POLITIQUE
05/09/2018 11:30 EDT | Actualisé 05/09/2018 16:30 EDT

Arrestation de Guy Leclair: Lisée défend son candidat

Le chef péquiste a insisté sur le fait que l'acte reproché à M. Leclair «n'était pas dans le cadre de ses fonctions».

RIMOUSKI, Qc - Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, refuse de céder à la pression et de "jeter" son candidat Guy Leclair - arrêté parce qu'il était soupçonné de conduite avec les facultés affaiblies - simplement parce qu'il pourrait être politiquement utile de le faire pendant une campagne électorale, dit-il.

M. Lisée nie aussi avoir manqué de transparence dans cette affaire.

Grillé de questions après un point de presse mercredi matin à Rimouski, le chef péquiste a affirmé qu'il ne mettra pas ses principes de justice de côté en faisant fi de la présomption d'innocence.

Il a ainsi défendu, pour une deuxième journée consécutive, son candidat qui est le député sortant de Beauharnois.

Guy Leclair a été arrêté le 13 juillet dernier. Selon l'équipe péquiste, il a reçu une citation à comparaître, mais aucune accusation n'a encore été déposée. Pourtant, en point de presse, M. Lisée a confirmé à plus d'une reprise qu'il était déjà accusé, ajoutant à la confusion sur ce point.

Leclair formellement accusé

Guy Leclair a finalement été formellement accusé mercredi de conduite avec les facultés affaiblies et de refus d'obtempérer à un ordre d'un agent de la paix. Il devra comparaître au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield le 21 septembre prochain.

Facebook/Guy Leclair
Guy Leclair a déjà été condamné pour alcool au volant en 2013.

M. Leclair plaide son innocence, mais n'a fourni que peu de détails dans un communiqué fort laconique diffusé mardi soir. Il nie avoir refusé de passer un alcootest et dit avoir "obtempéré aux demandes des policiers à deux reprises".

Toutefois, le chef Lisée a fourni des détails supplémentaires mercredi matin - des informations que le candidat n'avait pas révélées dans son communiqué: M. Leclair aurait confié à M. Lisée qu'il ne comprenait pas pourquoi le policier a déclaré qu'il ne voulait pas souffler (dans l'ivressomètre). Et puis, M. Leclair soutient qu'il n'avait pas bu au moment de l'interpellation policière, a rapporté mercredi M. Lisée.

"On est dans une campagne électorale où la pression est extrêmement forte pour dire: vous devriez jeter votre député parce qu'il trouble la campagne, vous ne devriez pas penser à la présomption d'innocence, vous ne devriez pas penser que c'est une chose qui va se régler en cour, vous devriez être vous-même juge. Vous ne le feriez pas en temps normal, pas en session, vous ne le feriez pas un an avant l'élection, parce que c'est une campagne électorale, vous devriez avoir des standards de justice plus faibles, parce que la raison politique devrait vous pousser à ne plus croire aux principes de justice", a déclaré M. Lisée.

"Moi, je n'embarque pas là-dedans."

Comme premier ministre, "je ne mettrai pas les considérations politiques au-dessus des droits des citoyens".

La transparence

Depuis le début de la campagne, M. Lisée affirme haut et fort que le PQ est le parti de la transparence.

Il s'est donc fait demander s'il n'aurait pas été plus transparent de dévoiler que son candidat avait été arrêté peu de temps avant le déclenchement de l'élection _ pour que les électeurs en soient avisés.

Non, a fait valoir M. Lisée, car il n'avait pas encore été accusé: la pratique n'est pas d'aviser les médias lorsque quelqu'un se fait arrêter.

"Lorsqu'une accusation est portée, ça devient sérieux. La transparence est de mise."

Et c'est pour cette raison que "dès hier, nous avons réagi en toute transparence", soutient le chef.

Pourtant, les gens de son entourage étaient au courant de "l'interpellation de M. Leclair" dans la semaine qui a suivi, soit dès juillet, a admis le chef lors de la conférence de presse mercredi.

Mais lui-même n'aurait pas été avisé. Il ne l'a appris que plus tard, le 24 août, donc après le déclenchement de la campagne.

Mercredi après-midi, l'attaché de presse du PQ a précisé que le directeur général du parti, Alain Lupien, avait reçu en juillet des "informations partielles qu'il se serait passé quelque chose", et qu'à la mi-août, le cabinet du chef a été informé, mais que les informations demeuraient partielles à ce moment.

M. Leclair avait déjà été condamné pour alcool au volant en 2013.

Un cas différent

Au cours des derniers jours, le chef péquiste avait fortement condamné le candidat caquiste Éric Caire, qui a accepté un prêt de 55 000 $ d'un maire d'une ville de sa circonscription. M. Lisée a même dit que sa carrière devrait être terminée pour ce manque flagrant d'éthique.

Mais la situation est ici différente, explique M. Lisée. M. Caire a admis avoir accepté ce prêt, alors que M. Leclair nie avoir refusé de souffler dans l'ivressomètre. Il se dit innocent, a rappelé le chef, et cette question sera tranchée par un juge, si procès il y a.