POLITIQUE
31/08/2018 11:12 EDT | Actualisé 31/08/2018 12:18 EDT

L'absence de François Legault à la conférence de presse du front commun pour la gestion de l'offre fait jaser

Il était le seul des trois leaders à ne pas se trouver physiquement aux locaux de l'Union des producteurs agricoles.

La Presse canadienne/Ryan Remiorz
Philippe Couillard, Jean-François Lisée, Sylvie D'Amours et Manon Massé.

SAGUENAY, Qc - En même temps qu'ils faisaient front commun pour la gestion de l'offre à Longueuil, Philippe Couillard et Jean-François Lisée faisaient front commun contre François Legault, qui se trouvait à des centaines de kilomètres de là, vendredi matin.

Le chef caquiste était le seul des leaders à ne pas se trouver au siège de l'Union des producteurs agricoles (UPA), et son annonce du jour consistait à dévoiler des détails sur un engagement pris deux jours auparavant, sur l'accès à internet haute vitesse.

Mais rapidement, les questions sur son absence ont fusé.

Que doit-on comprendre du fait qu'il ait choisi de rester au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour parler internet plutôt que de mettre le cap sur Longueuil pour défendre la gestion de l'offre?

"Ce sont deux choses importantes. Je ne commencerai pas à mettre un rang. Il était prévu que je sois ici, et par respect pour les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, je vais passer la journée ici", s'est-il défendu.

C'est pas la journée pour faire de la petite politique. Il y a unanimité à l'Assemblée nationale: il faut défendre la gestion de l'offre.François Legault

Le chef a nié avoir été surclassé par l'équipe libérale sur le plan stratégique.

C'est que les libéraux ont confirmé la présence à Longueuil de leur chef Philippe Couillard vers 21 h, jeudi, alors que la caravane de la Coalition avenir Québec (CAQ) venait de s'arrêter pour la nuit à Saguenay, à 450 kilomètres de là.

L'équipe caquiste a décidé de rester sur place plutôt que de filer vers la Montérégie. L'horaire de la journée a été revu, et François Legault a commencé cette neuvième journée de campagne avec un entretien matinal avec le dirigeant de l'UPA, Marcel Groleau.

Au lutrin qui avait été installé devant la rivière Saguenay, François Legault a cherché à minimiser son absence à la conférence de presse commune de Longueuil.

"C'est pas la journée pour faire de la petite politique. Il y a unanimité à l'Assemblée nationale: il faut défendre la gestion de l'offre, il ne faut faire aucun compromis, il faut envoyer un message clair à Justin Trudeau", a-t-il insisté.

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"Est-ce qu'on aurait dû faire ça à Ottawa, est-ce qu'on aurait dû faire ça à Longueuil, est-ce qu'on aurait dû faire ça dans une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean où il y a beaucoup de producteurs de lait? Moi là, je passe par-dessus ça", a-t-il ajouté.

Les libéraux lui ont-ils tendu un piège? "J'espère que non", a-t-il lâché en anglais.

Tous contre Legault

Les chefs réunis à Longueuil - et leurs stratèges présents sur les réseaux sociaux - n'ont pas manqué de profiter de l'absence du leader caquiste pour lui décocher quelques flèches.

Avant le début de la conférence de presse, le dirigeant péquiste Jean-François Lisée a ainsi affirmé qu'il s'agissait du "seul endroit sérieux où un homme politique sérieux qui a du jugement doit être aujourd'hui".

De son côté, le chef libéral Philippe Couillard a déclaré qu'il considérait "absolument indispensable d'être présent ce matin, non seulement en tant que chef du Parti libéral, mais en tant que premier ministre du Québec".

Lorsqu'on lui a demandé si son équipe avait tendu un guet-apens à la CAQ, il a répondu: "C'est vrai? Donc il n'est pas capable de prendre lui-même une décision? Moi je l'ai prise tout seule ma décision."

Pour sa part, la solidaire Manon Massé a déploré que, selon elle, "les accords commerciaux" soient décidés derrière des portes closes et que "le Québec n'a pas de voix".

Le dirigeant de l'UPA, Marcel Groleau, a quant à lui cherché à calmer le jeu. "Quand on a organisé ça (l'événement) mercredi, on ne connaissait pas l'issue de la négociation. Les chefs ont fait leur choix", a-t-il argué en mêlée de presse.

Le leader syndical s'était entretenu au téléphone avec le leader caquiste en matinée - une conversation qui "ne laissait aucune équivoque" sur l'"engagement" du chef Legault en faveur de la gestion de l'offre, a-t-il signalé.

Mise en garde à Trudeau

La journée de vendredi pourrait être cruciale dans la renégociation de l'ALÉNA, le président américain Donald Trump ayant dit vouloir en venir à une entente d'ici minuit.

Selon François Legault, si le premier ministre Justin Trudeau faisait des compromis sur la gestion de l'offre, il deviendra un paria au Québec et cela pourrait compromettre ses chances de réélection.

"Il y a une élection à l'automne 2019. Je pense que M. Trudeau ne sera pas montrable au Québec s'il ne défend pas la gestion de l'offre", a-t-il dit à Saguenay.

Avec les informations de Julien Arsenault et Stéphanie Marin à Longueuil

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