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12/07/2018 07:00 EDT | Actualisé 12/07/2018 07:00 EDT

Le temps d'attente n'a pas vraiment diminué dans les urgences, note l'IEDM

La durée médiane de séjour a augmenté, passant de 4,4 à 4,5 heures.

Science Photo Library / AGF Science Photo Library / AGF

L'Institut économique de Montréal (IEDM) affirme que contrairement à ce qui a été affirmé cette année, le temps d'attente a augmenté dans les salles d'urgence du Québec en 2017-2018 comparativement à l'année précédente.

L'organisme reconnaît que pour 2017-2018, la durée moyenne de séjour dans l'ensemble des urgences du Québec était de 7,3 heures, contre 7,8 heures l'année précédente. Pour les patients sur civière, l'attente a chuté de 15,6 à 13,7 heures.

Cependant, l'IEDM signale que la durée médiane du séjour est passée de 9,5 à 9,2 heures l'an dernier pour les patients sur civière, et que pour l'ensemble des patients, la durée médiane de séjour a augmenté, de 4,4 à 4,5 heures.

L'Institut affirme que le calcul de la durée médiane est plus représentatif de la situation vécue par les patients que la durée moyenne. Patrick Déry, analyste en politiques publiques à l'IEDM, précise que si l'attente à l'urgence a baissé cette année, c'est essentiellement parce qu'on la mesure de la mauvaise façon.

Médiane ou moyenne?
La médiane est un nombre qui divise en deux parties égales une population, de manière à ce que chaque part contiennent le même nombre de valeurs. La moyenne est la somme des valeurs divisée par le nombre d'individus. Elle peut ainsi être fortement influencée par des valeurs extrêmes.

M. Déry estime que la solution à l'attente passe par la concurrence. Le passage au financement à l'activité, attendu prochainement, est un premier pas dans la bonne direction, selon lui.

Un second pas, tout aussi important, serait de confier la gestion d'un certain nombre d'hôpitaux au secteur privé, sous la forme possible d'un projet-pilote.

Selon Patrick Déry, l'objectif est de faire appel à la capacité d'innovation et à souplesse du secteur privé, tout en maintenant le financement universel tel que nous le connaissons.

L'analyste signale qu'à peu près tous les pays développés ont recours à la contribution du secteur privé et que leur attente aux urgences est inférieure à celle du Québec. Il cite l'exemple de l'Allemagne, affirmant qu'à peine 1 pour cent des patients passent plus de cinq heures aux urgences alors qu'au Québec, 5,6 pour cent y poireautent pendant plus de 24 heures.