POLITIQUE
05/09/2018 15:02 EDT | Actualisé 05/09/2018 19:20 EDT

La Coalition avenir Québec abaisserait dès 2019 les seuils annuels d'immigration de 50 000 à 40 000 personnes

Et ils ne seraient pas réduits graduellement, mais plutôt en bloc.

La Presse canadienne/Ryan Remiorz
François Legault a tenu mercredi une conférence de presse aux Serres Lefort, une entreprise qui a recours à des travailleurs étrangers.

SAINTE-CLOTIDE, Qc - Si elle accède au pouvoir, la Coalition avenir Québec abaissera dès 2019 les seuils annuels d'immigration, les faisant passer de 50 000 à 40 000 personnes. La diminution de 10 000 immigrants se ferait à travers toutes les catégories d'immigrants, soit l'immigration économique, la réunification familiale et les réfugiés.

"Vingt pour cent dans chaque catégorie", a lâché le chef caquiste François Legault à la toute fin d'une mêlée de presse, mercredi, à Longueuil. Jamais il n'avait été aussi précis quant à sa vision pour l'immigration.

Pourquoi préciser sa pensée maintenant, dans les locaux de l'Union des producteurs agricoles? "Bin, vous ne l'aviez pas demandé", a-t-il répondu, laissant les journalistes pantois.

Selon François Legault, les seuils d'immigration au Québec ne devraient pas être réduits graduellement, mais plutôt en bloc, dès 2019.

Il contredisait ainsi sa candidate dans Huntingdon, Claire IsaBelle, qui plus tôt dans la journée avait déclaré que la diminution se ferait "probablement graduellement".

La sortie de Mme IsaBelle a forcé la CAQ à préciser son échéancier et à expliquer les mesures qu'elle entend prendre avec Ottawa, si elle est élue le 1er octobre.

Car la compétence en matière d'immigration est partagée avec le gouvernement canadien. La seule catégorie d'immigrants sur laquelle le gouvernement du Québec exerce un contrôle est celle des immigrants économiques (30 000 des 50 000 personnes que l'on accueille à chaque année).

"Ça suppose d'avoir un résultat de négociation pour les deux autres catégories avec le fédéral", afin qu'elles puissent être gérées par le Québec, a déclaré M. Legault.

"Actuellement, ça ne marche pas. (...) Il y a de la réunification familiale qui grossit très vite, sans aucune condition, ils arrivent ici, pas besoin de travailler, pas besoin de parler français. (...) Est-ce qu'on n'est pas mieux d'en prendre moins et d'en prendre soin?", a-t-il plaidé, en réitérant sa promesse d'imposer un test de français et un test de valeurs aux nouveaux arrivants.

Ce dernier comporterait des questions sur l'égalité homme-femme et le demandeur qui échoue ne pourrait devenir citoyen au Québec.

S'il remporte l'élection, François Legault juge qu'il aura la légitimité démocratique pour renégocier avec Ottawa. Il ne croit pas se heurter à des portes closes. "M. (Justin) Trudeau va être obligé d'en tenir compte", a-t-il déclaré, sinon "oui", il y aura un prix politique à payer.

"Erreur massive, a aussitôt réagi son adversaire libéral Philippe Couillard. Je ne l'invente pas. Tout le monde nous le dit. La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, moins qualifiée, partout l'immigration fait partie des solutions. De prétendre vouloir diminuer les seuils d'immigration, c'est anti-économique.

"Pour cette seule raison, la CAQ ne devrait pas être autorisée par la population à former le gouvernement", a-t-il pesté.

Production maraîchère: un plan d'aide de 8 millions $

Le sujet s'est imposé au Jour 14 de la campagne électorale, alors que M. Legault et sa candidate IsaBelle visitaient les Serres Lefort, à Sainte-Clotilde-de-Châteauguay.

Les journalistes ont questionné Mme IsaBelle sur l'impact potentiel d'une réduction des seuils d'immigration sur les agriculteurs, qui font face à une pénurie de main-d'oeuvre.

La CAQ est d'avis qu'une telle mesure ne serait pas néfaste à l'économie, car le Québec perdrait déjà 26 pour cent de ses immigrants, qui partent s'installer ailleurs au Canada.

Par ailleurs, les producteurs embauchent des travailleurs étrangers temporaires, qui ne font pas partie des catégories appelées à être réduites, a précisé le parti.

Mercredi, devant les agriculteurs, François Legault a annoncé qu'un gouvernement de la CAQ stimulerait la consommation locale de manière à hausser la production agricole québécoise.

Il a expliqué que la CAQ exigerait notamment un minimum d'achat local de tous les organismes gouvernementaux.

Conséquemment, la CAQ demanderait au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation de faire rapidement le portrait des approvisionnements institutionnels en aliments du Québec afin de pouvoir fixer une cible minimale à chaque organisme public.

Elle offrirait aussi une aide supplémentaire aux producteurs agricoles et aux transformateurs alimentaires afin d'adapter leur capacité de production aux besoins des organismes publics. Le coût de cette mesure est épinglé à 3 millions $.

M. Legault estime que "les Québécois ont le goût de manger québécois", mais que "les organismes publics n'en font pas assez pour mettre des aliments de chez nous dans leur assiette". Il a ajouté que l'État se doit de donner l'exemple.

La CAQ déplore que l'Ontario ait ajouté 31 000 hectares de production en serre entre 2007 et 2015, contre à peine 21 hectares pour le Québec _ une situation qu'elle attribue au régime libéral sortant.

Un gouvernement caquiste bonifierait le programme de rabais d'électricité offert présentement aux producteurs en serre, afin de doubler la superficie en culture en serre de la province au cours des cinq prochaines années.

Les entreprises pourraient bénéficier d'un rabais d'électricité maximal de 40 pour cent qui permettra un remboursement équivalent à 60 pour cent des investissements réalisés. Le coût de cette mesure est évalué à 3 millions $.

La CAQ promet également de mettre en place un programme de soutien dédié à l'accroissement de la production maraîchère, à un coût de 2 millions $.

Enfin, François Legault a promis à son tour de déménager certains ministères, comme celui de l'Agriculture, en région.

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