POLITIQUE
22/08/2018 14:03 EDT | Actualisé 23/08/2018 06:23 EDT

Élections 2018 au Québec: voici les circonscriptions à surveiller

Le parti qui remportera les élections est celui qui réussira à obtenir le plus de circonscriptions et non le vote populaire.

Yves Herman / Reuters

Le parti qui remportera les élections québécoises est celui qui réussira à obtenir le plus de circonscriptions — et pas nécessairement celui qui obtiendra le plus de votes.

Voici donc un aperçu des luttes qui pourraient faire la différence le soir du 1er octobre:

Montréal:

— Maurice-Richard: Cette circonscription du nord de Montréal auparavant appelée Crémazie a souvent changé de couleur à travers le temps, passant du Parti libéral du Québec (PLQ) au Parti québécois (PQ) à différentes périodes. Cette fois-ci, la ministre de la Culture Marie Montpetit devra se mesurer à l'ancienne conseillère municipale Manon Gauthier, de la Coalition avenir Québec (CAQ), et à Frédéric Lapointe, du PQ, un conseiller en évaluation à l'Université de Montréal.

— Pointe-aux-Trembles: L'ancien député péquiste Jean-Martin Aussant a jeté son dévolu sur cette circonscription lorsqu'il a annoncé son retour attendu en politique active. Cette circonscription est un réel château fort péquiste, ayant appartenu à l'ancien ministre Marcel Léger, et plus récemment, à sa fille Nicole. M. Aussant se retrouve toutefois devant une adversaire de taille: la mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau, qui tente de se faire élire pour la CAQ. Ce parti compte sur cette circonscription pour faire son entrée sur l'île de Montréal.

— Rosemont: Le siège du chef péquiste Jean-François Lisée est-il en danger avec l'arrivée du très connu candidat solidaire, Vincent Marissal? Il faut dire qu'en 2014, M. Lisée avait été élu avec une confortable avance contre son rival libéral, Thiery Valade, et Québec solidaire avait terminé troisième. Mais Québec solidaire met beaucoup d'énergie dans cette circonscription qui borde Gouin et Mercier, deux bastions du jeune parti.

— Hochelaga-Maisonneuve: Québec solidaire lorgne cette circonscription de l'est de Montréal avec son candidat Alexandre Leduc, qui tente de se faire élire pour une troisième fois. Lors du dernier scrutin, la députée péquiste Carole Poirier avait remporté sa circonscription avec un peu plus de 34 pour cent des voix, contre M. Leduc qui avait fini deuxième avec plus de 30 pour cent du vote.

Laval et Couronne Nord

— Laval-des-Rapides: Depuis sa création en 1980, ce comté lavallois a toujours voté pour le parti qui a remporté l'élection, sans exception. Ainsi, le candidat péquiste Léo Bureau-Blouin l'avait emporté en 2012, mais le libéral Saul Polo lui a ravi son siège en 2014, en même temps que l'élection du gouvernement libéral. Il faudra donc surveiller si les électeurs adopteront la même tangente cette fois-ci.

— Groulx: Cette circonscription est importante à surveiller puisque la CAQ y présente le banquier Éric Girard, qui est déjà pressenti pour devenir ministre des Finances, advenant l'élection d'un gouvernement caquiste. En 2014, le député caquiste devenu indépendant Claude Surprenant avait arraché sa victoire, remportant sa circonscription par moins de 300 voix contre les candidates du PQ et du PLQ qui étaient presque à égalité.

— Terrebonne: Les députés du Parti québécois se sont succédé presque sans arrêt depuis 1976 pour représenter cette circonscription située au nord de Montréal, mais la CAQ pourrait cette fois-ci briser cette tradition. Depuis 2012, les majorités du député sortant Mathieu Traversy ont commencé à s'étioler. La défunte Action démocratique du Québec (ADQ) avait brièvement représenté cette circonscription, de 2007 à 2008.

