POLITIQUE
29/08/2018 13:41 EDT | Actualisé 30/08/2018 06:00 EDT

Le Parti libéral du Québec promet une hausse du salaire des nouveaux enseignants

Philippe Couillard a continué de se distancer de son principal adversaire dans la campagne électorale.

Jacques Boissinot/PC

Même s'il fait miroiter une hausse salariale aux nouveaux enseignants, à l'instar de la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti libéral du Québec (PLQ) a vraisemblablement encore beaucoup de chemin à faire pour rallier la Fédération autonome de l'enseignement (FAE).

Dans le cadre d'une troisième annonce consécutive effectuée dans une cour d'école, le chef libéral a dévoilé mercredi six mesures, dont la proposition d'abolir les six premiers échelons salariaux des nouveaux enseignants, ce qui se traduirait par une augmentation d'environ 8000 $, ou 18 pour cent.

Leur salaire annuel atteindrait ainsi 53 134 $ à compter de 2021-2022, après le renouvellement des conventions collectives qui viennent à échéance en mars 2020. Il y a 17 paliers au total.

"La pression est grande sur les enseignants en début de carrière, a dit le chef libéral, Philippe Couillard. C'est souvent eux qui se retrouvent avec les classes les plus difficiles."

Cette promesse est évaluée à 60 millions $, une somme qui sera mise de côté afin qu'elle soit disponible lors des prochaines négociations pour renouveler les contrats de travail.

Le premier échelon salarial est actuellement de 41 390 $ par année, mais les deux premiers paliers concernent très peu de gens, étant donné que la formation universitaire en éducation est maintenant de quatre ans par rapport à trois auparavant.

En mai, dans le cadre de son plan de valorisation de la profession enseignante, la CAQ avait également suggéré d'éliminer des échelons salariaux afin qu'un enseignant en début de carrière puisse toucher une paye annuelle de 53 134 $.

Après des années marquées par des compressions, la promesse libérale n'a pas semblé séduire la FAE, représentant huit syndicats et 34 000 enseignants, qui, par voie de communiqué, a affirmé que le vote des professeurs n'était pas à vendre.

Cela ne changera rien au fait que les enseignants québécois demeureront les moins bien payés au pays, a souligné leur président, Sylvain Mallette.

"Le chef libéral nous a refusé un rattrapage salarial qui nous aurait pourtant permis de récupérer le pouvoir d'achat perdu sur la période de 2004 à 2015, a-t-il souligné. Il a aussi rejeté une demande qui aurait permis la mise en place d'une prime d'attractivité et de rétention."

D'après la FAE, le PLQ n'essaie que de "bien paraître" après avoir imposé des compressions "de près de 1,5 milliard $" aux écoles publiques et a ajouté que les "profs n'étaient pas dupes".

Loin de la CAQ

Interrogé, le chef libéral a estimé que cette "convergence" entourant la hausse salariale des nouveaux enseignants ne signifiait pas que le programme de son parti était similaire à celui de la CAQ en matière d'éducation.

"Il y a une énorme différence entre ce que l'on propose et ce que présentent les autres partis, a dit M. Couillard. Je vous rappelle que nous sommes la seule formation politique à présenter non pas un ensemble disparate de mesures, mais une proposition organisée."

Dans le cadre des autres mesures proposées, la formation politique souhaite également procéder, avec les intervenants concernés, à une révision de la formation initiale des étudiants au baccalauréat en enseignement afin de mieux l'adapter aux besoins de la clientèle.

Le PLQ désire également créer un examen national de maîtrise du français pour remplacer l'épreuve actuelle.

"Nous voulons remplacer les tests parce que les conditions de passation peuvent varier d'un endroit à l'autre (selon l'établissement d'enseignement)", a dit M. Couillard.

Finalement, le PLQ propose de mettre sur pied un institut national en éducation dédié à la promotion et au développement des "meilleures pratiques pédagogiques".

Au total, les promesses libérales dévoilées mercredi totalisent 79 millions $ sur cinq ans.

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