POLITIQUE
09/08/2018 13:29 EDT | Actualisé 09/08/2018 15:23 EDT

Les funérailles nationales de l'ancien ministre Paul Gérin-Lajoie célébrées à Montréal

Plusieurs personnalités politiques assistaient aux funérailles nationales.

Les funérailles nationales de l'ancien ministre et philanthrope Paul Gérin-Lajoie étaient célébrées jeudi à la basilique cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal.

M. Gérin-Lajoie, l'un des principaux artisans de la "réforme de l'éducation" au Québec pendant la Révolution tranquille, est mort le 25 juin à l'âge de 98 ans. Il avait été le premier titulaire du ministère de l'Éducation du Québec, et s'est consacré plus tard à la coopération internationale, notamment pour promouvoir l'éducation dans les pays en voie de développement.

Plusieurs personnalités politiques assistaient aux funérailles nationales, jeudi, dont le premier ministre Justin Trudeau et la gouverneure générale du canada, Julie Payette.

À son arrivée à la cathédrale, jeudi matin, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a rappelé que Paul Gérin-Lajoie avait été "un grand homme de plusieurs façons, et pour longtemps".

"C'est probablement le grand bâtisseur de la modernité québécoise, a-t-il dit. C'est l'éducation qui a émancipé les Québécois dans les années 1960, qui les a propulsés vers la modernité, il ne faut jamais l'oublier. Il ne faut pas oublier non plus son rôle en relations internationales, en développement international."

La Presse canadienne/Graham Hughes
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a pris la parole durant la cérémonie.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a salué son illustre prédécesseur, "un politicien hors norme, avec un sens du devoir, de l'engagement, un sens humaniste aussi, dont on devrait vraiment tous s'inspirer".

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui a déjà été ministre de l'Éducation dans un gouvernement du Parti québécois, a quant à lui salué le créateur de la "doctrine Gérin-Lajoie", qui prévoit que le Québec joue un rôle direct sur la scène internationale dans les domaines qui sont de sa compétence constitutionnelle.

"Quand, par exemple, un ministre de l'Éducation va à l'international, il parle au nom du Québec - il n'a pas de permission à demander à Ottawa", a rappelé M. Legault. "Donc, c'est un grand, grand nationaliste (...) un grand homme, un grand Québécois."

L'ex-première ministre péquiste Pauline Marois, qui a elle aussi été ministre de l'Éducation, a soutenu que M. Gérin-Lajoie laissait "un énorme héritage" aux Québécois. "Mais j'avoue que le plus bel héritage, à mon point de vue, c'est l'accès à l'éducation. Et si j'en suis là aujourd'hui, c'est un peu grâce à lui."

L'actuel chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a salué un homme "qui voulait construire, qui voulait sortir du cadre, qui voulait sortir de la norme", selon lui. "Et c'est ça qu'il nous dit finalement. Contentez-vous pas de ce qui existe: pensez à ce qui devrait exister, faites-le!"

Les funérailles nationales étaient présidées par l'archevêque de Montréal, Christian Lépine. Le premier ministre Couillard, la ministre David et l'écrivain Dany Laferrière ont notamment pris la parole pour rendre hommage à M. Gérin-Lajoie.

La veille, la dépouille avait été exposée en chapelle ardente à la cathédrale.

La grandeur d'âme de PGL soulignée

Les funérailles nationales du pilier de la Révolution tranquille ont connu leur point culminant, jeudi, avec la touchante interprétation de la chanson "Apprendre", par le grand Yves Duteil, qui était venu de la France pour l'occasion.

"Apprendre" décrit l'importance de lire, écrire, compter, comprendre, mémoriser - le message qui résume le mieux la mission que s'était donnée l'ex-ministre Paul Gérin-Lajoie.

La Presse canadienne/Graham Hughes
François Gérin-Lajoie, le fils de Paul Gérin-Lajoie, a livré un discours émouvant lors de la cérémonie.

M. Duteil a d'ailleurs confié que c'est M. Gérin-Lajoie lui-même qui lui avait demandé d'écrire cette chanson, lors d'un entretien avec lui, jadis, qui devait durer 30 minutes et qui avait duré plus de trois heures.

"Un esprit lumineux", un "grand homme", fondamentalement "bienveillant", curieux intellectuellement, désireux de donner une chance à tous, épris d'égalité, "un grand humaniste"... tous ceux qui ont pris la parole à la basilique cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, ont souligné la grandeur d'âme de l'homme.

Ses enfants et petits-enfants y étaient, ses proches, ceux qui l'ont côtoyé à l'Éducation, en politique, à sa fondation, à la fameuse Dictée PGL, à l'ACDI (Agence pour la coopération et le développement international).

"Les 26 lettres de l'alphabet sont pleines de joie" et éclairent ce grand homme "vers l'immortalité", a lancé l'écrivain Dany Laferrière.

La ministre David a rappelé qu'il a fait la promotion de l'éducation pour tous à une époque où la moitié des Québécois adultes n'avaient pas une 6e année d'instruction.

Justin Trudeau a salué "sa vision d'un Québec, éduqué où les gens avaient un rayonnement partout dans le monde". Il a noté qu' "en tant qu'enseignant, en tant que Québécois encore jeune, je sais qu'il a profondément marqué mon histoire et celle de nous tous au Québec".

"Paul Gérin-Lajoie, tu peux reposer en paix. En tant que citoyen mondial, tu as rempli pleinement ton devoir", lui a lancé l'ex-ministre sénégalais, Mamadou Ndoye, membre honoraire du conseil d'administration de la Fondation Paul Gérin-Lajoie. Grâce à son travail, "des démunis ont accès à la dignité humaine", a-t-il ajouté.

Les prestations musicales et de chant ont été à la hauteur de l'homme, avec la chorale de Gregory Charles, qui a joué du piano, et l'Ave Maria chanté par Johanne Blouin, notamment.