POLITIQUE
16/07/2018 19:01 EDT | Actualisé 16/07/2018 19:01 EDT

Au gouvernement d'agir pour contrer le myriophylle, lance l'Union des municipalités du Québec

Près de 200 lacs et rivières du Québec sont envahis par cette plante extrêmement prolifique.

Linjerry via Getty Images

Le monde municipal et les milieux touchés par la prolifération du myriophylle à épi demandent au gouvernement provincial de sortir de sa torpeur électorale et d'agir rapidement pour contrer la prolifération de cette plante exotique envahissante.

Près de 200 lacs et rivières du Québec sont envahis par cette plante extrêmement prolifique qui nuit à la faune et la flore aquatiques et aux activités récréatives que sont la baignade, la navigation de plaisance et la pêche, notamment.

Le Caucus des municipalités locales de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et les représentants de plusieurs organisations regroupées dans l'Alliance pour un programme national de gestion du myriophylle étaient réunis lundi à Montréal pour discuter de ce problème.

Le porte-parole de l'Alliance, Jean-Claude Thibault, a expliqué en point de presse à l'issue de la réunion que la ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, s'est montrée très préoccupée par la situation lors d'une rencontre le 11 avril dernier. «Elle était totalement enthousiaste à l'idée de ce programme national de gestion du myriophylle, mais depuis, il y a les élections qui ont presque démarré et, pour être honnête, on n'a plus de réaction claire à l'heure actuelle», s'est-il désolé.

L'UMQ et l'Alliance estiment que des gestes doivent être posés immédiatement, à commencer par une importante campagne de sensibilisation visant spécifiquement les plaisanciers qui naviguent puisque, selon M. Thibault, environ 95 pour cent de la propagation est imputable aux embarcations.

«Ce que le gouvernement doit faire de prime abord, immédiatement, c'est d'informer les gens. Nous on dit: lavez-vous! Tu n'entres pas une embarcation dans un lac ou une rivière et tu ne sors pas d'un lac ou d'une rivière sans te laver», martèle-t-il.

Au-delà de cette mesure qu'ils estiment urgente, les organismes réclament des investissements en recherche sur la plante et sa prolifération et les moyens de la combattre, des projets pilotes autant dans des lacs qui sont envahis que dans certains qui ne le sont pas.

«Il y a des choses à apprendre: comment se fait-il que le myriophylle ne peut pas survivre dans tel milieu ou dans tel lac?», a fait valoir le vice-président du Caucus des municipalités locales de l'UMQ, Joé Deslauriers.

«Les caractéristiques de chacun des lacs au Québec ne sont pas pareilles, si on parle de dureté de l'eau, le pH de l'eau, les quantités de phosphate», a-t-il ajouté pour illustrer le besoin d'investir dans la recherche sur le terrain.

Bien qu'ils se réjouissent de la récente annonce du gouvernement d'investir 8 millions $ dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes — qui visent autant la faune aquatique comme la carpe asiatique que la flore — ils demandent qu'un programme spécifique de subvention vienne soutenir la lutte contre le myriophylle.

«On s'attend à avoir des réponses. On sait qu'ils sont en train de travailler sur une stratégie des espèces exotiques envahissantes et le message qu'on veut leur envoyer c'est de dire: n'oubliez pas celle-là», a précisé Jean-Claude Thibault.

De nombreuses méthodes d'élimination sont sur les bancs d'essai, mais aucune n'est approuvée. Certaines tentatives ont donné des résultats prometteurs, mais sont extrêmement coûteuses.

M. Thibault a donné l'exemple du lac Lovering, au sud de Magog en Estrie, où l'association des riverains et la municipalité ont investi jusqu'ici 90 000 $, mais n'ont réussi à contrôler le problème que sur 10 pour cent de la superficie.

«Les riverains sont 'tannés', la municipalité est 'tannée'», a-t-il ajouté pour illustrer à quel point la situation ne peut se régler localement sans un soutien gouvernemental.

«Le gouvernement a sa part de responsabilité, parce qu'il ne faut pas oublier que l'impact, dans tout ça, ce sont les citoyens, tous les Québécois, qui sont aux prises avec», a noté Joé Deslauriers, rappelant du même coup qu'une prolifération menacerait des lacs et rivières utilisés par des millions de Québécois.