Montérégie:

— Taillon: Cette circonscription du sud de Montréal a déjà été représentée par l'ancien premier ministre péquiste René Lévesque, et plus récemment, par Pauline Marois, qui était députée et ministre à l'époque. En 2014, Diane Lamarre l'avait emporté par un peu plus de 1000 voix dans une course à trois contre le PLQ et la CAQ. Cette fois-ci, elle aura contre elle un poids lourd de la CAQ, le neuropédiatre Lionel Carmant, que le chef François Legault vante sur toutes les tribunes. Bien malin celui qui pourra prédire l'issue de ce combat entre professionnels de la santé, mais la CAQ mise beaucoup sur le 450 pour remporter les élections.

— Marie-Victorin: Une lutte serrée s'annonce également dans cet autre château fort péquiste détenu actuellement par la jeune députée péquiste Catherine Fournier. Selon plusieurs projections électorales, Mme Fournier pourrait se retrouver en difficulté face à la candidate caquiste, Martyne Prévost. Mme Fournier avait toutefois récolté plus de 52 pour cent du vote en 2016, et la CAQ avait terminé troisième derrière Québec solidaire.

— La Prairie: Cette circonscription qui a changé de couleur souvent a déjà appartenu à la CAQ de 2012 à 2014. Le député de l'époque, Stéphane Le Bouyonnec, tente de regagner son siège des mains du libéral Richard Merlini. En juin, M. Le Bouyonnec s'était retrouvé dans l'embarras pour ses liens avec une entreprise reconnue pour ses prêts consentis à des taux usuraires, mais la controverse s'est calmée depuis.

Laurentides-Lanaudière:

— Argenteuil: Cet ancien bastion libéral avait basculé du côté du Parti québécois en 2012. Le candidat libéral, maintenant indépendant, Yves St-Denis avait reconquis la circonscription en 2014. M. St-Denis, qui faisait l'objet d'allégations d'inconduite sexuelle, s'est retiré du caucus libéral et a récemment exprimé son intérêt de se présenter comme indépendant aux élections. Le libéral Bernard Bigras-Denis et le péquiste Patrick Côté sont pour l'instant les seuls candidats confirmés pour l'élection.

— Berthier: Le péquiste André Villeneuve est élu dans cette circonscription depuis 2008, mais la course s'est avérée nettement plus serrée en 2014, alors que le candidat de la CAQ avait talonné le député sortant. Cette fois-ci, la CAQ a choisi de présenter une candidate vedette dans cette circonscription largement francophone et rurale: l'animatrice Caroline Proulx. À noter que cette circonscription a élu à deux reprises des députés de l'ADQ, en 2002 et 2007.

— Joliette: Selon les projections électorales, la vice-chef du PQ, Véronique Hivon, pourrait être en danger dans cette circonscription qu'elle avait remportée avec plus de 44 pour cent des voix en 2014. Il s'agit encore là d'une région conquise par l'ADQ en 2007.

— Saint-Jérôme: Les électeurs de cette circonscription ont souvent opté pour différents choix de partis depuis sa création en 2011. Le caquiste Jacques Duchesneau avait arraché la victoire devant le PQ en 2012, alors que le péquiste Pierre Karl Péladeau l'avait emporté en 2014. Après la démission de M. Péladeau, le péquiste Marc Bourcier avait réussi à tenir le fort. Cette fois-ci, la CAQ mise sur l'économiste bien connu Youri Chassin pour reconquérir cette circonscription.

Gatineau:

— Gatineau: La libérale Luce Farrell arrivera-t-elle à conserver la circonscription de la ministre Stéphanie Vallée, qui a été élue sans interruption depuis 2007? Elle fera face à l'ancien maire de La Pêche, Robert Bussière, qui se présente pour la CAQ.

Chaudière-Appalaches:

— Bellechasse: La circonscription de la ministre du Travail, Dominique Vien, était passée à l'ADQ en 2007, mais Mme Vien a été élue sans interruption par la suite, de 2008 à 2014. Sa rivale caquiste de 2014, Stéphanie Lachance, se représente à nouveau contre elle cette fois-ci, et les projections annoncent une course serrée.

