POLITIQUE
04/09/2018 10:28 EDT | Actualisé 04/09/2018 19:27 EDT

Philippe Couillard propose de déménager des directions de ministères en région

Mais il était incapable de chiffrer le nombre d'employés qui serait touché par ces déménagements.

Philippe Couillard a fait son annonce à Gaspé, mardi matin.
La Presse canadienne/Jacques Boissinot
Philippe Couillard a fait son annonce à Gaspé, mardi matin.

QUÉBEC — Après le Parti québécois, c'est au tour des libéraux de prendre des engagements en décentralisation: un deuxième gouvernement Couillard déménagerait des directions complètes de ministères en région.

Le chef libéral a fait miroiter une vague de décentralisation durant sa tournée en Gaspésie, mardi, pour séduire les électeurs des régions.

Ainsi, la Gaspésie accueillerait les employés du secteur des pêches du ministère de l'Agriculture et des Pêcheries, ainsi que la haute direction qui y est associée, jusqu'au sous-ministre adjoint.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour sa part, accueillerait les employés du secteur des forêts de même que sa haute direction, au ministère des Forêts.

C'est en Abitibi-Témiscamingue qu'on installerait les employés du secteur des mines et leur haute direction, provenant du ministère des Ressources naturelles.

Enfin, on déménagerait aux les-de-la-Madeleine les employés du secteur de la mariculture et ses hauts dirigeants, provenant du ministère de l'Agriculture et des Pêcheries.

LIRE AUSSI:


Lorsque des journalistes lui ont fait valoir les engagements non réalisés des gouvernements successifs en ce sens ainsi que les réticences des fonctionnaires, le chef libéral a assuré qu'il allait y arriver s'il est réélu.

"Ça va être un des engagements auxquels je tiens le plus", a assuré M. Couillard, lors de sa conférence de presse au quai de Rivière-au-Renard, à Gaspé.

"Comme si c'était une punition" d'aller en région pour des fonctionnaires, a-t-il poursuivi, pour déplorer cette perception.

Beaucoup de fonctionnaires rêvent d'une vie différente pour leur famille.Philippe Couillard

Rappelons qu'il y a quelques jours, le chef péquiste Jean-François Lisée s'est engagé à réaliser une dévolution notable des pouvoirs aux régions et aux échelons locaux, ainsi qu'à bloquer toute décision en faveur de la centralisation.

M. Couillard n'a pas évoqué d'évaluation des coûts de cette mesure ni le nombre de personnes qui pourraient être touchées.

Toutefois, on sait que le transfert de la direction des pêches en Gaspésie signifierait le déménagement d'environ 25 fonctionnaires.

La Presse canadienne/Jacques Boissinot
Philippe Couillard, avec le candidat libéral dans Gaspé candidate Alexandre Boulay et celui dans Bonaventure François Whittom.

Réaction syndicale

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) n'a pas mis de temps à réagir.

Dans un communiqué, il a rappelé que tout employé qui détient un poste dans la fonction publique ne peut être forcé d'accepter un transfert vers un autre port d'attache si celui-ci se situe à plus de 50 km de sa résidence.

Le président du SFPQ, Christian Daigle, a rappelé que les effectifs de la fonction publique ont chuté de 4 à 10 pour cent selon les régions depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux.

"M. Couillard devrait plutôt promettre une bonification des services offerts dans l'ensemble des ministères dans les régions du Québec", peut-on lire.

📣 LES ÉLECTIONS SUR FACEBOOK
Vous ne voulez rien manquer de la campagne électorale?

Cliquez ici pour devenir membre de notre groupe
«Québec 2018: les élections provinciales»!

Présent à l'annonce du chef libéral, le maire de Gaspé, Daniel Côté, a estimé de son côté que le "fruit est mûr" et que cet engagement était réaliste.

La décentralisation est nécessaire pour que les fonctionnaires soient plus sensibles au milieu, a-t-il soutenu.

"Ça veut dire prendre des décisions les plus adaptées possible à la réalité du territoire", a déclaré M. Côté dans une mêlée de presse.

Il n'a pas voulu dire quel parti avait le meilleur plan en matière de décentralisation, mais espère que l'engagement libéral sera concrétisé, peu importe celui qui sera au pouvoir le 2 octobre.

Galerie photoLa campagne électorale en images Voyez les images