POLITIQUE
05/09/2018 17:36 EDT | Actualisé 05/09/2018 18:50 EDT

Si Guy Leclair est élu, il ne pourra être au caucus du PQ dans l'immédiat

L'homme accusé de conduite avec facultés affaiblies devra siéger comme indépendant jusqu'à la fin des procédures judiciaires.

Facebook/Guy Leclair

Si le candidat péquiste Guy Leclair est réélu le 1er octobre, il ne pourra faire partie du caucus du PQ dans l'immédiat, a indiqué le chef Jean-François Lisée. L'homme accusé de conduite avec facultés affaiblies devra siéger comme indépendant jusqu'à la fin des procédures judiciaires.

La nouvelle venait tout juste de tomber: deux chefs d'accusation ont été portés contre Guy Leclair, soit conduite avec les facultés affaiblies et refus d'obtempérer à un ordre d'un agent de la paix.

Pour le chef péquiste, il n'est toujours pas question de larguer son candidat, mais le dépôt des accusations a quelque peu changé la donne.

M. Lisée a rappelé que c'est la règle de suspendre un député du caucus lorsque des accusations criminelles sont déposées, en attendant que toute la lumière soit faite sur son cas.

"J'espère qu'il va être réélu. C'est un excellent député", a déclaré le chef du PQ en mêlée de presse à Lévis, mercredi après-midi.

"Mais effectivement, tant qu'on n'aura pas la lumière, il ne siégera pas au caucus."

M. Leclair, qui est le député sortant de Beauharnois, devra comparaître au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield le 21 septembre prochain.

L'affaire a ainsi remis les projecteurs sur le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui avait refusé plus tôt dans la journée de céder à la pression et de "jeter" son candidat.

L'homme demeure donc sous la bannière péquiste pour la campagne électorale.

M. Lisée a réitéré en après-midi que la présomption d'innocence tient toujours: le candidat n'a pas été condamné.

"Je ne suis pas le juge, a martelé M. Lisée. Ce n'est pas aux politiciens de se substituer aux juges."

Guy Leclair avait été arrêté le 13 juillet dernier parce que soupçonné de conduite avec les facultés affaiblies, et son véhicule a été saisi, mais la nouvelle de son arrestation n'a été connue du public que mardi.

M. Leclair nie avoir refusé de passer un alcootest et soutient au contraire avoir obtempéré aux demandes des policiers à deux reprises, avait-il écrit dans un communiqué laconique diffusé mardi soir.

Selon M. Lisée, il nie aussi avoir été en état d'ébriété.

La transparence

Depuis le début de la campagne, M. Lisée affirme haut et fort que le PQ est le parti de la transparence.

Il s'est donc fait demander s'il n'aurait pas été plus transparent de dévoiler que son candidat avait été arrêté peu de temps avant le déclenchement de l'élection _ pour que les électeurs en soient avisés.

Non, a fait valoir M. Lisée, car il n'avait pas encore été accusé: la pratique n'est pas d'aviser les médias lorsque quelqu'un se fait arrêter.

"Lorsqu'une accusation est portée, ça devient sérieux. La transparence est de mise."

Et c'est pour cette raison que dès mardi, "nous avons réagi en toute transparence", soutient le chef.

Pourtant, les gens de son entourage étaient au courant de "l'interpellation de M. Leclair" dans la semaine qui a suivi, soit dès juillet, a admis le chef lors de la conférence de presse mercredi.

Mais lui-même n'aurait pas été avisé. Il dit ne l'avoir appris que plus tard, le 24 août, donc après le déclenchement de la campagne.

Mercredi après-midi, l'attaché de presse du PQ a précisé que le directeur général du parti, Alain Lupien, avait reçu en juillet des "informations partielles qu'il se serait passé quelque chose", et qu'à la mi-août, le cabinet du chef a été informé, mais que les informations demeuraient partielles à ce moment.

M. Lisée trouve normal qu'il n'ait pas été informé de la situation de son candidat, tant qu'il n'y avait pas eu dépôt d'accusations.

Il a dit être sûr qu'il y a eu des candidats de tous les partis qui ont été interceptés par la police, qui n'ont pas été accusés, et qui ne l'ont pas rapporté à leurs chefs, a-t-il soutenu.

M. Leclair avait déjà été condamné pour alcool au volant en 2013.

📣 LES ÉLECTIONS SUR FACEBOOK

Vous ne voulez rien manquer de la campagne électorale?

Cliquez ici pour devenir membre de notre groupe

«Québec 2018: les élections provinciales»!

À voir aussi:

Galerie photo La campagne électorale en images Voyez les images