POLITIQUE
12/08/2018 15:46 EDT | Actualisé 12/08/2018 18:13 EDT

François Legault aspire à un raz-de-marée caquiste au Québec

Il reste «50 dodos» avant le jour de l'élection.

Les attaques ont déjà commencé à son endroit, mais M. Legault promet de mener une campagne positive.
Catherine Levesque
Les attaques ont déjà commencé à son endroit, mais M. Legault promet de mener une campagne positive.

SHAWINIGAN – Il reste «50 dodos» avant le jour du scrutin, mais le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) François Legault se dit confiant que l'ensemble du Québec pourrait être à sa portée. «C'est prenable partout et on va essayer de gagner partout, dans toutes les régions du Québec.»

De passage à Shawinigan, au lendemain du congrès de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) lors duquel le premier ministre Philippe Couillard a annoncé une campagne plus longue, le chef caquiste a déclaré qu'il comptait mener une campagne positive.

«Nos grands adversaires font une campagne négative, a-t-il dit d'entrée de jeu. Ce serait tentant de répliquer, mais Isabelle [Brais, son épouse] me dit à chaque matin : "Non, François, il ne faut pas répliquer. Il faut résister!"»

La veille, les libéraux avaient une fois de plus brandi l'épouvantail souverainiste en accusant la CAQ d'accueillir d'anciens péquistes et bloquistes dans leurs rangs. Mais M. Legault dit qu'il n'y a pas un manque de «cohésion» dans son équipe, contrairement au parti au pouvoir.

«Eux autres sont déjà en train de se préparer une course au leadership, a-t-il accusé. Moi, je ne sens pas ça à la CAQ.»

Faire croître l'économie

Entouré de l'ensemble de ses candidats annoncés jusqu'ici et d'une poignée de militants, M. Legault a répété l'ensemble de ses promesses pour faire croître l'économie devant un lutrin où il était inscrit «Un premier ministre économique».

Il veut d'abord miser sur l'éducation, puis encourager l'entrepreneuriat chez les jeunes. Du même coup, il compte revoir le mandat d'Investissement Québec et mettre à profit les délégations étrangères du Québec pour rencontrer de potentiels investisseurs et diversifier les exportations québécoises.

Le chef caquiste promet d'avoir un compteur sur son bureau afin de vérifier les investissements dans chaque région du Québec.

Il n'a pas non plus reculé sur une possible alliance énergétique avec les autres provinces canadiennes ou les États-Unis en arguant que l'hydroélectricité, «c'est l'affaire du siècle».

«Créer de la richesse, ce n'est pas une fin en soi. Mais c'est un moyen incontournable pour mieux s'occuper de nos enfants, de nos aînés», a-t-il énoncé, en précisant qu'il s'assurerait de présenter des budgets équilibrés.

Une équipe économique?

Présentera-t-il un trio économique, à l'instar de son adversaire libéral en 2014? Non, a répliqué M. Legault, qui dit que l'ensemble de ses candidats ont un curriculum vitae bien garni, dont certains ont de l'expérience en affaires.

En après-midi, il a partagé une photo de son candidat dans Groulx, Éric Girard, en prenant soin de préciser qu'il est dans l'«équipe économique» de son parti.

Une campagne de 39 jours

Le chef caquiste dit qu'il accueille favorablement la campagne un peu plus longue que prévu pour expliquer son programme, dit-il.

«Les libéraux sont là depuis 150 ans. Le Parti québécois est là depuis 50 ans. Nous, on est là depuis six ans et demi. Donc je pense que le parti qui a le plus à gagner à avoir du temps pour expliquer son programme et pour montrer son programme, c'est la CAQ.»

Les libéraux, de leur côté, espèrent faire trébucher le meneur dans les sondages en démontrant certaines incohérences dans son programme électoral.

Avec le 1er octobre dans son rétroviseur, M. Legault assure ne pas faire de plans au-delà de cette date. Un membre de son équipe est à pied d'œuvre pour planifier les premiers jours d'un gouvernement caquiste, mais le chef dit ne rien tenir pour acquis.

La campagne électorale prendra officiellement son envol le 23 août.