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24/08/2018 15:46 EDT | Actualisé 24/08/2018 15:46 EDT

Séminaire des Pères Maristes à Québec : un tribunal ordonne de réintégrer les trois élèves

Ils avaient été exclus parce qu'ils faisaient l'objet d'une enquête policière concernant l'échange de photos explicites de trois jeunes filles.

Tero Vesalainen via Getty Images

QUÉBEC — La Cour supérieure du Québec a ordonné à une école secondaire privé de la région de Québec de réintégrer trois élèves qui avaient été exclus parce qu'ils faisaient l'objet d'une enquête policière concernant l'échange de photos explicites de trois jeunes filles.

Dans un jugement daté du 23 août, le juge Daniel Dumais a ordonné au Séminaire des Pères Maristes de réintégrer les trois garçons dans l'établissement secondaire, à compter du 27 août prochain.

Le juge Dumais plaide qu'en excluant les élèves, l'établissement causerait un préjudice puisque sa proposition de changer les élèves d'école «implique de déraciner l'élève d'un environnement éducatif devenu familier, de mettre de côté une certaine routine, des amitiés, un sentiment d'appartenance plus ou moins présent, des relations avec les professeurs et animateurs, etc.»

Il souligne par ailleurs que la direction avait d'abord décidé de réintégrer les élèves dans l'établissement, avant qu'elle ne change d'idée, en raison de la «pression populaire et des parents des victimes». Toutefois, selon le juge, aucune information nouvelle ne permet d'expliquer ce changement d'idée.

Le juge rejette aussi l'argument selon lequel la réintégration des élèves menacerait la paix sociale de l'école. Selon lui, il n'y a aucune preuve en ce sens.

Cette réintégration a toutefois plusieurs conditions pour les trois élèves. Ils devront notamment respecter les règles de vie de l'école, éviter tout contact avec les victimes présumées, et faire preuve de discrétion. Ils se voient également interdire l'utilisation d'un téléphone cellulaire ou d'une tablette sans l'autorisation du personnel de l'école — sauf en cas d'urgence.

La semaine dernière, la direction du séminaire avait annoncé que les trois garçons ne suivraient pas des cours entre ses murs — «la seule avenue capable d'assurer une rentrée scolaire sereine et de ramener une paix sociale au sein de l'établissement».

«Cette décision laisse suffisamment de temps aux parents des garçons dont le contrat a été résilié pour trouver une nouvelle école secondaire où ils pourront poursuivre leur scolarisation», avait-elle conclu dans un communiqué.