POLITIQUE
17/08/2018 22:25 EDT | Actualisé 18/08/2018 08:48 EDT

Débat jeunesse de l’INM : Legault hué pour ses propositions sur l’immigration

Manon Massé estime qu’il y avait un «malaise» dans la salle.

La soirée, en collaboration avec «Le Devoir», a réuni plus de 700 jeunes.
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La soirée, en collaboration avec «Le Devoir», a réuni plus de 700 jeunes.

MONTRÉAL - De tous les chefs présents au «Dialogue jeunesse» organisé par l'Institut du Nouveau Monde, vendredi soir, c'est sans doute le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui a perdu quelques plumes.

M. Legault a été hué lorsqu'il a exposé sa vision pour les «tests» de français obligatoires pour les nouveaux arrivants. S'ils échouent au bout de trois ans, ils seront considérés comme «illégaux» ou des sans papiers, a-t-il dit, et ils n'obtiendront pas leur certificat de sélection.

Il s'est toutefois gardé de parler d'expulsion, mais a laissé entendre que le gouvernement fédéral n'aurait pas d'autre choix que de renvoyer ceux qui n'auront pas passé l'examen de français. L'énoncé s'est attiré des huées de la part des jeunes de la salle et a jeté un «malaise», selon la porte-parole de Québec solidaire Manon Massé.

«Je suis très inconfortable avec la façon dont M. Legault entrevoit les nouveaux arrivants, a-t-elle dit après le débat. Même quand ils parlent français, ils ont de la misère à se trouver une job. Donc le problème est ailleurs. Je pense que le malaise témoignait de ça.»

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Dans l'ensemble, la soirée s'est déroulée dans une attitude bon enfant.

«On n'est pas surpris de la réaction des jeunes Québécois», a réagi le premier ministre Philippe Couillard.

«Ça n'a pas de sens. Ce n'est pas logique, ce n'est pas accueillant, ce n'est pas réaliste, ça ne se fera jamais heureusement», a ajouté pour sa part le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Lors de la soirée, chaque chef était invité à répondre à des questions du public soumises à l'avance et qui étaient tirées au sort. Le chef de la CAQ répondait à une question sur son plan pour éviter le déclin de la langue française au Québec.

«C'est certain que ça ne plaît pas à tout le monde, mais il y a plusieurs jeunes qui sont venus me voir après la soirée et qui m'ont dit : On est d'accord avec vous, il faut protéger le français», s'est justifié M. Legault, lors d'une mêlée de presse après le débat.

«Si on laisse entrer autant de gens qui ne parlent pas français, ça devient une question de temps pour que le français disparaisse à Montréal, entre autres», a-t-il déclaré, en ajoutant que la fédéral n'avait «rien à dire» là-dessus.

D'autres faits notables pendant l'événement...

Couillard aussi a été hué

Soyons honnêtes : le chef libéral n'avait pas que des amis, lui non plus, dans la foule. Il a été hué à quelques reprises, surtout lors des présentations. Un participant s'est risqué à crier «Libérez-nous des libéraux!», mais il a rapidement été rabroué par ses collègues.

Le tiers des votes aux jeunes

Pourquoi un événement spécialement pour les jeunes? Les organisateurs ont fait valoir que les électeurs de 18 à 35 ans formeront près de 28% de l'ensemble de la population en âge de voter aux prochaines élections. Il s'agit donc d'un groupe non négligeable à courtiser.

La réforme du mode de scrutin à l'honneur

Tous les chefs, sauf M. Couillard, se sont engagés à réformer le mode de scrutin dans la première année de mandat et ils se sont mérités plusieurs applaudissements. «Vous pouvez peut-être arriver à convaincre Philippe!» a blagué Manon Massé. Le principal intéressé a fermé la porte à cette possibilité, puisque ça défavoriserait les régions, dit-il.

Lisée veut expliquer le programme de la CAQ

Moqueur, le chef péquiste a tourné en dérision les promesses de la CAQ, qu'il juge irréalistes. Il a donné l'exemple d'une diète nouveau genre où l'on pourrait manger tout ce que l'on veut et ne pas faire d'exercice. «J'avais essayé, puis ça n'avait pas marché!»

Massé a vécu son moment «PKP»

«Ne doutez jamais que vous pouvez changer le monde», a déclaré Mme Massé, lors de son allocution de clôture. «En 2012, on s'est fait dire ben voyons donc. Les femmes, on se fait dire ben voyons donc», a-t-elle ajouté en conclusion, avant de lever le poing.