POLITIQUE
11/07/2018 14:27 EDT | Actualisé 11/07/2018 14:28 EDT

Les gestes protectionnistes de l'administration Trump inquiètent Paul Martin

Selon lui, il est clair qu'il y aura un impact économique négatif au Canada.

Photo d'archives de Paul Martin.
Chris Wattie / Reuters
Photo d'archives de Paul Martin.

Le Canada, les États-Unis et le monde entier souffriront à court terme de la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis, mais l'ex-premier ministre Paul Martin se dit convaincu que le bon sens prévaudra à moyen et long terme.

Interrogé mercredi en marge du Forum de leadership économique Australie-Canada auquel il participait à Montréal, M. Martin n'a pas caché son inquiétude face à l'escalade des gestes protectionnistes de l'administration du président américain Donald Trump.

Selon lui, il est clair qu'il y aura un impact économique négatif au Canada, mais il ajoute que les États-Unis subissent également un fort contrecoup de ces manoeuvres, au point où la totalité des Américains avec qui il discute discrètement lui ont fait part de leur désaccord avec les tarifs répétés imposés à de nombreux pays. Ce désaccord, Paul Martin dit l'avoir rencontré de façon systématique même chez les élus républicains, soit ceux du même parti que M. Trump, et au sein des instances économiques du pays de l'Oncle Sam.

Malgré la cote de popularité du président, Paul Martin soutient de plus que la population américaine «commence à comprendre» que le fait de miner les bases sur lesquelles s'appuie le commerce international «n'ont aucun sens».

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M. Martin, qui fut premier ministre de décembre 2003 à février 2006, mais aussi ministre des Finances durant huit ans et demi auparavant, est demeuré vague sur le rôle qu'il joue actuellement, mais il a reconnu être en contact avec le premier ministre Justin Trudeau tout comme avec ses connaissances américaines «loin des manchettes et (...) loin des journalistes».

Tout au long de la mêlée de presse, il n'a pas voulu en démordre: selon lui, il ne fait aucun doute que la situation sera éventuellement corrigée et qu'il y aura un retour à la normale.

Il estime par ailleurs que le Canada aura une excellente occasion d'assumer un rôle de leader en vue d'une éventuelle sortie de crise lors de la prochaine réunion du G-20 à Buenos Aires, en Argentine, le 30 novembre prochain.

L'Australie coincée entre les géants

Du côté australien, la guerre commerciale — et plus particulièrement l'affrontement de titans qui se dessine entre les États-Unis et la Chine — inquiète au plus haut point.

La directrice du Business Council of Australia (l'équivalent de la Chambre de commerce), Jennifer Westacott, n'a pas caché sa vive inquiétude et pour cause: les États-Unis sont le plus important investisseur étranger en Australie et la Chine est son principal partenaire commercial, plaçant le pays entre l'arbre et l'écorce.

Mme Westacott, qui copréside le Forum Australie-Canada, se dit convaincue que la croissance de l'économie australienne est directement menacée par ce conflit.

Elle fait valoir que cette croissance, ininterrompue depuis 27 ans, est directement attribuable au commerce extérieur. Selon elle, en fait, un emploi australien sur cinq dépend des échanges extérieurs.

Or, tout ralentissement touchera d'abord les plus pauvres de la société puisque ceux-ci sont toujours les premiers affectés par une augmentation du chômage et les plus difficiles à réorienter professionnellement.

Mme Westacott dit espérer que «des têtes prudentes et calmes» prévaudront dans cette discussion pour éviter que cette guerre commerciale devienne «hors de contrôle».

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