POLITIQUE
11/08/2018 14:37 EDT | Actualisé 11/08/2018 18:36 EDT

La campagne électorale au Québec prendra son envol le 23 août

Philippe Couillard en a fait l'annonce en marge du Congrès-jeunes du PLQ.

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MONTRÉAL – En clôture du Congrès-jeunes du Parti libéral du Québec (PLQ), le premier ministre Philippe Couillard a annoncé que la campagne électorale commencera le 23 août.

L'événement marque habituellement le début de la saison politique au Québec, mais cette édition sonnait le début des hostilités à quelques jours du déclenchement de la campagne électorale.

«Je sens que vous êtes prêts. Prêts pour la bataille? Prêts pour la victoire? Bien, moi aussi, je suis prêt!» a entonné le chef libéral dans son discours, où il a vanté les réalisations de son parti et a attaqué la Coalition avenir Québec (CAQ) sans le nommer.

«Aujourd'hui, nous commençons la grande marche vers la réélection du Parti libéral du Québec», a-t-il ajouté.

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Le chef libéral entouré de plusieurs jeunes militants, après avoir annoncé la date du début de la campagne.

En vertu de la loi électorale, la campagne ne peut pas durer plus de 39 jours. Le 23 août était donc la date privilégiée pour avoir une campagne aussi longue que possible. Le jour du scrutin sera le 1er octobre, comme prévu.

Le chef libéral se défend de vouloir faire trébucher ses adversaires avec une plus longue campagne. Il dit qu'il a besoin d'une semaine supplémentaire pour «aller à la rencontre des Québécois» afin de présenter ses propositions dans toutes les régions du Québec.

Avec la fin de semaine de la Fête du Travail et les nombreux débats à Montréal, il restait bien peu de temps, dit-il. «Six jours de plus, ce n'est pas banal. (...) Le Québec est vaste, alors six jours de plus, c'est ce que ça prend pour nous pour avoir une campagne complète et faire le tour des nombreux engagements précis et concrets qu'on va prendre pour la population.»

Mission: séduire les «milléniaux»

Les plus récents sondages démontrent que le PLQ est légèrement en avance dans les intentions de vote chez les 18 à 35 ans. C'est donc sans surprise que le parti a misé sur son thème, «Milléniaux, en avant!», pour mettre en valeur cette statistique et encourager les jeunes à aller voter.

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Stéphane Stril, président de la Commission-jeunesse, ne sait pas si les propositions de son aile jeunesse se retrouveront dans le programme électoral.

Le président de l'aile jeunesse libérale, Stéphane Stril, accuse le chef de la CAQ, François Legault, de ne «jamais» parler des enjeux qui touchent les jeunes, comme l'environnement, la pauvreté ou encore la place du Québec dans le monde. «Je ne sais pas quelle est sa stratégie. Je pense qu'il a juste renoncé au vote des jeunes.»

Dans les faits, la CAQ est légèrement en arrière, derrière les libéraux, dans les intentions de vote des jeunes adultes. C'est sans compter l'important nombre d'électeurs indécis.

Les jeunes libéraux ont néanmoins insisté sur l'aspect «millénial» avec quelques candidats de la «relève». Ils ont joué au jeu «Je n'ai jamais» avec des bonbons Smarties – au lieu de l'alcool – et organisé une sorte de «talk show» pour qu'ils puissent partager pourquoi ils souhaitent se lancer en politique. L'exercice n'a donné lieu à aucun potin croustillant.

La tension préélectorale est quant à elle bien présente. Catherine St-Amour, présidente du comité organisateur du congrès, a souligné que l'événement était une occasion de «se rassembler une dernière fois avant le grand combat».

SLAV revient à l'avant-scène

La proposition pour assurer une meilleure représentation des communautés culturelles et des autochtones – tel qu'exigé par les critiques des pièces SLAV et Kanata du réalisateur Robert Lepage – a donné lieu à des débats animés au sein des jeunes libéraux.

L'octroi de subventions afin d'inciter les producteurs et scénaristes à consulter les communautés dans le processus créatif de productions les concernant en a chicoté quelques uns, qui se sont présentés au micro.

Paméla Lajeunesse
Les jeunes libéraux reconnaissent le concept d'appropriation culturelle et demandent de prendre des mesures pour favoriser la diversité en culture.

«Ayez de la fierté! Vous ne voulez pas de la charité. Nous allons nous tailler une place nous-mêmes», a tonné un jeune d'origine pakistanaise qui plaidait pour que les subventions soient accordées au mérite. Il s'est mérité plusieurs applaudissements.

D'autres participants – dont plusieurs anglophones – ont réfuté l'argument, en disant que l'appropriation culturelle est un problème réel et que la scène culturelle – au Québec et ailleurs – est encore très blanche. La proposition a finalement été adoptée au terme d'un vote serré.

Bannir les voitures à essence... un jour

Une autre proposition des jeunes libéraux qui a fait jaser, cette semaine, est la fin des voitures à essence. Ils proposaient d'interdire la vente de véhicules neufs qui utilisent uniquement de l'essence d'ici 2040 et de les bannir des routes en 2050.

La proposition a été modifiée afin d'enlever la date butoir. L'objectif reste cependant d'éliminer complètement les voitures à essence des routes du Québec.

Toujours dans le même domaine, les participants ont exhorté le gouvernement à se doter d'une politique gouvernementale sur la question de l'automatisation des transports et à investir davantage dans les projets de transport en commun autonome.

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