POLITIQUE
27/08/2018 19:19 EDT | Actualisé 27/08/2018 19:24 EDT

Le Parti québécois dévoile le fruit de sa tournée «Solidarité en action»

Voici quelques-unes de leurs recommandations.

Getty Images/EyeEm
La rentrée scolaire est souvent une source d’inquiétude, voire d’anxiété, pour les familles vivant dans la précarité, souligne le rapport «Solidarité en action».

QUÉBEC – Les travailleurs qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts est maintenant une «triste réalité québécoise» et ce phénomène ira en s'accentuant si rien n'est fait.

Il s'agit de l'une des constatations du rapport de la tournée «Solidarité en action» du Parti québécois, qui confirme que la pauvreté a des visages multiples tant en ville qu'en région rurale. Les femmes, les aînés et les travailleurs au salaire minimum ne sont pas épargnés.

Les députés Catherine Fournier, Harold LeBel et Dave Turcotte ont sillonné les régions du Québec à la rencontre d'organismes et de groupes communautaires afin d'identifier leurs besoins et ainsi élaborer une politique de lutte contre la pauvreté.

Courtoisie/Parti québécois
De gauche à droite: Harold LeBel (Rimouski), Catherine Fournier (Marie-Victorin) et Dave Turcotte (Saint-Jean).

Le HuffPost Québec a obtenu leur rapport en primeur. Voici quelques-unes de leurs recommandations.

Hausse graduelle du salaire minimum à 15$ de l'heure

Les demandes d'aide auprès des banques alimentaires ont atteint un sommet jamais égalité depuis la crise économique de 2008. Selon le rapport, près de 12% des utilisateurs étaient pourtant des personnes qui occupent un emploi.

Le salaire minimum a augmenté de 0,75$ pour atteindre 12$ de l'heure le 1er mai 2018. Le PQ s'engage à l'augmenter à 15$ d'ici 2022, soit de 0,75$ par année en moyenne, et d'aider les secteurs touchés par cette augmentation à amortir le choc.

Améliorer les conditions de travail dans le communautaire

Les emplois dans le milieu communautaire sont souvent précaires et occupés par des femmes. Celles-ci ne peuvent pas nécessairement compter sur un fonds de pension, si bien qu'elles deviennent parfois des usagères de leur propre groupe communautaire quand elles prennent leur retraite. Le PQ s'engage à améliorer leurs conditions.

Il est aussi question de rehausser le financement des groupes communautaires. Ceux-ci demandent un réinvestissement minimal de 475 millions de dollars – le PQ propose plutôt 200 millions de dollars sur quatre ans.

Plus d'aide pour les parents et les familles

Le PQ privilégie les places dans les centres de la petite enfance (CPE) plutôt que les maternelles à quatre ans à l'instar de la Coalition avenir Québec. Le parti compte donc retourner à un tarif unique de 8,05$ par jour pour le premier enfant, et de 4$ pour le deuxième. Ce sera gratuit pour le troisième enfant et les suivants.

Pour les enfants qui sont déjà à l'école, le PQ a déjà annoncé qu'il compte «libérer» les parents des lunchs et des fournitures scolaires. Des repas seraient offerts à bas coût dans les écoles primaires pour ceux qui le désirent, et chaque école pourrait offrir la possibilité aux parents d'obtenir directement cahiers, crayons et cartables.

Plus de pouvoirs aux régions avec la décentralisation

M. LeBel donne l'exemple d'une dame rencontrée dans un village en Gaspésie qui ne possède pas de voiture. Le seul autobus qui se rend de chez elle jusqu'à l'épicerie part tôt le matin et revient qu'en fin d'après-midi. Elle doit donc passer la journée là-bas, compter sur un bon samaritain ou prévoir une course en taxi dans son budget.

Le PQ veut mettre de l'avant l'idée d'une loi-cadre sur la décentralisation et la régionalisation, afin de permettre à chaque région de choisir son modèle de concertation et profiter d'une réelle autonomie. La région devrait être prise en compte afin de trouver une solution aux déserts alimentaires dans les villages ou encore d'améliorer le transport collectif.

Revoir la Loi sur l'aide aux personnes et aux familles

«La Loi sur l'aide aux personnes et aux familles est complexe et son interprétation rigide donne lieu à des situations parfois absurdes, parfois crève-cœur et qui, dans tous les cas, ont des conséquences réelles, souvent dramatiques sur la vie des gens», peut-on lire dans le rapport.

Le PQ suggère de revoir la Loi pour réduire les pénalités imposées aux prestataires, qui perdent des revenus en raison d'un changement dans leur vie maritale, par exemple. Il est aussi question de mettre fin aux sanctions dans le cadre du programme d'aide de dernier recours, sauf en cas de fraude.