POLITIQUE
18/07/2018 06:33 EDT | Actualisé 18/07/2018 06:33 EDT

Trois groupes autochtones absents d'une rencontre des premiers ministres

Parmi les raisons évoquées: le fait d'être placés en marge des discussions des gouvernements.

Clément Chartier, président du Ralliement national des Métis
Sean Kilpatrick/PC
Clément Chartier, président du Ralliement national des Métis

Pour la deuxième année de suite, trois des plus grandes organisations autochtones du pays ne participeront pas à une rencontre avec les premiers ministres du Canada, qui se tient au Nouveau-Brunswick.

Les dirigeants de l'Assemblée des Premières Nations, de l'Inuit Tapiriit Kanatami et du Ralliement national des Métis ont refusé l'invitation du Conseil de la fédération visant à s'entretenir avec les premiers ministres, mercredi.

La rencontre d'une demi-journée qui aura lieu au Pays de la Sagouine, à Bouctouche, devrait s'axer sur les partenariats économiques et sur les soins prodigués aux enfants autochtones, a indiqué le premier ministre de la province, Brian Gallant.

D'autres enjeux informels vont probablement s'inviter dans les discussions, a souligné M. Gallant, ajoutant que les premiers ministres étaient prêts à entendre les suggestions des groupes autochtones pour améliorer les conditions de leurs peuples.

M. Gallant juge malheureux que plusieurs groupes renoncent aux discussions, parlant d'une «occasion manquée».

La rencontre avec les Premières Nations a lieu avant que les premiers ministres ne se rendent à St. Andrews, au Nouveau-Brunswick, pour discuter d'un éventail de sujets jeudi et vendredi.

Pas des groupes d'intérêt

Clément Chartier, président du Ralliement national des Métis, a plaidé que les trois groupes sont des représentants nationaux et qu'ils «devraient être respectés comme tel».

Selon lui, les groupes devraient être inclus dans les rencontres officielles des gouvernements, au lieu d'être en marge des discussions comme s'ils étaient des groupes d'intérêt.

«Nous formons un gouvernement, et les peuples autochtones, en vertu de la Section 35, ont un droit inhérent à l'autonomie gouvernementale», a-t-il souligné.

«Nous formons l'un des trois ordres de gouvernement dans ce pays — les gouvernements provinciaux, le gouvernement fédéral et les gouvernements autochtones.»

Un chef régional de l'Assemblée des Premières Nations avait prévu participer, mais a changé d'avis après «avoir appris que les dirigeants des Premières Nations identifiés sur la version préliminaire de l'ordre du jour n'avaient par été contactés et n'avaient pas reçu d'invitation ou n'avaient pas été traités selon un protocole approprié et avec respect», a déclaré le chef national, Perry Bellegarde.

«L'APN continuera de faire la promotion d'un processus efficace et respectueux pour les relations intergouvernementales, qui reflétera la relation de nation à nation, les droits des Premières Nations, les titres et les juridictions», a déclaré M. Bellegarde dans un communiqué.

Conflit d'horaire

Une porte-parole de l'Inuit Tapiriit Kanatami a précisé que le président Natan Obed participait au même moment à l'Assemblée générale du Conseil circumpolaire inuit en Alaska.

«C'est une rencontre qui arrive seulement chaque quatre ans avec les représentants des quatre régions inuites circumpolaires (Canada, Groenland, États-Unis et Russie», a déclaré Erin Brandt Filliter dans un courriel.

«Tous les autres dirigeants inuits qui auraient pu aller au (Nouveau-Brunswick) au nom du président de l'ITK seront aussi en Alaska.»

Elle a plus tard écrit à La Presse canadienne que le groupe autochtone militait pour une plus grande collaboration avec le Conseil de la fédération.

Deux autres groupes ont toutefois confirmé leur présence à la rencontre: l'Association des femmes autochtones du Canada et le Congrès des peuples autochtones.

Une porte-parole du Bureau du Conseil exécutif du Nouveau-Brunswick n'a pas pu préciser combien de groupes seraient présents mercredi.

«Nous recevons encore des réponses et des confirmations», a indiqué lundi Tara Chislett.

L'été dernier, les dirigeants de l'Assemblée des Premières Nations, de l'Inuit Tapiriit Kanatami et du Ralliement national des Métis avaient tous annulé leur présence à la rencontre des premiers ministres.

Ils avaient affirmé qu'ils cherchaient une «inclusion complète et significative» dans la rencontre annuelle des premiers ministres des provinces et des territoires.