POLITIQUE
03/08/2018 09:40 EDT | Actualisé 03/08/2018 15:51 EDT

La mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Giuliana Fumagalli, expulsée du caucus de Projet Montréal

Elle siégera désormais comme indépendante.

Photo d'archives de Giuliana Fumagalli.
Olivier Robichaud
Photo d'archives de Giuliana Fumagalli.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé vendredi que sa collègue Giuliana Fumagalli siégera désormais comme indépendante. L'annonce fait suite à des allégations de harcèlement contre la mairesse de l'arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension et à une série de démissions.

Mme Fumagalli faisait l'objet d'un processus de médiation entamé au mois de mai, après la réception d'une plainte pour harcèlement de la part d'une employée. Elle s'est excusée publiquement pour son comportement quelques jours plus tard. Selon Mme Plante, une entente est intervenue entre les parties, mais Mme Fumagalli aurait brisé les termes de l'entente.

«De nouvelles allégations et de nouvelles informations ont été portées à mon attention hier, qui font en sorte qu'une des parties considère que l'entente n'a pas été respectée. [...] À la lumière de ces nouveaux faits allégués, je suis dans l'obligation d'exclure Mme Fumagalli du caucus de la majorité», explique la mairesse Plante lors d'une conférence de presse organisée vendredi.

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Mme Plante a aussi mandaté le contrôleur général pour mener une enquête sur le climat de travail dans l'arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

«J'ai une responsabilité envers la fonction publique, le personnel politique et l'ensemble des élus, car ce sont eux qui, quotidiennement, rendent des services de qualité à la population de Montréal», ajoute-t-elle.

Au moins 6 autres plaintes

Mme Plante refuse de préciser si les nouvelles allégations proviennent de la plaignante initiale dont il était question au début de l'affaire Fumagalli. Elle refuse aussi de préciser la nature des allégations, le contenu de l'entente ou le nombre total de plaignants, affirmant qu'il s'agit d'un cas de ressources humaines.

Deux sources ont confirmé au HuffPost Québec qu'au moins six autres employés ont porté plainte contre la mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

Rappelons également que Mme Fumagalli a perdu deux chefs de cabinet et deux attachés politiques depuis le début de son mandat, en novembre dernier.

Interdiction de communiquer avec les employés

La mairesse de Montréal avait imposé à Mme Fumagalli de travailler à partir de la maison pendant le processus de médiation. Des restrictions encore plus sévères lui sont désormais imposées: il lui est interdit de communiquer de quelque façon que ce soit avec les employés de son arrondissement.

L'élue n'aura même plus accès aux bureaux d'arrondissement. Mme Plante lui a réservé un bureau à l'hôtel de ville, dans le Vieux-Montréal.

L'opposition réclame son retrait

Pour Lionel Perez, chef de l'opposition à l'hôtel de ville, les mesures annoncées vendredi par Valérie Plante sont insuffisantes. Il réclame qu'une plainte soit déposée à la Commission municipale du Québec (CMQ) et que Mme Fumagalli se retire de ses fonctions le temps de l'enquête.

«Le contrôleur général n'a aucune autorité sur les élus de Montréal. Le seul organisme qui a cette autorité, c'est la CMQ», souligne-t-il.

M. Perez souligne que, à défaut d'une ordonnance de la CMQ, Mme Plante n'a aucune autorité légale pour empêcher Mme Fumagalli d'accéder à son bureau d'arrondissement.

«Avec cette annonce, on estime que Mme Plante ne veut que sauver la face. Ce faisant, elle prolonge la crise», lance-t-il.

Mme Fumagalli a été élue pour la première fois en novembre 2017. Elle a travaillé auparavant pour Postes Canada, où elle a été congédiée puis réembauchée pour avoir pris congé sous de faux prétextes.