DIVERTISSEMENT
02/08/2018 09:48 EDT | Actualisé 02/08/2018 09:51 EDT

Daniel Roby: «Monter un film de genre au Québec, ça reste un gros défi»

Cinq mois après sa sortie en France, le réalisateur a choisi de présenter au public québécois une nouvelle version de son film catastrophe d'anticipation «Dans la brume».

Après un film disco (Funkytown), un biopic d'homme fort (Louis Cyr) et un détour par la cour du Roi-Soleil (la série Versailles), Daniel Roby signe son grand retour au cinéma avec Dans la brume. Un film de survie au scénario apocalyptique qui voit une brume meurtrière submerger les rues de Paris à la suite d'un mystérieux tremblement de terre. Un couple (incarné par Romain Duris et l'ex-James Bond Girl Olga Kurylenko) s'engage alors dans une course contre la montre pour sauver leur fille coincée dans une bulle stérile en raison d'une maladie génétique.

En entrevue avec le HuffPost Québec, Daniel Roby a partagé le bonheur qu'il a eu à réaliser un vrai film de genre qui navigue quelque part entre The Mist de Frank Darabont, The Fog de John Carpenter et le Cloverfield de Matt Reeves. «J'étais content de me faire offrir un tel projet parce que ça me ramenait un peu à La peau blanche», a confié le québécois, en référence à son film de vampires réalisé en 2004.

Je suis un fan de films de genre de longue date. Mais monter ce type de films au Québec, ça reste un gros défi. Il faut trouver ce qu'il est possible de faire, tout en restant dans un budget restreint.Daniel Roby

Un goût d'inachevé

Coproduction franco-canadienne dotée d'un budget de près de 12 millions de dollars, Dans la brume a d'abord eu droit à une sortie en France, au printemps dernier. Même si le film a rencontré un beau succès en salles de l'autre côté de l'Atlantique, Daniel Roby a choisi de sortir au Québec une autre version, plus «personnelle», de son œuvre. «Je trouvais que le film (tel qu'il est sorti en France) n'était pas achevé, on a eu une divergence d'opinions là-dessus avec la production, explique-t-il. J'ai gardé quasiment toutes les scènes, mais je les ai montées différemment. Souvent, ce sont des prises différentes sur les acteurs.»

Si on se gardera bien de dévoiler ici le twist final, le réalisateur a également modifié la dernière scène du film qui avait laissé certains spectateurs, en France, dans... un épais brouillard. «Dans la version française, la fin était un peu plus difficile à saisir, reconnaît Roby. Il y a eu de la confusion, j'ai lu sur Internet que des gens n'étaient pas sûr d'avoir tout compris. Moi-même, je n'étais pas sûr de tout comprendre. Ma version est beaucoup plus claire et sans doute bien meilleure.»

Galerie photo Dans la brume Voyez les images

Un film vendu aux États-Unis

C'est ce «director's cut» qui a été présenté lors de l'ouverture de la 22e édition du festival Fantasia, où Daniel Roby s'est vu remettre le prix Cheval Noir du meilleur film.

De quoi certainement le conforter dans son choix. D'autant que Dans la brume vient tout juste d'être vendu aux États-Unis, au distributeur Gravitas Ventures, qui a opté pour le second montage du film (rebaptisé en anglais Just a Breath Away). «Ils avaient d'abord acheté le film dans sa première version. Mais après le prix reçu à Fantasia, ils ont choisi la version canadienne», a précisé Roby.

De son côté, le cinéaste montréalais n'a pas attendu la sortie de Dans la brume au Québec pour s'atteler à son prochain long. Daniel Roby vient de commencer le montage de son 5e film, Gut Instinct, qu'il a tourné entre la Thaïlande, la Colombie-Britannique et le Québec. Ce thriller est inspirée de l'histoire vraie d'Alain Olivier (joué par Antoine Olivier Pilon), un ancien toxicomane québécois qui a passé huit ans et demi de prison en Thaïlande pour trafic de drogue et qui a affirmé avoir été incité au crime par la Gendarmerie royale du Canada.

«C'est un gros projet sur lequel je travaille depuis maintenant 11 ans. J'espère pouvoir terminer le montage d'ici Noël», a confié Roby.

Daniel Roby compte aussi relancer, dans les prochains mois, un autre projet de longue date: l'adaptation au cinéma (en langue anglaise) du roman Hell.com de l'auteur québécois Patrick Senécal. «J'aimerais remettre le film sur les rails cet automne pour pouvoir éventuellement tourner l'été prochain», nous a-t-il précisé. «Mais rien n'est encore fait, sachant que le financement dépendra beaucoup de la distribution du film.»

Mettant en vedette Romain Duris et Olga Kurylenko, Dans la brume prendra l'affiche le 10 août, partout au Québec.