POLITIQUE
27/08/2018 08:36 EDT | Actualisé 28/08/2018 06:19 EDT

Le PQ courtise les automobilistes avec... une application de covoiturage!

Et les utilisateurs obtiendraient quelques dollars.

Geber86 via Getty Images

Le Parti québécois a passé la cinquième journée de sa campagne, lundi, à Terrebonne et à Trois-Rivières, deux secteurs où il espère faire des percées ou du moins, conserver ses acquis.

Le chef Jean-François Lisée s'est d'abord rendu au nord de Montréal, à Terrebonne, pour annoncer son intention de lancer une nouvelle application mobile pour augmenter l'offre de covoiturage pendant l'heure de pointe.

Le lieu de l'annonce était significatif: les résidants de Terrebonne sont aux prises avec un problème important de congestion routière.

Selon le PQ, le covoiturage est une bonne façon de diminuer les gaz à effet de serre, et contribuerait à retirer plusieurs milliers de voitures des routes du Québec. Il s'agit d'une autre partie du plan en transport du PQ, le "Grand Déblocage", qui prévoit l'abandon du Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

L'application proposée par le Parti québécois serait liée aux plateformes mobiles déjà existantes, comme Netlift et Amigo Express.

"La progression naturelle du covoiturage est très lente. Beaucoup trop lente", a expliqué le chef du PQ, Jean-François Lisée, en conférence de presse.

"On veut une explosion très rapide du covoiturage."

Pour la première année, le gouvernement verserait 4 $ aux conducteurs et aux passagers. Les années suivantes, la prime serait de 3 $. Une distance minimale devrait toutefois être atteinte, et il faudrait obligatoirement que ce soit pendant l'heure de pointe.

Le parti estime que la mesure est à coût nul, puisqu'il pigerait dans le Fonds vert pour obtenir les 313 millions $ dont il a besoin sur quatre ans.

"Plutôt que des subventions actuelles qui ont très peu d'impact sur les (gaz à effet de serre) sur des entreprises qui auraient très bien pu faire ces investissements elles-mêmes, eh bien on utiliserait le Fonds vert pour ça", a indiqué le chef.

terme, il espère que cette plateforme puisse contribuer à retirer chaque année 150 000 véhicules des routes du Québec _ dont 110 000 à Montréal _ à l'heure de pointe. Le PQ souhaite, d'ici 2025, faire passer la moyenne québécoise de personne par voiture de 1,2 à 1,4.

Une certaine confusion régnait au début de la journée quant à cette application, car Marc-Antoine Ducas, le président de Netlift, a laissé entendre que le gouvernement ne développerait pas de nouvelle application, mais seulement un fichier centralisé qui permettrait de tenir le compte de tous les voyagements dans toutes les applications existantes.

"Je vous garantis que si l'État se lance dans le développement de logiciel, ça ne va pas fonctionner", a-t-il indiqué après la conférence de presse de M. Lisée.

M. Lisée a toutefois minimisé les inquiétudes de M. Ducas.

"On est dans l'âge technologique. On est dans un endroit dans le monde où l'intelligence artificielle, les applications, etc., c'est le plus développé. Ce n'est pas un grand défi technologique de faire ça", a-t-il déclaré en mêlée de presse à Montréal.

Conserver les acquis dans la couronne nord

Après son annonce, le chef Jean-François Lisée est allé visiter le local électoral des candidats de Terrebonne et de Masson, une circonscription voisine. Pendant une courte allocution, M. Lisée a tenté de motiver les troupes en vue de l'élection.

Selon certaines projections électorales, le député péquiste sortant, Mathieu Traversy serait menacé par le candidat caquiste, Pierre Fitzgibbon.

Dans Masson, l'ancienne députée Diane Gadoury-Hamelin tente de regagner son siège contre le député actuel, Mathieu Lemay.

En fin d'après-midi, M. Lisée était de retour à Montréal dans sa circonscription, où il a déposé son bulletin de candidature en vue des élections.

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Espoir d'un retour en Mauricie

M. Lisée est arrivé en fin d'après-midi à Trois-Rivières, en Mauricie, une région où le PQ avait été rayé de la carte en 2014.

Le chef péquiste a affirmé que son parti allait tenter de regagner la confiance des Mauriciens en "continuant de leur donner la vérité".

"Nous en Mauricie, on a été de très bons défenseurs, on a eu d'excellents députés, mais on a été francs aussi sur la question de Gentilly-2, qui a été extrêmement sensible", a-t-il expliqué, faisant référence à la décision du gouvernement Marois de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2, à Bécancour.

"On a démontré aux gens de la Mauricie qu'on était capable de leur dire la vérité, d'être authentique, dans une décision qui était difficile. Mais ensuite, d'agir pour faciliter la transition. Et je pense que cette franchise-là, elle est payante", a-t-il ajouté en mêlée de presse à Trois-Rivières.

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En 2012, le PQ avait fait élire deux députés en Mauricie: Noëlla Champagne dans Champlain et Luc Trudel dans Saint-Maurice. Les deux députés ont été défaits en 2014.

Jean-François Lisée a terminé sa journée devant plus d'une centaine de militants à Trois-Rivières.

Pendant son discours, il s'est surtout attaqué à ses adversaires, dont la CAQ, qui souhaite faire une percée dans la région.

Sur la souveraineté, "la CAQ est tombée du côté obscur de la force. Il n'y a pas de retour possible", a-t-il déclaré, faisant appel aux souverainistes pour qu'ils reviennent au PQ.

Jean-François Lisée passera la journée de mardi à Québec. Il doit faire une annonce sur la culture au Théâtre La Bordée, en plus de participer à plusieurs entrevues à la télévision et la radio de Québec.

Un grand rassemblement des militants péquistes de la région de Québec est prévu en soirée.