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24/08/2018 15:25 EDT | Actualisé 24/08/2018 15:25 EDT

Que vaut «Le jeu», la nouvelle série coup de poing de TVA?

Le thriller psychologique a-t-il ce qu’il faut pour connaître un succès comparable à celui de «Fugueuse»?

Courtoisie/TVA

Avec la série Le jeu, TVA désire de nouveau faire oeuvre utile en s'attaquant à un important problème de société, espérant probablement obtenir du même coup un succès comparable à celui qu'a connu Fugueusel'hiver dernier.

Écrit par Mylène Chollet et Martin Girard, ce nouveau thriller psychologique nous plonge dans l'univers très masculin des jeux vidéo pour traiter de cyberintimidation, de responsabilité sociale, de dépendance, de misogynie et de sexisme ordinaire.

Pour ce faire, le duo nous fait suivre l'ascension de la conceptrice Marianne Renaud (Laurence Leboeuf) qui, à l'aube d'une victoire importante et à la suite d'une prise de bec très médiatisée avec certains confrères masculins, voit des inconnus entamer une campagne de salissage sur les réseaux sociaux.

Des paroles en l'air qui prendront toutefois une tournure plus dramatique lorsque Marianne sera droguée au GHB, puis retrouvée inconsciente en bordure d'un chemin de fer. Incapable de se souvenir de quoi que ce soit, Marianne tente alors de recoller les morceaux pour découvrir l'identité de son (ou ses) agresseur(s).

Aiguiser ses réflexes

Lors de la présentation des deux premiers épisodes de la série, ce jeudi 23 août, le producteur André Dupuy a expliqué que la plupart des citoyens devaient encore aiguiser leurs réflexes en ce qui a trait à leurs activités en ligne.

Ce dernier a illustré son propos en relatant que nous avons appris à nous comporter de manière civilisée, que nous avons pris l'habitude de barrer la porte de notre maison lorsque nous la quittons, et que nous avons appris depuis notre plus jeune âge à nous méfier des étrangers, mais que la plupart des gens ne sont pas forcément outillés pour faire face à la réalité du Far West que peuvent être les réseaux sociaux.

Mylène Chollet confirme pour sa part qu'il y a certainement une volonté de confronter le spectateur à sa propre incrédulité dans Le jeu, que ce soit par rapport à la façon dont peut dégénérer un cas de cyberintimidation, ou au sexisme avec lequel doivent toujours composer nombre de femmes sur une base quotidienne.

Chollet et Girard n'auraient d'ailleurs pu choisir un moment plus opportun ainsi qu'un milieu de travail plus désigné pour illustrer leur propos. Si l'image des femmes projetée à l'écran par encore beaucoup trop de jeux vidéo continuent de véhiculer un nombre effarant de stéréotypes, dans les coulisses de la production de ceux-ci, les femmes doivent mériter le respect et faire leurs preuves plus que quiconque pour gravir les échelons.

Et certaines luttes peuvent devenir particulièrement sournoises lorsqu'elles doivent être menées dans un milieu qui tarde à faire preuve d'ouverture ou, pire encore, en ligne.

Même si Marianne tentera de faire croire, aussi bien à elle-même qu'à ses proches, qu'elle n'accorde aucune importance aux insultes et aux commentaires négatifs dont elle fait l'objet sur Internet, Le jeu illustre parfaitement que personne ne pourrait demeurer totalement insensible face à de telles attaques.

Courtoisie/TVA

À surveiller...

Le premier quart du premier épisode nous fait toutefois craindre le pire, alors que l'introduction du spectateur à cet univers au vocabulaire particulier et aux moeurs en évolution se fait de façon quelque peu laborieuse. Les auteurs ont tendance à souligner à outrance certains détails, en plus de dresser le portrait de leur personnage principal et du milieu hostile avec lequel elle doit composer d'une manière tout sauf nuancée.

Heureusement, une fois l'étape des présentations passée, Le jeu adopte un rythme de croisière suffisamment efficace pour accrocher et conserver l'intérêt du spectateur. Le tout est soutenu par les prestations tout aussi justes des Laurence Leboeuf, Éric Bruneau, Debbie Lynch-White, Iannico N'Doua, Maxime Gaudette, Julianne Côté et Alice Moreault, pour ne nommer que ceux-ci.

Et au-delà de ses principales préoccupations, Le jeu multiplie d'emblée les sous-intrigues pour élargir son propos et soutenir son climat de méfiance.

De quelle façon les conséquences sociales du jeu développé par Julien (Éric Bruneau), le conjoint de Marianne, une sorte de Pokémon Go québécois, viendront-elles brouiller les cartes?

Sur le point de découvrir l'univers des réseaux sociaux, la nièce de Marianne, Lili (13 ans), sera-t-elle à son tour victime d'intimidation?

Qu'en est-il du retour dans les parages de la soeur de Marianne - et mère de Lili - après un long séjour en cure de désintoxication?

Il sera également intéressant de voir comment les auteurs feront évoluer leur regard sur cette communauté encore marginale aux yeux du grand public, même si massive en réalité.

Présentera-t-on l'envers de la médaille en offrant à Marianne la chance d'être soutenue par une partie de la communauté? Ou si le portrait de la situation ne se limitera qu'aux actes de ces fameux trolls?

La table est mise pour dix épisodes riches en émotions et en remises en question. Même s'il est difficile de connaître l'impact que peut avoir un tel projet dans la réalité, Le jeu semble a priori avoir le courage de ses convictions.

Il ne reste plus qu'à voir si la série sera en mesure de garder le rythme, et surtout d'éviter les nombreux pièges qui l'attendent en cours de route...

Le jeu, dès le lundi 10 septembre à 21 h, sur les ondes de TVA.

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