POLITIQUE
13/08/2018 16:41 EDT | Actualisé 14/08/2018 06:45 EDT

L'Ontario réitère ses exigences face à l'accueil des migrants; le Québec attend toujours le triage

La ministre ontarienne demande à ce que le gouvernement fédéral «paie pour l'échec de ses politiques».

Il y a un an, le 12 août 2017, le camp des migrants temporaire érigé à Lacolle était agrandi par les forces militaires.
Al Diaz/Miami Herald/TNS via Getty Images
Il y a un an, le 12 août 2017, le camp des migrants temporaire érigé à Lacolle était agrandi par les forces militaires.

Ottawa rajuste sa stratégie pour gérer l'épineux dossier des migrants dans un nouvel effort pour calmer l'Ontario.

Lundi, le Groupe de travail intergouvernemental spécial sur la migration irrégulière a tenu une réunion par téléphone, la dernière à laquelle auront pris part les ministres fédéraux de l'Immigration et de la Sécurité publique, et qui aura été présidée par le ministre Marc Garneau.

Dominic LeBlanc, nommé ministre des Affaires intergouvernementales au remaniement du mois dernier, prend la relève à la tête du groupe de travail. Le nouveau ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, remplace ses collègues Ahmed Hussen et Ralph Goodale.

Lundi après-midi, à l'issue de la réunion téléphonique qui réunissait ministres fédéraux, provinciaux et le maire de la ville de Toronto, la ministre ontarienne Lisa MacLeod s'est félicitée de ne plus avoir le ministre Hussen comme interlocuteur. Elle a dit espérer rencontrer les ministres LeBlanc et Blair aussi tôt que mardi. Mais lors d'une conférence de presse donnée à Ottawa, elle ne s'est pas montrée conciliante.

"Le gouvernement fédéral a l'obligation de payer pour l'échec de ses politiques", a-t-elle lancé après avoir offert les détails de la facture de 200 millions $ qu'elle tend à Ottawa.

Elle calcule que l'hébergement temporaire coûte à la Ville de Toronto 74 millions $, alors que le gouvernement fédéral lui a versé seulement 11 millions $. Elle estime également que la Ville d'Ottawa débourse 12 millions $ en logement pour cette population migrante et que son gouvernement verse 90 millions $ en aide sociale et 20 millions $ en services scolaires.

Quelques minutes plus tard, dans un point de presse à Toronto, le ministre Blair s'est dit prêt à tenir "ces importantes conversations" au sujet des dépenses ontariennes.

Le ministre fédéral a cependant rappelé la demande fédérale _ rejetée par l'Ontario _ d'une participation de la province au système de triage promis depuis avril et qui ne s'est pas encore matérialisé.

"La province (de l'Ontario) a un rôle significatif à jouer dans ceci", a-t-il insisté.

"Nous ne participerons pas à ça. C'est une question pour le gouvernement fédéral", venait de répéter la ministre MacLeod.

Québec attend toujours le triage promis

Pour sa part, le Québec, dans une déclaration du porte-parole du ministre David Heurtel, a rappelé qu'il attend toujours le système de triage promis. Ce système doit permettre de diriger rapidement les migrants qui arrivent, presque tous, par le chemin Roxham au Québec, mais dont un grand nombre veut s'établir en Ontario. Mais il a surtout insisté sur l'importance de réduire le délai d'examen des dossiers.

"Pour le gouvernement du Québec, le délai de traitement des demandes d'asile est un enjeu majeur", a écrit dans un courriel Maxim Labrecque, attaché de presse du ministre québécois.

M. Labrecque a également rappelé que le Québec a établi sa capacité d'accueil à 1850 places dans quatre centres d'hébergement temporaires. Et cette capacité est "déjà atteinte", a-t-il souligné.