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30/08/2018 07:55 EDT | Actualisé 30/08/2018 07:55 EDT

Donald Trump accuse (à tort) Google d'avoir boycotté son discours de l'Union

C'est tout simplement faux, assure l'entreprise.

CHRIS KEANE / Reuters

Donald Trump pris, une nouvelle fois, en flagrant délit de mensonge. Mercredi 29 août, le président américain a publié une courte vidéo sur Twitter dans laquelle il accuse Google d'avoir boycotté ses Discours sur l'état de l'Union.

On y voit des captures d'écran de la page d'accueil de Google mettant en avant, dans un petit texte sous la célèbre barre de recherche, un lien vers la retransmission en direct du discours de Barack Obama, de 2012 à 2016. Puis, des captures de 2017 et 2018 dévoilent la classique page blanche de Google.

Le moteur de recherche a-t-il boycotté Donald Trump? La réponse est tout simplement non, rapporte Gizmodo, qui a contacté Google.

En 2017, la société confirme qu'il n'y avait effectivement rien sur la page d'accueil. C'était la même chose en 2009, lors de l'élection de Barack Obama. Et pour cause: cette année, il n'y avait pas de discours sur l'état de l'Union. Ce moment très formel où le président s'adresse chaque année au Congrès n'a pas lieu lors de la première année du mandat.

Quant au discours de 2018, Google précise que la diffusion en direct sur YouTube a été mise en avant sur la page d'accueil du moteur de recherche. Comme preuve, Google pointe vers le site communautaire Reddit où un utilisateur a mis en ligne en janvier une capture d'écran montrant justement la page d'accueil avec le lien vers ce discours de l'Union. (Gizmodo présente la capture d'écran ici.)

Il est également possible de retrouver des versions archivées de la page d'accueil de Google montrant cette petite phrase sur le site Internet Archive (même si ces versions ne sont pas référencées par défaut pour la journée concernée, précise le fondateur Mark Graham).

Trump en guerre contre les recherches "truquées" de Google

Cette attaque de Donald Trump a lieu 24 heures après que le président a affirmé que les résultats du moteur de recherche étaient "truqués", une accusation fermement démentie par le géant américain qui a rejeté toute "manipulation politique".

"Rechercher 'actualités Trump' sur Google ne donne en résultats que le point de vue (et) les articles des médias Fake News. En d'autres termes, c'est TRUQUÉ, à mon encontre et contre d'autres, afin que presque tous les articles et informations soient NEGATIFS", a tweeté le président américain.

Des accusations auxquelles Google s'est empressé de répondre dans un communiqué au ton très ferme: "La recherche n'est pas utilisée pour défendre un programme politique et nous n'orientons pas nos résultats vers une quelconque idéologie politique".

"Notre but est de nous assurer que les utilisateurs qui tapent une recherche dans la fenêtre Google Recherche reçoivent le résultat le plus pertinent en quelques secondes", a insisté le géant de la tech, soulignant qu'il apporte chaque année des centaines d'améliorations aux algorithmes qui pilotent la recherche "pour assurer qu'ils pêchent du contenu de grande qualité".

Selon Donald Trump, "96% des résultats sur 'actualités Trump' viennent de Médias Nationaux de Gauche", ce qu'il estime "très dangereux". Ce chiffre cité par le président provient d'un blog américain conservateur qui a classifié quasiment tous les médias grand public de "gauche", sauf quatre d'entre eux (Fox News, the Wall Street Journal, the Economist, et DailyMail), précise le Guardian.

D'ailleurs, l'auteur de cette étude a depuis pris ses distances, précisant que son étude n'était "pas scientifique" et "basée sur un petit échantillon" de 100 résultats, tout en évoquant un "modèle de biais contre les contenus de droite", rapporte The Verge.

Offensive contre les géants de la Silicon Valley en général

Cette attaque contre l'un des moteurs de recherche les plus populaires au monde s'inscrit dans une offensive plus générale lancée depuis plusieurs mois par Donald Trump contre les réseaux sociaux, qu'il juge partiaux à l'égard des opinions conservatrices.

"Les géants des réseaux sociaux réduisent au silence des millions de gens. Les gens ont le droit de décider de ce qui est vrai et ce qui est faux, sans censure!", avait-il ainsi lancé vendredi dernier sur Twitter.

Quelques jours plus tôt, Donald Trump avait déjà mené la charge contre des réseaux sociaux "totalement biaisés envers les voix républicaines / conservatrices" et mis en garde: "Nous ne laisserons pas faire".