POLITIQUE
24/08/2018 08:46 EDT | Actualisé 24/08/2018 12:58 EDT

Élections: après les lunchs, le PQ veut «libérer» les parents des fournitures scolaires

Une autre façon de donner plus de temps aux parents.

Jean-François Lisée semble déjà faire des familles son public cible pour la campagne électorale.
Paul Chiasson/La Presse canadienne
Jean-François Lisée semble déjà faire des familles son public cible pour la campagne électorale.

MONTRÉAL - Après les lunchs, les fournitures scolaires: un gouvernement péquiste faciliterait la vie des parents d'élèves en demandant à chaque école primaire et secondaire de leur offrir la possibilité d'obtenir directement cahiers, crayons et cartables.

Les parents ne seraient toutefois pas obligés d'adhérer à cette mesure.

En cette deuxième journée de campagne électorale, vendredi, le Parti québécois (PQ) poursuit son offensive pour séduire les familles, mais aussi les électeurs de Montréal et de ses couronnes nord et sud. Car après un début de journée dans la métropole, l'équipe se dirige vers Chambly et Laval. Elle était aussi restée dans la grande région montréalaise la veille.

Et, pour une seconde journée consécutive, la colorée caravane péquiste se rend dans des circonscriptions qu'elle veut ravir à ses adversaires. Vendredi matin, l'annonce a été faite dans Gouin, détenue par Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire (QS), à qui le PQ dispute souvent le titre de parti des politiques prosociales. Les circonscriptions visitées en après-midi sont aux mains des libéraux.

"Comme hier (jeudi), on est dans des comtés qu'on veut prendre", a déclaré le chef péquiste Jean-François Lisée.

Alors que M. Lisée doit défendre l'importance de sa campagne dans une course qui semble se dessiner à deux entre la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral, il a souligné un sujet qui le distingue des caquistes: alors que ceux-ci veulent abolir les commissions scolaires, chères aux Québécois anglophones, le PQ promet, lui, de protéger leurs institutions - et leurs droits.

"Je veux agrandir la liste des anglophones" qui votent pour le PQ, a déclaré Jean-François Lisée. Il ne s'attend toutefois pas à avoir un candidat qui va remplir le Centre Bell, a rapidement ajouté le chef de la formation qui veut réaliser l'indépendance du Québec, ce qui ne l'aidera pas dans son entreprise de séduction du vote anglophone.

Les fournitures scolaires

Sur sa mesure concernant les fournitures scolaires, le parti juge l'offre des plus favorables. Car qui dit "achats regroupés dit moindres coûts", fait-il valoir.

"C'est gagnant-gagnant. On produit des économies d'échelle", a commenté la vice-cheffe Véronique Hivon, présente à l'annonce, tout comme la candidate dans Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier.

Fini la pénible chasse au cartable bleu quand tous les magasins les ont vendus et les enfants qui réclament du matériel - plus cher - aux images de leurs films préférés.

Bref, les parents auront le choix entre s'inscrire au forfait "tout prêt", ou prendre les 100 $ actuellement offerts pour les fournitures scolaires et faire leurs achats eux-mêmes.

"C'est de plus en plus cher", s'est insurgé le chef, "à cause des compressions, de l'austérité libérale".

Les écoles pourraient d'ailleurs se regrouper, notamment sous la forme de coopératives scolaires, afin d'offrir ce service aux parents.

Le PQ estime qu'il s'agit d'une mesure à coût nul qui donnera plus de temps aux parents.

Certaines écoles québécoises offrent d'ailleurs déjà ce service aux familles.

Mercredi, la veille du déclenchement de l'élection, le PQ avait fait l'annonce d'un service de repas abordables dans les écoles, disant vouloir "libérer les parents des lunchs".

Legault, absent à la fierté gaie

L'équipe du chef péquiste est allée à la rencontre de Michelle Blanc, candidate dans la circonscription de Mercier, détenue depuis 10 ans par le cofondateur de QS, Amir Khadir. Il ne se représente toutefois pas.

La colorée candidate s'est réjouie d'avoir "une équipe à tomber sur le cul" pour cette élection.

Mme Blanc, transsexuelle, s'est aussi dite déçue que le chef caquiste n'ait jamais participé au défilé de la fierté gaie.

Pas qu'il n'ait pas été disponible cette année, mais qu'il ne se soit jamais déplacé, contrairement au chef libéral Phillipe Couillard et à M. Lisée, présent dans de nombreux événements LGBT. La première chef de gouvernement québécois à y être allée était Pauline Marois, a souligné la candidate.

"Tout le monde ne peut pas être partout tout le temps. Maintenant, ce qui me dérange, ce n'est pas qu'il ne soit pas allé au défilé cette année, c'est qu'il ne soit jamais venu au défilé de la fierté", a dit Mme Blanc.

Elle a souligné avoir des relations très cordiales avec le chef caquiste.

"Je ne pense pas qu'il soit une personne homophobe, par contre. Je me questionne pourquoi il n'a jamais eu un intérêt à être présent aux événements de la communauté LGBT", a-t-elle dit en réponse à une question d'une journaliste.

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