau.

Elle souhaite maintenant que, pour le bien-être d'un enfant, les deux CIUSSS cessent de se relancer la balle et que le déménagement de Gabriel puisse ainsi être permanent.