POLITIQUE
16/08/2018 12:40 EDT | Actualisé 16/08/2018 14:34 EDT

Andrew Scheer est vague sur le futur de Maxime Bernier au sein du caucus conservateur

Le député de Beauce assure pour sa part qu'il ne fait pas de la «politique identitaire».

Bloomberg via Getty Images
Photo d'archives de Maxime Bernier.

Le chef conservateur Andrew Scheer a évité de se prononcer sur l'avenir du député Maxime Bernier au sein du caucus conservateur lors d'un point de presse impromptu à Regina, jeudi.

"Je ne vais pas entrer dans les discussions internes du caucus, a-t-il répondu à un journaliste. Ce sont des choses qui se décident en équipe, mais je m'attends à ce que nous travaillons tous pour atteindre le même but."

M. Scheer a ensuite souligné qu'il ne restait qu'une année avant les prochaines élections fédérales et qu'il était essentiel que tous ses députés se concentrent sur l'élaboration de nouvelles politiques pour défaire les libéraux de Justin Trudeau.

Désavoué par son chef mercredi soir, Maxime Bernier s'en remettait à Twitter quelques heures auparavant pour se défendre.

Dans une série de trois gazouillis dans les deux langues officielles, le député conservateur assure qu'il ne fait pas de la "politique identitaire".

"Faire de la politique identitaire signifie cibler des groupes spécifiques sur la base de leur origine ethnique, religion, langue, sexualité ou autres caractéristiques, au lieu de leur parler en tant que Canadiens intéressés au bien-être de la société entière", a écrit le député dans le premier de ses trois messages.

"La politique identitaire est devenue omniprésente et est pratiquée par tous les partis qui tentent ainsi d'acheter des votes. Le débat politique a dégénéré en un conflit entre différentes façons de racoler des groupes spécifiques au lieu de faire appel à nos intérêts communs", a-t-il dénoncé.

"J'ai dit à plusieurs reprises que la politique identitaire est réductrice, source de division et destructrice de notre cohésion sociale. Je fais LE CONTRAIRE en me concentrant sur des solutions politiques qui concernent TOUS les Canadiens. Et je continuerai à le faire", a-t-il conclu.

Le premier ministre Justin Trudeau n'a pas hésité jeudi à utiliser les messages de Maxime Bernier pour mettre tous les conservateurs dans le même sac, malgré le désaveu d'Andrew Scheer.

"C'est une question sur laquelle malheureusement le Parti conservateur continue de faire ce qu'ils ont fait pendant des années avec Stephen Harper, c'est-à-dire de choisir de diviser les Canadiens les uns contre les autres", a dit M. Trudeau en marge d'un événement à Saint-Eustache.

Andrew Scheer a rejeté ces propos en affirmant jeudi que son parti pouvait à la fois promouvoir la diversité et l'unité de tous les Canadiens.

La controverse a commencé en début de semaine à cause d'une autre série de messages sur Twitter. Le député de Beauce s'en prenait à ceux qui veulent que la société canadienne affiche de plus en plus de diversité, ce qu'il a qualifié de "multiculturalisme extrême". Puis, mardi, il critiquait la décision de baptiser un parc à Winnipeg du nom d'un fondateur du Pakistan, alors que la Ville de Victoria a enlevé une statue de John A. Macdonald.

Les libéraux se sont empressés de réclamer qu'Andrew Scheer expulse le député de son caucus.

Bloomberg via Getty Images

Le chef conservateur a plutôt choisi de diffuser un communiqué en soirée mercredi pour rappeler que M. Bernier n'a aucun rôle officiel et "ne parle pas au nom du Parti conservateur du Canada sur quelque question que ce soit".

Plus tôt dans la journée de mercredi, son bureau soulignait qu'en vertu de la Loi sur le Parlement du Canada, ce sont les députés du caucus, à hauteur de 20 pour cent, qui doivent demander l'expulsion d'un député et approuver cette proposition lors d'un scrutin secret.

Cette controverse survient à une semaine du congrès du Parti conservateur où bien des observateurs surveilleront l'accueil qui sera réservé à Maxime Bernier par ses collègues et par les militants.

M. Bernier a raté de peu la chefferie du Parti conservateur en mai 2017, cédant la victoire à M. Scheer qui, au 13e tour, a obtenu moins d'un pour cent d'avance. Au printemps, le chef a retiré au député son rôle dans son cabinet fantôme parce qu'il s'entêtait à critiquer publiquement la gestion de l'offre.