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22/07/2018 15:24 EDT | Actualisé 22/07/2018 17:28 EDT

Violences du 1er mai en France: Alexandre Benalla et les quatre autres suspects inculpés

Trois policiers ont également été mis en examen.

THOMAS SAMSON via Getty Images

Un collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, a été inculpé dimanche pour "violences" lors des manifestations du 1er mai, des faits "inacceptables" selon le président français, enlisé dans la pire crise politique depuis son arrivée à la tête de l'Etat.

Le président Macron pensait peut-être surfer sur la ferveur nationale après la victoire des "Bleus" à la Coupe du monde, mais a été frappé par un tsunami à la suite de la diffusion par le journal Le Monde d'une vidéo tournée le jour de la Fête du travail.

Alexandre Benalla, alors adjoint du chef de cabinet de la présidence, et Vincent Crase, réserviste de la gendarmerie comme lui, employé par le parti présidentiel La République en marche (LREM) y apparaissent en train de frapper et malmener des manifestants à Paris, alors qu'ils accompagnaient les forces de l'ordre en tant qu'"observateurs".

Si M. Benalla a été discrètement mis à pied pendant 15 jours en mai, la justice n'avait pas été saisie et ce n'est que vendredi dernier qu'il a été licencié.

Après trois jours d'enquête préliminaire, le parquet de Paris a inculpé dimanche soir MM. Benalla et Crase pour "violences en réunion".

Alexandra Benalla est aussi mis en examen pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel". Vincent Crase est lui notamment inculpé pour "port prohibé d'une arme de catégorie B".

Trois policiers hauts gradés, déjà suspendus pour avoir transmis des images de vidéo-surveillance à M. Benalla, ont également été inculpés pour "détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "violation du secret professionnel".

"Inacceptables"

En dépit de révélations en chaîne dans ce dossier, notamment sur les avantages accordés à Benalla - logement de fonction dans une dépendance du palais présidentiel de l'Elysée, badge d'accès à l'hémicycle de l'Assemblée nationale -, le chef de l'Etat, confronté à sa plus grave crise politique depuis son élection en mai 2017, reste silencieux.

Mais il considère les faits reprochés à Alexandre Benalla "inacceptables" et promet qu'il n'y aura "pas d'impunité", a indiqué dimanche soir son entourage proche, après une réunion à l'Elysée rassemblant plusieurs membres du gouvernement dont les ministres de l'Intérieur et de la Justice.

Selon M. Macron, qui prendra la parole publiquement "quand il le jugera utile", "il n'y a pas eu et il n'y aura pas d'impunité", a-t-on précisé de même source. Le président a demandé au secrétaire général de l'Elysée de "mener la réorganisation pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise".

Selon un participant à cette réunion, M. Macron "condamne à la fois le comportement des fauteurs et les dysfonctionnements qui ont permis à Alexandre Benalla de faire cela". En outre, "il fait confiance aux procédures en cours mais veut connaître toutes les causes de ces dysfonctionnements", a ajouté cette source.

Sur le gril

Alors que le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit avait affirmé jeudi qu'il avait été "démis de ses fonctions en matière d'organisation de la sécurité des déplacements du président" après le 1er mai, M. Benalla apparaît sur plusieurs clichés récents aux côtés de M. Macron ou du couple présidentiel, notamment le 13 juillet à Giverny, en Normandie (nord-ouest).

Les ténors de l'opposition sont montés au créneau pour demander au président "des comptes", comme Laurent Wauquiez (LR, droite). L'affaire est "du niveau du Watergate", considère le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Mais selon le porte-parole de LREM, Gabriel Attal, si le président s'exprimait "sur cette affaire, on trouverait partout des commentateurs pour s'indigner du poids potentiel de ses mots sur les enquêtes en cours". "On dirait que (sa parole) interfèrerait", considère aussi Marc Fesneau, chef de file des députés centristes MoDem (allié de LREM).

Le premier à donner quelques explications devrait être le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, attendu lundi à 08H00 GMT devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale, qui s'est dotée de prérogatives d'enquête. Les députés d'opposition, qui l'accusent d'avoir menti jeudi devant le Sénat, la chambre haute du parlement bicaméral français, devraient le mettre sur le gril.