— Beauce-Sud: La lutte pourrait s'avérer féroce entre le député libéral sortant, Paul Busque, et son plus grand rival, le candidat caquiste Samuel Poulin. C'est la deuxième candidature de M. Poulin, qui avait réussi tout de même à arracher plus de 38 pour cent du vote en 2014. Paul Busque avait toutefois été élu avec plus de 52 pour cent du vote lors de l'élection partielle de 2015.

— Lotbinière-Frontenac: Le comté du ministre Laurent Lessard, qui ne se représente pas cette fois-ci, pourrait suivre la tendance de la région qui semble avoir un penchant pour la CAQ. C'est le directeur du cabinet de M. Lessard, Pierre-Luc Daigle, qui tentera de garder le siège, contre la candidate caquiste Isabelle Lecours.

Estrie:

— Brome-Missisquoi: Le député libéral Pierre Paradis a été élu sans interruption depuis 1981 dans cette circonscription. Pour déloger son successeur libéral, la CAQ présente l'une de ses candidates vedettes, l'ex-athlète Isabelle Charest.

— Richmond: Ce château fort libéral a longtemps été détenu par l'ancien doyen de l'Assemblée nationale Yvon Vallières, avant que sa fille, Karine, ne reprenne le flambeau. La CAQ présente dans ce comté un nom bien connu dans la région, l'ancien député fédéral André Bachand, qui tentera de l'emporter contre la libérale Annie Godbout et la péquiste Véronique Vigneault.

Mauricie:

— Maskinongé: Le Parti libéral règne dans cette circonscription depuis 2008, mais la CAQ pourrait faire une percée cette fois-ci. Le député sortant Marc H. Plante se mesure au candidat caquiste Simon Allaire et à la péquiste Nicole Morin.

— Laviolette-Saint-Maurice: Le député libéral Pierre Giguère cherche à garder dans son giron cette circonscription née d'une fusion entre Laviolette et Saint-Maurice. La CAQ pourrait ici aussi faire des gains, avec sa candidate Marie-Louise Tardif.

— Champlain: La CAQ présente un autre de ses poids lourds dans cette circonscription: l'ancienne procureure en chef de la commission Charbonneau, Sonia LeBel. Le libéral Pierre Marc Auger détient ce siège depuis 2014.

— Trois-Rivières: Le Parti libéral, qui représente ce comté depuis 2003, pourrait se faire chauffer par la CAQ cette fois-ci. Le député libéral sortant, Jean-Denis Girard, se mesure au caquiste Jean Boulet, le frère de l'ancienne ministre Julie Boulet.

Québec:

— Taschereau: Depuis 1998, malgré tous les bouleversements politiques dans la région de Québec, la péquiste Agnès Maltais a toujours résisté à la montée de l'ADQ, du PLQ et de la CAQ plus récemment. Cette fois-ci, Mme Maltais a cédé sa place à Diane Lavallée, une gestionnaire qui a déjà présidé le Conseil du statut de la femme. La CAQ, qui jouit d'une grande popularité dans la région de Québec, tente de ravir la circonscription avec la candidate Svetlana Solomykina. Le PLQ présente pour sa part Florent Tanlet, qui avait chauffé Mme Maltais lors de l'élection de 2014.

— Chauveau: L'ADQ, puis la CAQ, ont régné sans partage dans Chauveau de 2007 à 2015, lorsque le député Gérard Deltell a annoncé sa démission. En 2015, l'animatrice Jocelyne Cazin s'est présentée pour lui succéder, mais sans succès; c'est une autre journaliste, Véronyque Tremblay, qui l'a emporté. La CAQ a toutefois l'intention de regagner cette circonscription avec la candidature de l'ancien député Sylvain Lévesque.

