POLITIQUE
29/08/2018 10:34 EDT | Actualisé 29/08/2018 16:15 EDT

Québec solidaire réduirait la rémunération des médecins spécialistes

Une baisse de salaire de 12 % permettrait d'économiser 925 M$.

Courtoisie Québec solidaire

Un gouvernement solidaire renégocierait une nouvelle entente avec les médecins spécialistes et réviserait le mode de rémunération de l'ensemble des médecins afin de réduire la part consacrée à la rémunération à l'acte.

En conférence de presse à Trois-Rivières, mercredi, les porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, ont annoncé qu'advenant une victoire le 1er octobre, un gouvernement solidaire reprendrait les discussions avec les médecins spécialistes afin de réduire leur rémunération de 12 pour cent, et ce, dans les 100 premiers jours de son mandat.

"On donne beaucoup trop d'argent aux médecins spécialistes par rapport à ce que l'on donne aux autres professionnels de la santé et ce n'est pas équitable. En plus, la manière dont on donne cet argent-là crée toutes sortes de problèmes dans notre réseau de la santé, a martelé M. Nadeau-Dubois en entrevue avec La Presse canadienne. Et on peut bien tourner autour du pot, il n'y aura pas d'améliorations réelles dans le réseau si on ne s'attaque pas à cette question du mode de rémunération."

Selon le porte-parole, la baisse de 12 pour cent proposée par QS est basée sur les estimations de l'économiste Pierre Fortin d'après lesquelles les médecins spécialistes québécois gagneraient 12 pour cent de plus que leurs collègues ontariens.

"Les fédérations médicales (du Québec) réclament depuis des années la parité avec l'Ontario, et c'est exactement ce qu'on va leur donner", a commenté Gabriel Nadeau-Dubois au sujet de cette mesure, qui ferait économiser, selon la formation politique, 925 millions $ à l'État québécois chaque année.

QS entend aussi réviser le mode de rémunération même des médecins afin de mettre fin au règne absolu du paiement à l'acte et de passer

à un mode de rémunération mixte centré sur le versement d'un salaire.

"Actuellement, notre mode de rémunération fait en sorte d'encourager les médecins à voir le plus de patients possible en moins de temps possible et les décourage de prendre du temps avec leurs patients parce que ce n'est pas considéré comme étant un acte pouvant être facturé à la RAMQ, a indiqué M. Nadeau-Dubois. En rémunérant les médecins avec un salaire, cela leur permettrait de prendre plus de temps, de collaborer avec les autres professionnels et de participer à des réunions d'équipe, des activités qui ne sont pas considérées présentement comme des actes médicaux."

Quant à la manière dont ce mode mixte pourrait s'appliquer dans la réalité, le porte-parole a prévenu que tout dépendrait du type de pratique et d'établissement.

"Il n'y aura pas de formule mur-à-mur. Dans un CLSC ou dans une urgence, le salariat est vraiment à privilégier, toutes les études le démontrent. Par contre, il y a certaines professions ou certains types de pratique où le paiement à l'acte est plus avantageux, a-t-il indiqué. L'avantage d'un mode de rémunération mixte, c'est de pouvoir s'adapter aux circonstances dans l'intérêt des patients et du système."

Si QS a reconnu durant sa conférence de presse que de telles mesures entraîneraient probablement un "bras de fer" avec les fédérations médicales, Gabriel Nadeau-Dubois a dit croire que de nombreux médecins spécialistes seraient ouverts à ces réformes.

"Je pense que la plupart des médecins spécialistes ne veulent pas nécessairement être payés toujours plus, mais surtout travailler dans de bonnes conditions. Malheureusement, les gens qui les représentent et qui négocient en leur nom semblent obsédés par l'argent", a-t-il conclu.