POLITIQUE
25/08/2018 10:05 EDT | Actualisé 25/08/2018 19:32 EDT

Le chef du PQ cible les caquistes parce que ce sont «les pires»

«Un cadre financier qui est fondé sur de l'argent imaginaire qu'on va aller chercher, c'est ... du charlatanisme», a-t-il lancé.

Facebook/Parti québécois

Les Québécois doivent s'inquiéter encore plus des caquistes que des libéraux, estime le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée. «Ce sont les pires», a-t-il déclaré en s'en prenant samedi matin au supposé cadre financier de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Au troisième jour de la campagne électorale, le chef péquiste a fait cet exercice de chiffres puisqu'il juge bon que les citoyens tiennent dès maintenant à l'oeil les offres financières de son adversaire politique afin d'évaluer si elles sont crédibles ou non.

Même si la CAQ, tout comme les autres partis, n'a pas encore dévoilé son cadre, le PQ a fait des calculs avec les chiffres de la vérificatrice générale, rendus publics lundi, et avec des positions déjà affichées par la CAQ, notamment la promesse de baisser les taxes scolaires à hauteur de 700 millions $.

Mais pourquoi viser ainsi la CAQ? Interrogé à savoir s'il se concentrait ainsi sur les caquistes parce qu'il les considère comme ses principaux adversaires dans cette campagne électorale, M. Lisée a laconiquement répondu: «parce que ce sont les pires».

Il avait toutefois dit plus tôt que l'encre rouge sur le tableau financier qu'il avait apporté pour son annonce, qui représente selon lui le déficit d'un Québec dirigé par la CAQ, est le résultat à la fois de «l'héritage libéral» et de «la menace caquiste».

Aux côtés de l'ex-ministre péquiste des Finances Nicolas Marceau, maintenant candidat dans la circonscription de Rousseau, M. Lisée a plutôt fait valoir que considérant l'état actuel des finances du Québec, M. Legault n'a que deux options: couper dans les services ou faire des déficits.

Mais il fait plutôt miroiter aux citoyens des choses impossibles, a-t-il lancé.

«Un cadre financier qui est fondé sur de l'argent imaginaire qu'on va aller chercher, c'est ... du charlatanisme», a lancé le chef péquiste.

Car les présumées sources de revenus de la CAQ pour financer ses projets sont, au mieux, illusoires, a insisté M. Marceau, faisant référence notamment aux vagues «gains d'efficacité» promis par M. Legault qui doivent dégager de l'argent pour offrir des services.

«Ça, c'est la broche à foin avec laquelle M. Legault va attacher son cadre financier», s'est exclamé M. Marceau. Le point de presse s'est tenu, pour marquer le coup, dans un cul-de-sac de la métropole.

Des gains d'efficacité, oui, c'est bon et possible, mais prétendre en dégager pour des centaines de millions, «c'est mentir à la population» et ça rime avec austérité, a-t-il ajouté.

François Legault fait de telles promesses car il veut être premier ministre: «Parce que ses sondeurs lui ont dit: "offre ça, ça va marcher". Dis que tu aimes le Canada, tu vas être premier ministre. Alors, il dit des choses qui ne se peuvent pas et il fait le pari que les gens vont le croire», a déclaré M. Lisée.

Le chef de la CAQ réagit

fotoimage.ca

François Legault ne semble pas avoir accordé beaucoup d'importance aux critiques de son homologue péquiste.

Il soutient que son cadre financier est prêt, «qu'il balance» et est «impeccable», car il a été confectionné par d'excellents gestionnaires, qui sont de plus candidats dans son équipe.

Il a aussi rétorqué que son plan de «maisons pour aînés» ne serait pas une dépense incommensurable. M. Legault a contesté le chiffre de 20 milliards $ avancé par Radio-Canada et a précisé que son plan s'étalait sur 20 ans.

Et le chef caquiste envisage aussi de recourir à des partenariats public-privé (PPP) pour les construire, a-t-il dit samedi.

«(Le coût), ça va dépendre de quelle proportion sera faite par le privé, quelle sera faite par le public», a-t-il indiqué, soulignant qu'il y aura, avec un gouvernement caquiste, des maisons pour aînés publiques et semi-publiques. Il verra à évaluer quels projets «ont le meilleur coût-bénéfice».

Samedi, le chef a fait une foule d'activités dans sa propre circonscription de Rosemont, où il se rendait pour la première fois depuis le lancement de l'élection. Sur la promenade Masson, il est arrivé face à face avec Vincent Marissal de Québec solidaire (QS), qui lui dispute la circonscription. La poignée de main a été polie, et les deux hommes se sont empressés de continuer leurs activités respectives.

M. Marissal, un ancien chroniqueur du journal «La Presse», a estimé que la lutte serait serrée.