— Jean-Talon: Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, résistera-t-il si une vague caquiste balaie la région? M. Proulx avait été élu assez confortablement lors de l'élection partielle de 2015, et la CAQ avait terminé loin derrière, au troisième rang.

— Charlevoix-Côte-de Beaupré: La libérale Caroline Simard avait causé toute une surprise en 2014, défaisant la première ministre sortante Pauline Marois. Afin de regagner son siège, le PQ présente cette fois-ci la fille de Félix Leclerc, Nathalie. Mais Émilie Foster, candidate de la CAQ, pourrait venir brouiller les cartes.

Saguenay-Lac-Saint-Jean:

— Roberval: La circonscription de Philippe Couillard a déjà appartenu au Parti québécois, mais le premier ministre avait gagné confortablement son siège en 2014. Il fait face cette fois-ci à un jeune candidat de 21 ans, Thomas Gaudreault, qui se présente sous les couleurs du PQ.

— Dubuc: Le député libéral sortant, Serge Simard, se mesurera cette fois-ci à un candidat bien connu dans la région, l'ancien conseiller municipal de Saguenay François Tremblay. Les projections annoncent une course serrée.

— Lac-Saint-Jean: Le député péquiste sortant Alexandre Cloutier, qui quitte la politique, représentait depuis 2007 cette circonscription qui vote pour le PQ depuis 1976. Le jeune William Fredette, qui essaiera de conserver son siège, fera face notamment à l'ancien maire de Saint-Nazaire Éric Girard, de la CAQ.

Bas-Saint-Laurent:

— Rivière-du-Loup-Témiscouata: La CAQ a signalé son intention de reconquérir cet ancien fief du chef adéquiste Mario Dumont, qui avait été reconquis par les libéraux en 2009. Le ministre Jean D'Amour fera face au caquiste Denis Tardif et à la péquiste Vincent Couture.

— Côte-du-Sud: Cette circonscription assez jeune née en 2011 a toujours été représentée par le député libéral Norbert Morin, qui ne se représentera pas cette fois-ci. C'est un jeune attaché de presse, Simon Laboissonnière, qui tentera de lui succéder. La CAQ présente contre lui une gestionnaire de la région, Marie-Ève Proulx.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine:

— Gaspé: Le député sortant, Gaétan Lelièvre, un ancien ministre péquiste devenu député indépendant, tire sa révérence. Le PQ présente son ancienne attachée politique, Méganne Perry Mélançon, qui fera face au libéral Alexandre Boulay.

— Bonaventure: L'ancienne circonscription de Nathalie Normandeau est détenue par le péquiste Sylvain Roy depuis 2012. Bonaventure a souvent changé de main avec le temps, et selon les projections actuelles, il est possible que ce soit le cas pour le scrutin actuel.

— Îles-de-la-Madeleine: Cette circonscription a elle aussi changé de couleur plusieurs fois dans les dernières années, passant du PQ au PLQ. Le député actuel, Germain Chevarie, ne se représentera pas. La notaire Maryse Nadeau tentera de lui succéder, et se mesurera notamment à l'enseignant Joël Arseneau.

Abitibi et Nord-du-Québec:

— Rouyn-Noranda—Témiscamingue: Il s'agit d'une circonscription baromètre, qui a tendance à voter du côté du parti du pouvoir. Le ministre Luc Blanchette fait face à l'ancien député péquiste Gilles Chapadeau, qui essaie de regagner le siège qu'il a perdu en 2014. La CAQ présente de son côté un jeune ingénieur de la région, Jérémy Bélanger.

— Ungava: Une course serrée s'annonce également dans cette circonscription du Nord. Le député libéral sortant Jean Boucher devra affronter le caquiste Denis Lamothe et le péquiste Jonathan Mattson.

📣 LES ÉLECTIONS SUR FACEBOOK

Vous ne voulez rien manquer de la campagne électorale?

Cliquez ici pour devenir membre de notre groupe

«Québec 2018: les élections provinciales»!