DIVERTISSEMENT
25/07/2018 13:27 EDT | Actualisé 25/07/2018 13:29 EDT

Pour Hubert Lenoir, ce qui se passe sur internet est loin de la «vraie vie»

Si certains ne se gênent pas pour lui manquer de respect sur les médias sociaux, dans la rue, c'est bien différent.

HuffPost Québec/Christian Labarre-Dufresne

Tout juste avant d'entamer son entrevue avec le HuffPost Québec au Festif!, vendredi dernier, Hubert Lenoir est accosté par deux dames dans la fin quarantaine.

«Est-ce qu'on peut te serrer la main?» s'exclame l'une d'entre elles, visiblement un peu gênée de rencontrer l'artiste.

«On a vraiment aimé ton spectacle au FEQ à Québec», lance-t-elle à l'auteur-compositeur-interprète qui était en prestation jeudi dernier à Baie-St-Paul.

Des interactions comme celle-là, Hubert Lenoir en a eu des dizaines au Festif!, comme bien des artistes qui sont restés dans la municipalité après être montés sur scène. Ces interactions entre Lenoir et son public font énormément contraste avec les commentaires haineux qu'il reçoit souvent sur les réseaux sociaux.

Dans la «vraie vie», personne n'a été irrespectueux à son endroit où ne l'a insulté depuis qu'il s'est fait remarquer lors de sa prestation à la finale de La Voix.

«Jamais quelqu'un n'a osé... étonnamment, relate-t-il. Des fois, et c'est peut-être juste de la paranoïa de ma part, il y a des regards, mais ça doit être pas rapport. Jamais, et ç'a jamais passer proche.»

À voir sur le Festif!:

Mais pourquoi certains se déchaînent-ils à son endroit sur les réseaux sociaux?

«Peut-être qu'ils ne sont pas habitués d'avoir quelqu'un de différent dans le paysage médiatique. Moi, je fais juste faire mes affaires. Je ne demande rien à personne. Je ne fais pas chier personne. J'attaque personne personnellement», souligne celui qui est en nomination pour un prix Polaris pour son album Darlène.

«Eux autres, c'est leur affaire. [...] Ce monde-là, on s'en fout. On s'en sacre. Ça existe pas ce monde-là», affirme-t-il en parlant de ses détracteurs sur Internet.

Un spectacle qui aurait pu ne jamais voir le jour

Les deux dames, et les milliers d'autres, qui ont adoré le spectacle d'Hubert Lenoir depuis le lancement de Darlène en février dernier auraient pu ne jamais vivre ce moment.

Lors de la sortie de l'opus, l'artiste originaire de Québec ne pensait même pas monter sur scène pour interpréter les morceaux de cet album.

«Au début, je ne voulais pas faire de show avec Darlène. Je voulais retourner en studio pour composer un autre album», a-t-il raconté, se disant vraiment content d'avoir changé d'avis.

Le Québec, et peut-être bientôt le reste du monde, peut donc remercier Louis Carrière, celui qui s'occupe du booking des spectacles de Lenoir, qui a réussi à le convaincre de monter sur les planches pour présenter Darlène.

LIRE AUSSI:

Hubert Lenoir n'avait donc pas d'attentes quant à la réception de son album - qui venait avec un livre écrit par sa copine, sa meilleure amie et sa gérante, Noémie D. Leclerc - et si les gens allaient se présenter à ses spectacles.

«Quand tu fais un projet multidisciplinaire, tu fais ça avec peu de budget, affirme-t-il à propos de l'album enregistré au Pantoum à Québec. Tu ne t'attends à rien. J'étais tellement fier de ce que j'avais fait, mais au-delà d'être fier, je n'avais aucune autre appréhension. Pis là, il y a ça qui est arrivé.»

Sans nouvelles de Kanye West

Plus tôt au mois de juillet, Hubert Lenoir a publié une vidéo A Request to Kanye West. Dans celle-ci, il fait état de son admiration pour l'oeuvre du rappeur américain et l'invite à collaborer avec lui... en laissant son numéro de téléphone à la fin.

Bien qu'il n'ait pas encore reçu d'appel de Kanye West, il s'agissait bel et bien de son vrai numéro.

«Tout le monde m'appelle en pleine nuit parce que j'ai laissé mon vrai numéro. Je n'ai pas dormi depuis deux jours. J'attends, ça s'en vient», ajoute-t-il en disant avoir produit cette vidéo dans le but de rejoindre Kanye West, mais surtout pour faire un projet artistique.

À 23 ans, Hubert Lenoir a bien d'autres projets en tête en attendant des nouvelles de Kanye West.

En plus de ses performances sur scène, il continue de composer de la musique «constamment» en plus de s'affairer à un projet d'art performance.

Il travaille aussi sur la musique d'un film, une première pour lui. Néanmoins, il ne peut pas en dire plus pour le moment outre qu'il s'agit d'une production québécoise, de quoi titiller notre intérêt.

L'horaire du reste de 2018 et de l'année 2019 de l'ancien chanteur du groupe The Seasons est très chargé. Après avoir conquis le coeur des Québécois, il a maintenant les yeux sur le reste de la planète.

Avec son prix Espoir du Festival d'été de Québec (FEQ), il s'est mérité des présences dans des festivals en Louisiane aux États-Unis et à Bourges en France. En Europe, il confirme aussi qu'il passera par la Suisse et l'Allemagne. Mais le plus étonnant, c'est lorsqu'il mentionne le Japon.

À l'étranger, pas question de changer. Hubert Lenoir restera le même artiste débordant d'énergie, qui n'a pas la langue dans sa poche et qui est fier d'où il vient.

«Mon opinion, c'est d'être toi-même et de rester Québécois à travers ça, explique-t-il. C'est une affaire de philosophie. Après ça, d'un point de vue marketing, je ne sais pas si ça se tient. Mais j'imagine que oui.»

Réponse à venir en 2019.