POLITIQUE
23/08/2018 15:10 EDT | Actualisé 23/08/2018 15:50 EDT

Élections: Gertrude Bourdon est «un symbole du vide des convictions», soutient Jean-François Lisée

Ça joue dur et ce n'est que le premier jour de la campagne.

La candidate vedette libérale Gertrude Bourdon est un «symbole de l'indécence politique, du vide des convictions», a tonné le Parti québécois (PQ), jeudi.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a dit comprendre que les électeurs soient cyniques devant des gens qui «se magasinent un parti» à quelques jours seulement des élections. Son adversaire Philippe Couillard ne doute pas quant à lui des convictions de sa recrue.

Grande patronne du Centre hospitalier de Québec-Université Laval, Mme Bourdon s'est fait connaître au cours des derniers jours pour ses flirts politiques avec de nombreuses formations. Elle aurait ainsi passé du PQ à la Coalition avenir Québec (CAQ), puis au Parti libéral (PLQ).

Sa candidature dans Charlesbourg sous la bannière caquiste devait être annoncée samedi dernier, mais les négociations entre le chef François Legault et elles ont achoppé à la dernière minute.

On a rapporté que Mme Bourdon exigeait une hausse de 8 pour cent du budget en santé et de ne pas rouvrir l'entente avec les médecins spécialistes, contrairement à ce que la CAQ veut faire.

Or les libéraux présenteront vendredi la candidature de Mme Bourdon dans Jean-Lesage, toujours à Québec.

La députée péquiste sortante Agnès Maltais a rapporté quant à elle que Mme Bourdon lui avait fait une profession de foi péquiste il y a de cela quelques mois, quand elle avait été approchée par le PQ pour être candidate.

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«On ne savait pas que Mme Bourdon était prête à changer de parti et d'opinion, et pour moi, avec tout le respect qu'on doit à sa carrière, elle est devenue le symbole de l'indécence politique, du vide des convictions», a déclaré M. Lisée au lancement de sa campagne électorale.

La semaine dernière, elle était en discussion avec un parti qui prétend être contre la réforme du ministre Gaétan Barrette, et cette semaine elle se présente pour un parti qui est «content de la réforme Barrette», a illustré le chef péquiste.

«Ce n'est pas sérieux. Je comprends que les Québécois soient cyniques devant les gens qui se magasinent un parti, qui n'ont pas le même programme sur le sujet pour lequel ils sont formés.»

CHU de Québec
Gertrude Bourdon sera candidate du Parti libéral dans Jean-Lesage.

Mme Bourdon a déjà dit qu'elle était avec le PQ, mais «a-t-elle dit qu'elle était avec les autres partis aussi?» a demandé le chef péquiste.

«Il est clair pour tout le monde que c'est une candidature remarquable», a pour sa part plastronné le chef libéral Philippe Couillard. Elle serait pressentie pour succéder éventuellement à M. Barrette, selon ce qui circule.

Je comprends que M. Legault soit déçu (de ne pas avoir pu la recruter).Philippe Couillard

M. Couillard a dit comprendre que des personnes de ce haut calibre rencontrent des représentants de tous les partis.

Il a aussi affirmé qu'elle adhérait aux valeurs libérales ainsi qu'au fédéralisme. «Elle porte l'Ordre du Canada à la boutonnière, je pense que cela vous indique où se situent ses préférences.»

Quant aux exigences ou conditions fixées de Mme Bourdon, le chef libéral a refusé d'ouvrir son jeu. Cependant, en ce qui concerne le budget de la santé, il a laissé entendre qu'il y a de «nouvelles marges de manoeuvre» et qu'il est possible qu'elles «bougent un peu».