DIVERTISSEMENT
22/07/2018 09:06 EDT | Actualisé 22/07/2018 18:38 EDT

Gala Juste pour rire des Denis Drolet: de l’absurde pour le meilleur et pour le pire

Toute une soirée!

Des Denis Drolet à la barre de galas Juste pour rire, on en voudrait encore et encore tant le duo à l'humour absurde a assuré à l'animation de sa soirée carte blanche, samedi soir, sur les planches de la salle Wilfrid-Pelletier.

L'extravagant duo, qui avait promis une soirée tout en diversité, en folie et en créativité en début de spectacle, a farouchement tenu parole. Et si les numéros de certains de leurs invités ont légèrement déçu, on a pu compter sur les interventions disjonctées des deux animateurs pour sauver la mise et faire rire à pleurer.

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Les Denis et leurs curieux amis

De la musique interprétée par un band live sur scène (le fameux groupe Bleu Jeans Bleu), quatre danseuses de French cancan costumées, un premier Denis Drolet dansant vêtu d'un veston violet à paillettes, un deuxième venu briser la fête en lançant «on n'est pas en 95 dans un gala de Normand Brathwaite» et un Jean-François Breau déguisé en pilote d'avion; le numéro d'ouverture a donné le ton à ce gala original, coloré et souvent imprévisible. «On ne fait pas juste animer, on réanime Juste pour rire», ont-ils lancé avant d'aborder sans faux semblants l'affaire Gilbert Rozon: «Au moins, un chien quand il te zigne, tu peux garder tes culottes», «Lâche le défilé des jumeaux, c'est la seule place où on va pouvoir voir les jumelles Rozon cette année».

C'est à Mike Beaudoin - qui en était à sa première apparition dans un gala Juste pour rire – qu'est revenue la tâche d'entamer cette drôle de soirée. Ce que l'humoriste a fait de manière plutôt sympathique en abordant les éternels thèmes de l'enfance et de la famille.

Philippe-Audrey Larrue St-Jacques, dont on peut apprécier le talent comique dans la populaire série Like-Moi!, a livré un numéro efficace et intelligent portant sur l'humour français («Ce qu'eux appellent des blagues, nous on appelle ça des phrases»), son «éloquent» premier rôle au théâtre de l'illusion, sa sexualité et ses beaux amis du secondaire. «Si on était un trio de sushi, je ferais la motte de wasabi», a expliqué celui qui dit se trouver si laid qu'il comprend pourquoi il a pu passer tout son secondaire chez les frères en étant le seul à ne pas avoir subi d'attouchements sexuels.

La dynamique Rosalie Vaillancourt a livré un numéro teinté de provocation, beaucoup trop porté sur le thème tabou des menstruations. Dommage, car celui-ci avait plutôt bien débuté alors que la jeune humoriste avait déclaré qu'elle «n'était pas sortable», qu'elle souffrait d'un TDAH («trouble déficitaire de l'attention et de l'hypersexualité») et qu'elle prenait du Ritalin depuis 15 années.

Ce serait un euphémisme de dire que Mariana Mazza n'a fait que passer; l'humoriste féministe - dont la venue sur scène n'avait pas été annoncée - n'a littéralement fait que remercier le public qui l'a accueillie en reine avant de tout bonnement s'éclipser.

Le royaume de l'absurde

S'il est un sketch qui a fait réagir, ce fut bien celui où Les Denis Drolet ont rejoint Jean-Sébastien Girard, animateur de La soirée est (encore) jeune, sur scène pour discuter de l'actualité. Un numéro aux accents théâtraux totalement irrévérencieux rempli de malaises, de coups bas, de révélations et de propos-chocs qui ont causés quelques commotions au sein du public qui n'a pourtant pu s'empêcher de rire bien jaune. Furent égratignés au passage les Hubert Lenoir, Deux frères, Luc Merville, Ginette Reno, Alex Perron, Béatrice Picard (!), le petit Jérémy, la nouvelle mouture de Passe-Partout et même la maman de Jean-Sébastien Girard.

Véritable figure de l'absurde au Québec, Jean-Thomas Jobin y est allé d'une suite d'anecdotes lancées en vrac, loin de tout semblant de lien possible; de son passage au zoo de Granby avec son neveu à la conscience de son nouveau chat Papa Prune. «On dit que je suis inébranlable, non, non, je suis branlable», a-t-il ajouté avant de faire monter une spectatrice sur scène, le temps d'une divertissante séance de bonne aventure.

Du mythique Just-to-by-my-love apparaissant juché sur un étrange char allégorique, au trio Les Pic-Bois dont le numéro a atteint les sommets de l'absurde, en passant par le «vrai de vrai voyage à Venise» de l'inébranlable globe-trotteur Jean-Michel Martel, le gala des Denis Drolet a séduit les amateurs du genre. Et ce malgré quelques numéros d'invités avortés.

- Bonne nouvelle pour les amateurs d'humour absurde: ce sont Les Denis Drolet qui animeront le spectacle de clôture de la 36e édition du Festival Juste pour rire sur la Scène Bell de la Place des Festivals le 29 juillet prochain. Le spectacle gratuit sera intitulé Chante-la ta chanson et mettra en scène de nombreux humoristes, dont Jean-François Provençal et Julien Corriveau des Appendices, Mathieu Cyr, Rosalie Vaillancourt, Pierre-Yves Roy Desmarais. Les sœurs Virginie et Corinne Fortin ainsi que Claude Cobra s'assureront du volet chanson. Le spectacle débutera à 21h15.