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16/07/2018 16:39 EDT | Actualisé 17/07/2018 08:57 EDT

Les opposants à la pièce «Kanata» voient d'un bon oeil l'invitation de Robert Lepage et Ariane Mnouchkine

Ils espèrent obtenir une explication sur l'absence de tout représentant autochtone pour cette production.

Kanata, répétitions août 2016.
David Leclerc
Kanata, répétitions août 2016.

L'invitation à une «rencontre de dialogue» lancée par le metteur en scène Robert Lepage et la femme de théâtre française Ariane Mnouchkine est très bien accueillie par les signataires d'une lettre de protestation contre la production de la pièce «Kanata».

La pièce, qui doit être présentée par le Théâtre du Soleil de Mme Mnouchkine au Festival d'automne de Paris en décembre, dit vouloir présenter une nouvelle lecture de l'histoire du Canada «à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones».

Or, la distribution ne comprend aucun comédien issu des Premières Nations, ce qui a provoqué l'ire de plusieurs artistes et intellectuels autochtones et de sympathisants et mené à la lettre ouverte publiée samedi.

En entrevue avec La Presse canadienne lundi, Dave Jenniss, directeur artistique du théâtre Ondinnok et signataire de la lettre, a dit y voir «une belle initiative» de la part des deux créateurs.

Bien qu'il reconnaisse que Mme Mnouchkine oeuvre avec depuis longtemps avec les mêmes acteurs au sein de la troupe du Théâtre du Soleil, M. Jenniss espère obtenir une explication sur l'absence de tout représentant autochtone pour cette production.

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Il affirme du même coup que l'occasion sera belle pour sensibiliser M. Lepage et Mme Mnouchkine au point de vue des Autochtones et que ceux-ci puissent être heurtés par le fait que l'on prenne leur histoire pour la réinterpréter à sa façon.

La directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Nakuset, qui a également signé la lettre de protestation, a pour sa part fait valoir à La Presse canadienne que la communauté autochtone a un immense réservoir de talent, autant en matière d'acteurs que de metteurs en scène.

Rejointe elle aussi par La Presse canadienne, Mme Nakuset a dit avoir du mal à accepter que ce soient tous des non-Autochtones qui jouent des rôles d'Autochtones.

Le lieu et le moment de la rencontre restent à déterminer.

SLAV Résistance aussi prêt au dialogue

Dans un dossier relié, le Collectif SLAV Résistance, qui avait dirigé les manifestations qui ont mené à l'annulation de la production «SLAV» par le Festival international de jazz de Montréal, se dit aussi prêt à rencontrer Robert Lepage.

En faisant part de son invitation aux signataires de la lettre, le metteur en scène avait également fait part de son ouverture à une rencontre avec le Collectif.

Dans un communiqué publié lundi, le Collectif note qu'il n'a «pas encore été contacté directement par l'équipe de Monsieur Lepage», mais il se dit «à avoir cet échange dans la franchise et le respect».

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La controverse entourant «SLAV» était liée au fait que seulement deux des choristes participant à la production mise en scène par Robert Lepage pour souligner le parcours de la chanteuse Betty Bonifassi sur les chants d'esclaves afro-américains étaient noirs.

Betty Bonifassi a enregistré deux albums au cours des cinq dernières années dans le but de redonner vie à ces chants d'esclaves en se référant au travail de l'ethnomusicologue Alan Lomax. Bien que centrée sur l'esclavagisme afro-américain, la production de «SLAV» visait à le dépasser pour toucher à la question plus large de l'esclavage chez plusieurs peuples à travers le temps.