POLITIQUE
07/08/2018 14:49 EDT | Actualisé 07/08/2018 18:55 EDT

Le Parti libéral du Québec pourrait déclencher les élections plus tôt que prévu

Les libéraux miseraient sur une campagne plus longue pour faire éclater la CAQ.

Photo d'archives de Philippe Couillard.
Bloomberg via Getty Images
Photo d'archives de Philippe Couillard.

Le gouvernement Couillard a hâte d'en découdre: il envisage un déclenchement hâtif de la campagne électorale pour forcer le chef caquiste François Legault à s'expliquer et ainsi faire éclater sa coalition.

La date pressentie du début de la campagne était le 29 août, mais un autre scénario circule désormais, soit un déclenchement dans la semaine qui précède le 29. La campagne serait donc plus longue.

C'est la prérogative du premier ministre de choisir la date du déclenchement des élections, mais la date du scrutin, elle, est prévue dans la loi sur les élections à date fixe et il s'agit du 1er octobre.

En entrevue avec La Presse canadienne mardi, Philippe Couillard n'a pas voulu ouvrir son jeu. Il a toutefois convenu qu'il fallait réunir le conseil des ministres pour le décret, et même si ces réunions se tiennent habituellement le mercredi, il a rappelé que le conseil des ministres peut se réunir n'importe quel jour.

En point de presse avant une séance du cabinet mardi à Québec, tous les ministres ont dit être déjà prêts à se lancer dans la mêlée. Une longue campagne serait à l'avantage du gouvernement, estime le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

"Plus le gouvernement a du temps pour expliquer les faits et démontrer ses politiques, mieux c'est pour le Parti libéral, parce que le bilan du gouvernement est extraordinaire et ses propositions sont solides", a-t-il déclaré avant d'entrer à la séance du conseil des ministres.

Comme ses autres collègues, M. Barrette a dénoncé ce qu'il qualifie d'incohérences de la Coalition avenir Québec (CAQ) et une longue campagne aura le mérite de les exposer au grand jour.

«On verra si la coalition éclate»

De même, le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a affirmé que le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, dit une "chose et son contraire" et demande un "chèque en blanc" aux Québécois, alors que la population lui demande plutôt de préciser ses positions.

En point de presse, il a rappelé notamment l'engagement de M. Legault à la fois d'augmenter les services à la population, en même temps que tout récemment, il a ressuscité sa proposition de baisser le fardeau fiscal des Québécois.

M. Fournier a évoqué les horizons idéologiques disparates des candidats de la CAQ, soit l'ancienne ministre libérale Marguerite Blais, qui réclame plus de services aux aînés, qui côtoie Youri Chassin, un candidat qui incarne une droite dure, plus conservatrice, et Jean-François Simard, un ancien ministre péquiste.

"Les Québécois vont vouloir que la campagne électorale soit un moment où les gens précisent les positions qu'ils ont et on verra si la coalition éclate, parce que dans le fond, là-dedans, il y a des gens qui ne pensent pas la même chose."

Réaction de Legault

François Legault n'a pas mis de temps à réagir. En conférence de presse, il a dit qu'il avait "hâte" de partir en campagne électorale: elle pourrait même être déclenchée mercredi, a-t-il ajouté, car sa caravane de campagne est prête, les candidats sont prêts, le programme est prêt, le cadre financier aussi, etc.

Il ne croit pas à certains arguments libéraux en faveur d'une campagne plus longue. "Ce n'est pas parce que le Parti libéral veut prendre plus de temps pour présenter ses idées, c'est plutôt parce qu'il veut prendre plus de temps pour faire de la petite politique et me démoniser", a laissé entendre le chef caquiste.

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