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16/08/2018 10:05 EDT | Actualisé 16/08/2018 11:48 EDT

La chanteuse Aretha Franklin est décédée

La légendaire chanteuse souffrait d'un cancer du pancréas depuis 2010...

La légendaire chanteuse Aretha Franklin est décédée chez elle jeudi à Détroit, a annoncé son agente publicitaire.

Gwendolyn Quinn a indiqué par voie de communiqué que la «reine de la soul» a succombé à une forme avancée du cancer du pancréas à 9h50, heure locale.

Elle était âgée de 76 ans.

Les proches de Mme Franklin ont dit qu'il s'agit d'une des périodes «les plus sombres» de leur vie et qu'ils peinent «à trouver les mots pour exprimer la douleur qui habite notre coeur. Nous avons perdu la matriarche et la pierre d'assise de notre famille».

«Nous avons été profondément touchés par l'incroyable élan d'amour et de soutien que nous avons reçu de nos amis proches, supporters et fans du monde entier. Merci pour votre compassion et vos prières. Nous avons senti votre amour pour Aretha et cela nous réconforte de savoir que son héritage perdurera. Au moment où nous pleurons, nous vous demandons de respecter notre vie privée pendant cette période difficile.»

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Les arrangements funéraires seront annoncés dans les prochains jours.

Mme Franklin, qui avait lutté contre des problèmes de santé non divulgués au cours des dernières années, avait annoncé en 2017 sa retraite des tournées.

Chanteuse professionnelle et pianiste accomplie à la fin de son adolescence, supervedette dès la mi-vingtaine, Mme Franklin avait depuis longtemps mis fin aux discussions pour savoir qui était la plus grande chanteuse populaire de son époque. Ses dons, naturels et acquis, étaient un mezzo-soprano à plusieurs octaves, une passion pour le gospel et une formation digne d'une fille de prédicateur, un goût sophistiqué et excentrique, et le courage de canaliser une douleur privée en chanson libératrice.

Elle a enregistré des centaines de titres et a accumulé des dizaines de succès en un demi-siècle, dont 20 qui ont atteint la première place du classement R & B. Mais sa réputation a été définie par une série extraordinaire de dix titres à la fin des années 60, de (You Make Me Feel Like) A Natural Woman à Chain of Fools en passant par l'incontournable Respect.

Ses disques se sont vendus à des millions d'exemplaires et l'industrie de la musique ne tarissait pas d'honneurs et d'éloges à son endroit. En 1987, elle est devenue la première femme intronisée au Temple de la renommée du rock and roll.

Ses collègues chanteurs se sont inclinés face à son éminence et les dirigeants politiques et civiques l'ont traitée comme un pair. Le pasteur Martin Luther King fils était un ami de longue date et elle a chanté lors de la dédicace du mémorial de M. King en 2011. Elle a offert des prestations lors des inaugurations des présidents Bill Clinton et Jimmy Carter et lors des funérailles de la pionnière des droits civiques Rosa Parks.

M. Clinton a décerné à Mme Franklin la Médaille nationale des arts. Le président George W. Bush lui a remis la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile du pays, en 2005.

Corbis via Getty Images

L'apparition la plus connue de Mme Franklin avec un président a eu lieu en janvier 2009, lors de l'inauguration de Barack Obama. Elle portait un chapeau de feutre gris avec un énorme arc Swarovski qui a fait sensation sur Internet et avait même son propre site Web. En 2015, elle a réduit M. Obama et d'autres en larmes avec sa performance triomphante de Natural Woman lors d'un hommage rendu au Centre Kennedy à la coauteure de la chanson, Carole King.

Parmi les dizaines de succès de Mme Franklin, aucun n'a été plus fermement lié à elle que Respect et sa demande précise de «R-E-S-P-E-C-T».

En 2004, le réalisateur Jerry Wexler écrivait dans le magazine Rolling Stone: «C'est un appel à la dignité combiné à une lubrification flagrante. Il y a des chansons qui appellent à l'action. Il y a des chansons d'amour. Il y a des chansons sexuelles. Mais on imagine difficilement une autre chanson où tous ces éléments sont combinés.»

Mme Franklin avait décidé qu'elle voulait «embellir» la chanson R&B écrite par Otis Redding, dont la version avait connu un succès modeste en 1965, a expliqué M. Wexler.

«Quand elle est entrée dans le studio, elle avait déjà travaillé (la chanson) dans sa tête, a écrit le réalisateur. Otis est venu à mon bureau juste avant la publication de Respect et je lui ai joué la cassette. Il a dit: ''Elle a fini par prendre ma chanson''. Il l'a dit avec bienveillance et avec tristesse. Il savait que l'identité de la chanson lui glissait entre les doigts.»

En 2004, le quotidien St. Petersburg (Florida) Times a demandé à Mme Franklin si elle avait senti dans les années 60 qu'elle aidait à changer la musique populaire.

«Un peu, certainement avec Respect, c'était un cri de bataille pour la liberté et plusieurs gens de nombreuses ethnies étaient fiers de ce mot, a-t-elle répondu. C'était significatif pour nous tous.»

Sa popularité s'est évanouie dans les années 1970 malgré des succès tels que Rock Steady et des albums acclamés comme l'intime Spirit in the Dark. Mais sa carrière a repris en 1980 avec une apparition dans le film The Blues Brothers et son passage à Arista Records. Mme Franklin a collaboré avec des artistes pop et soul tels que Luther Vandross, Elton John, Whitney Houston et George Michael, avec qui elle a enregistré la chanson I Knew You Were Waiting (for Me).

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Son album Who's Zoomin' Who de 1985 lui a valu certaines de ses meilleures critiques et incluait des succès comme la pièce titre et Freeway of Love.

La cérémonie des Grammys, en 1998, lui a permis d'étaler l'ampleur de son talent. Après avoir chanté Respect, elle n'a eu que quelques minutes pour se préparer et remplacer au pied levé un Luciano Pavarotti malade pour interpréter Nessun Dorma, une aria touchante du Turandot de Puccini, ce qui lui a valu des éloges dithyrambiques.

«Je suis certaine que plusieurs ont été surpris, mais je ne suis pas là pour prouver quoi que ce soit, avait déclaré Mme Franklin à l'Associated Press. Pas nécessaire.»

La célébrité n'a jamais éclipsé les oeuvres caritatives de Mme Franklin, ni sa loyauté envers Détroit.

Elle a chanté l'hymne national au Super Bowl dans sa ville natale en 2006, après avoir dénoncé le fait que le riche héritage musical de Détroit était snobé lorsque les Rolling Stones ont été choisis comme artistes de mi-temps.

Elle n'a lancé que quelques albums au cours des deux dernières décennies, dont A Rose is Still a Rose, avec des chansons de Sean «Diddy» Combs, Lauryn Hill et d'autres artistes contemporains, et So Damn Happy, pour lequel elle a écrit la ballade titre. L'autobiographie de Mme Franklin, Aretha: From These Roots, a été publiée en 1999, alors qu'elle était dans la cinquantaine. Mais elle a toujours fait savoir que son histoire allait continuer.

«La musique est mon truc, c'est qui je suis. J'y suis pour le long terme, a-t-elle déclaré à l'Associated Press en 2008. Je serai là pour chanter. ''Ce que tu veux mon bébé, je l'ai'. S'amuser tout le long du chemin.»

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