POLITIQUE
28/08/2018 18:15 EDT | Actualisé 28/08/2018 18:15 EDT

François Legault n'a «pas accepté que je lui dise non», affirme Gertrude Bourdon

Elle est revenue sur la saga de son lancement en politique à la radio de Québec, mardi.

Patrick Lauzon / FOTOimage

QUÉBEC — La candidate libérale et éventuelle ministre de la Santé Gertrude Bourdon estime que les attaques de la Coalition avenir Québec (CAQ) à son endroit lui démontrent qu'elle a «eu raison» de faire le choix du Parti libéral du Québec (PLQ) pour un saut en politique.

En entrevue à la radio Énergie 98,9 à Québec, mardi après-midi, Mme Bourdon a dit croire que le chef François Legault a divulgué des textos de «conversations privées» entre elle et la CAQ simplement parce qu'il n'a «pas accepté que je lui dise non».

«La différence, ce sont les valeurs du Parti libéral. Et je vois aujourd'hui que j'ai eu raison», a-t-elle affirmé.

Refusant toujours de dire clairement qu'elle avait envisagé de se présenter pour la CAQ, Mme Bourdon a dit de nouveau avoir voulu «comprendre» et «analyser» le programme de la formation politique dans ses échanges avec M. Legault et des représentants du parti.

Pourquoi il a sorti le texto? Parce que M. Legault n'a pas accepté que je lui dise nonGertrude Bourdon

La Presse a fait état récemment d'un échange de textos entre l'ex-patronne du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et le directeur de cabinet du chef caquiste François Legault, Martin Koskinen.

Selon La Presse, le jeudi 16 août, M. Koskinen affirme à Mme Bourdon que la teneur d'un échange avec M. Legault prévu deux jours plus tard sera du solide, laissant entendre qu'il serait prêt à lui garantir un poste de ministre de la Santé.

«Je crois sincèrement que nous avons l'occasion de marquer l'histoire», ajoute M. Koskinen. La réponse de Mme Bourdon ce jour-là est plutôt claire: «je le crois aussi».

Deux jours plus tard, elle annonce qu'elle ne portera pas les couleurs de la CAQ. Elle passe dans le camp du PLQ par la suite.

En entrevue, mardi, la candidate libérale a soutenu que sa décision était déjà prise lors de l'échange de textos avec le directeur de cabinet. Pourquoi alors avoir tenu ces propos?

«Est-ce que vous croyez qu'un texto est la vérité? On a échangé pendant des semaines, M. Legault m'a fait confiance, M. Koskinen m'a fait confiance... D'arriver avec un texto est réducteur», a-t-elle fait valoir.

Selon elle, ces textos n'auraient jamais dû être dévoilés, et M. Legault a agi de façon «ridicule» en réaction au fait qu'elle ait choisi de se présenter pour les libéraux.

«Le 18 (août), je vais voir M. Legault. Le 19, il dit devant tout le monde (...) qu'on a eu des conversations privées, et qu'on n'a pas réussi à s'entendre. (Pourtant), il sort le texto le 24 ou 25... Pourquoi il a sorti le texto? Parce que M. Legault n'a pas accepté que je lui dise non», a-t-elle soutenu en entrevue à la radio.

Contrairement à sa collègue candidate libérale dans la circonscription de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, Mme Bourdon a évité de qualifier de «sexistes» des propos de M. Legault à son endroit.