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10/08/2018 16:12 EDT | Actualisé 10/08/2018 16:40 EDT

Fusillade meurtrière à Fredericton: l'identité des policiers dévoilée

Les noms des deux autres personnes tuées durant l'incident n'ont pas été divulgués.

THE CANADIAN PRESS/Keith Minchin

La police de Fredericton a dévoilé l'identité des deux policiers figurant parmi les quatre victimes d'une fusillade survenue vendredi matin dans un quartier résidentiel du nord de la ville du Nouveau-Brunswick.

Selon la chef de police Leanne Fitch, il s'agit de Robb Costello et de Sarah Burns. Les noms des deux autres personnes tuées durant l'incident, un homme et une femme, n'ont pas été divulgués.

Jackie McLean, la conjointe de M. Costello, a indiqué qu'un enquêteur avait informé la famille de l'agent que ce dernier avait perdu la vie dans la fusillade. Elle a révélé que Robb Costello et elle formaient un couple depuis quatre ans, et que le policier avait deux filles d'âge adulte nées d'une précédente relation.

La fusillade a commencé vers 7 h, heure locale, dans un complexe de logements sur Brookeside Drive.

La police de Fredericton a arrêté un suspect qui a été soigné pour des blessures graves.

L'hôpital régional Dr. Everett Chalmers a confirmé qu'il traitait plusieurs blessés, mais n'en a pas précisé le nombre.

Des policiers se sont rassemblés devant le centre hospitalier vendredi après-midi, se consolant les uns les autres pendant la mise en berne des drapeaux canadien et néo-brunswickois.

Du côté du poste de police, bouquets de fleurs et messages de soutien continuaient de s'amonceler devant l'édifice.

Une veillée est déjà prévue vendredi à l'église anglicane St. John the Evangelist.

«Comprenez, s'il-vous-plaît, qu'il s'agit d'un moment difficile pour leurs familles et nos collègues», a déclaré le corps policier, qui faisait déjà état de plusieurs victimes alors que la fusillade était toujours en cours.

Les résidants du voisinage ont été invités à demeurer chez eux et à verrouiller leurs portes jusqu'à la confirmation de l'arrestation d'un suspect, vers 9 h 45.

Appuyés par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), les policiers ont demandé l'aide du public pour reconstituer le fil des événements en fin d'avant-midi.

«Il y a beaucoup de personnes qui ont vu des choses, entendu des choses, mais on n'avait pas la chance de parler à tout le monde», a exposé l'agent J.-P. MacDougall, en mêlée de presse.

David MacCoubrey, dont l'appartement se trouve sur Brookside Drive, dit avoir été réveillé par le son de trois coups de feu «à dix mètres de (son) lit». Il estime avoir ensuite entendu jusqu'à 17 détonations au sein même de son complexe de logements, qui compte quatre immeubles.

Un résidant du même complexe, Tim Morehouse, raconte avoir entendu quelqu'un crier «Tais-toi! Tais-toi!», puis avoir aperçu des corps au sol, dans le stationnement arrière du 237, Brookside Drive.

«J'ai entendu d'autres coups de feu et j'ai regardé dehors et il y avait deux agents de police par terre», a-t-il relaté.

Louise Kennedy, une voisine âgée de 75 ans, tremblait toujours lorsqu'elle a accordé une entrevue à La Presse canadienne.

«Les policiers étaient là tantôt et ils voulaient que je parte, mais j'ai dit que je ne pouvais pas laisser mon chien derrière, a-t-elle confié. Je suis morte de peur.»

Travis Hrubeniuk, un résidant âgé de 27 ans, a raconté que sa fiancée venait de partir pour le travail lorsque des sirènes avaient commencé à se faire entendre.

Le jeune homme originaire de Winnipeg a dit qu'il n'aurait jamais cru que son quartier résidentiel paisible deviendrait le théâtre d'une telle scène.

«C'est la première fois que j'entends parler d'un crime sérieux ou violent dans cette ville», a-t-il révélé.

Bill Henwood, directeur de la Maison funéraire York, située au coeur du périmètre de sécurité, a fait état d'une véritable onde de choc parmi les commerçants locaux.

«Ce n'est pas quelque chose qu'on s'attend à entendre à notre réveil à Fredericton. Constater qu'il y a en fait des morts est assez extraordinaire pour ce secteur», a-t-il souligné.

Le périmètre de sécurité est maintenu tandis que «l'enquête se poursuit».

Cette sanglante matinée survient seulement quatre ans après une autre fusillade qui a marqué la police au fer rouge au Nouveau-Brunswick.

En juin 2014, Doug Larche, Fabrice Gevaudan et Dave Ross, trois sergents de la GRC, étaient tombés sous les balles d'un tireur, à Moncton. Justin Bourque a également blessé les sergents Eric Dubois et Darlene Goguen dans sa traque aux policiers.

Selon Statistique Canada, de 6 à 11 homicides ont été enregistrés annuellement entre 2012 et 2016 au Nouveau-Brunswick.